communiqué du Conseil des Imams de France

Discussion dans le forum 'Islam' créée par 1mymy1 le 29 Avril 2005.

  1. 1mymy1

    1mymy1

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    Un communiqué du Conseil des Imams de France
    Le Conseil des Imams et de grandes figures de l'islam de France tiennent à exprimer leur profond regret face à la dégradation de la situation des musulmans en France, dégradation sans précédent, due aux véhémentes attaques dont sont victimes aussi bien les citoyens musulmans français, qualifiés de tous les torts par les médias que l'islam lui-même en tant que religion, accusé de tous les maux. Certains grands noms du journalisme et de la politique ont ainsi, en toute impunité, manifesté une islamophobie ardente. La violence des mots est même devenue la voie royale pour tous les chasseurs de notoriété en mal d'auditoire.


    Une atmosphère aussi malsaine ne pouvait qu'influencer directement les résultats de la Commission de la laïcité chargée par le Président de la République de donner un avis sur le voile. Il y a fort à parier, en effet, que les conclusions de ladite Commission auraient été tout autres si celle-ci avait délibéré dans un climat plus serein où le débat était moins passionné. Mais les circonstances étaient telles que, dans l'examen de cette question d'ordre religieux, la Commission a négligé la plus précieuse règle de la méthode : se donner la peine de rencontrer l'institution compétente en la matière, le Conseil des Imams de France, pour connaître son avis. Dans ces conditions, les conclusions ne pouvaient étre que superficielles et fausses.

    Ce faisant, la Commission a pratiqué une discrimination religieuse envers l'islam en se désintéressant totalement de l'opinion de cette instance reconnue, fût-ce à titre consultatif. Une tel "oubli " était évidemment inconcevable s'il s'agissait d'une question se rapportant à une autre confession telle le christianisme ou le judaïsme par exemple. Là, on n'aurait pu se soustraire à une consultation des prêtres ou des rabbins, sous peine de provoquer un scandale, une faute impardonnable dont les résultats, tronqués, auraient été rejetés d'office.

    Le voile est une obligation prescrite par toutes les religions monothéistes, par égards pour la femme ; loin de la soumettre à l'homme, il l'affranchit et préserve sa dignité. Tout comme les religions révélées avant lui, l'islam institue le port du voile. Il s'agit d'une prescription clairement énoncée dans les textes du Coran et de la Sunna, et de l'avis unanime des oulémas dignes de ce nom. Or, la rationalité des obligations religieuses se justifie par la prise en compte de la saine nature humaine et des solutions qui sont compatibles avec les besoins de l'homme. Ainsi, en va-t-il du licite et de l'illicite comme norme de toute action humaine : le licite est permis car il est source de bien pour la nature humaine, tandis que l'illicite est interdit car il est source de mal. Si certains actes sont plus méritoires que d'autres, c'est justement parce qu'ils servent plus la nature humaine, et si certains péchés - dits majeurs - sont plus graves que d'autres, c'est parce qu'ils sont encore plus nuisibles.

    La doctrine religieuse ainsi ***çue s'impose à tous ceux qui adoptent la religion par conviction raisonnée, loin de toute influence contraignante : « Point de contrainte en religion ! » lit-on dans le Coran. Toute autre appartenance à la religion qui ne résulte pas d'une certitude réfléchie est sans valeur. Tout individu est libre de choisir une autre voie que celle de la religion, ma.is il en assume seul la responsabilité, et personne ne peut aliéner son pouvoir de décision.

    S'agissant de la femme musulmane, couvrir son corps satisfait en elle un besoin naturel auquel elle répond en toute liberté ; c'est un acte en parfaite conformité avec sa nature féminine. Il ne s'agit donc pas d'une revendication d'appartenance religieuse, mais d'une obligation divine à laquelle on ne peut déroger. Le voile porté par une musulmane en France est ainsi comparable à celui porté par la femme juive pratiquante au Maghreb ou à tel autre porté par une chrétienne pratiquante en Egypte, au Liban ou en Arménie. Dans tous ces cas, le voile joue un rôle de protection et de préservation de la dignité féminine, et permet à la femme de vivre sereinement dans la vertu et le respect de sa foi.

    Ainsi, le port du voile est une affaire exclusivement religieuse, sans aucun lien avec la politique. Toutes les institutions religieuses peuvent coniirmer que le voile relève du domaine du sacré, non du profane. Cela devrait sufiire pour réfuter les thèses selon lesquelles il serait une manifestation politique extrémiste. Jusqu'à quand certains médias persisteront-ils donc dans la désinformation sans en mesurer la portée ? Il convient de souligner que le voile, dont on se sert pour se couvrir, n'est en rien un signe d'appartenance religieuse comme le crucifix ou l'étoile de David.

    L'un des fondements de la liberté de la femme consiste à disposer librement de son corps de façon à pouvoir le recouvrir si elle le désire, et d'étre respectée dans son choix. Tel est le vrai sens de la liberté. Il faut d'ailleurs reconnaitre que la femme a le droit de refuser l'instrumentalisatio
    n de son
    corps pour être à l'abri des multiples effets pervers de l'exploitation féminine, source de dégénérescence sociale (divorce, viol, etc.).

    Quant aux allégations selon lesquelles le port du voile traduit la soumission de la femme à l'homme, force est de constater qu'il n'existe aucun texte du Coran, de la Sunna ou d'un ouléma prônant une telle vision des chose. Cette conception déformatrice a malheureusement intoxiqué les esprits en en faisant des ennemis de la femme musulmane et de sa religion. Mais qui donc possède autant de force pour tisser et propager de telles diffamations et dans quel objectif ? Notre société restera-t-elle éternellement à la merci de ces accusations mensongères et destructrices des liens individuels et sociaux ?

    N'est-on pas en droit de se demander si la femme qui se trouve obligée de se découvrir pour assouvir les désirs d'un individu, d'un groupe ou d'une entreprïse est vraiment libre et non soumise ? S'il s'agit d'un choix, elle en assume la responsabilité tout entière, mais n'a-t-on pas le droit, voire le devoir, de l'aider à se libérer de ses entraves lorsqu'il s'agit d'une contrainte ?

    Le choix de se voiler ne porte en rien atteinte à la femme non voilée, non croyante ou qui ne partage pas les mêmes principes. D'ailleurs, on ne peut que reconnaitre le sens de la responsabilité chez la femme musulmane ; la société civile française ne peut nier sa contribution positive à l'épanouissement social et culturel dans la cité.

    En outre, l'idée selon laquelle le port du voile constitue une agression envers autrui est démentie par les faits. Il n'en faut pour preuve que l'amitié sincère unissant les jeunes filles voilées à leurs camarades de classe qui ne manquent jamais de les soutenir en cas de renvoi.

    Pour toutes ces considérations, le Conseil des Imams de France a toujours soutenu que l'on ne peut contraindre une femme ou une jeune fille à se voiler pas plus qu'à se dévoiler. En effet, parmi ses droits les plus élémentaires figurent le respect de ses convictions religieuses, ses idées, ses principes, sa tenue vestimentaire, ses préférences alimentaires qui, tous, relèvent de son seul choix. Si l'opinion publique française désapprouve clairement des sociétés dans lesquelles on oblige la femme à se voiler, il est à craindre que la société française, berceau des Droits de l'homme depuis plus de deux siècles, soit montrée du doigt pour avoir obligé la femme à se dévoiler.

    Depuis un siècle, la laïcité a permis à la société française d'ètre en tète de file des pays européens qui reconnaissent à tous le droit de vivre en bonne intelligence et en toute sécurité, abstraction faite de leurs convictions et leurs origines. Les musulmans ont d'ailleurs versé leur sang dans les deux Guerres mondiales pour défendre cette vision civilisationnelle, luttant ardemment contre toute conception xénophobe ou hégémonique de la société.

    Mais la laïcité ne devrait pas se transformer en dogme s'imposant par la contrainte en matière de _ convictions; d'idées, d'organisation sociale, d'enseignement, d'habillement ou de nourriture. Auquel cas elle deviendrait une épée de Damoclès, menaçant tant les individus que les communautés et se servant des uns contre les autres. Bien au contraire, son rôle est de demeurer un cadre dans lequel tout le monde jouit de l'égalité des droits et des devoirs, un cadre de liberté, de fraternité, d'amitié et d'entraide. Peut-on en effet admettre que la laïcité française aille à contre-courant de celles d'autres pays européens pour devenir paradoxalement un obstacle aux Droits de l'homme ?

    Est-il raisonnable, que la communauté la plus convaincue de l'importance de l'école publique dans la formation du citoyen, quelles que soient ses idées et ses origines, mérite d'être aujourd'hui dans l'obligation de se replier sur elle-méme, recourant à ses propres écoles privées à l'instar d'autres communautés religieuses ? Est-il juste qu'au début du troisième millénaire on ampute la liberté religieuse des musulmans, ceux-là méme dont la religion a, dès le début, garanti les droits civiques et cultuels des autres communautés religieuses ? Est-il logique de promulguer des lois régissant l'espace public scolaire lorsqu'elles risquent de se généraliser systématiquement à toute la sphère de l'espace publique (université, hôpitaux, bureaux de poste, etc.) ?

    Il est scandaleux d'entendre des avis religieux évoquant l'« état de nécessité » dans le seul but d'amener des adolescentes à se dévoiler. Car l'état de nécessité religieuse s'applique uniquement dans les cas extrèmes tels l'apostasie sous la contrainte, la menace de mort, la crainte de pervertir la raison, d'embrouiller la filiation ou de ruiner sa fortune. Or, de telles pratiques sont dignes d'Etats décadents et ne peuvent concerner la France.

    Paris, le 12 décembre 2003
    le Conseil des Imams de France

     


  2. milady

    milady safi 3yyiiiiiiiiiiiiiite

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    c'est pas tres vieux ce truc?? :-o :-o
     
  3. 1mymy1

    1mymy1

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    si mais je l'ai mit a cause d'un certain islamophobe :-D
     

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