Constat accablant de l'ONU sur l'état de la démocratie dans les pays arabes

Discussion dans le forum 'Actualités marocaines' créée par Petite_Mina le 5 Avril 2005.

  1. Petite_Mina

    Petite_Mina

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    Une élection ne fait pas le printemps du monde arabe


    le monde arabe est malade de la démocratie. Ce n'est pas un scoop mais cette fois, c'est officiel : ce sont les Nations unies qui le disent et pas seulement George W. Bush ou les néoconservateurs américains, qui peuvent se targuer des élections en Irak. Le troisième rapport sur le développement humain dans le monde arabe vient de sortir (1) et il dresse un constat accablant de l'état des libertés politiques, de la démocratie et de la gouvernance dans le monde arabe.

    «Sans-droits». Si leurs recommandations restent très générales, les auteurs ont le mérite de dresser un constat aussi exhaustif qu'accablant. Tout y passe : de «l'Etat trou noir», véritable machine à dissoudre la société, à la corruption endémique en passant par l'état d'urgence érigé en mode de gouvernement, l'absence d'indépendance de la justice, la liberté surveillée de la presse, etc. Résultat : les régimes arabes manquent de légitimité et ne se maintiennent que par la répression, le sectarisme religieux, le clientélisme clanique. Quant aux sociétés, elles vivent littéralement «sous occupation» de leurs élites dirigeantes et prévaricatrices. A tel point que, dans le monde arabe, le besoin de justice prime bien souvent sur la soif de liberté. Inutile de parler des plus fragiles et des marginaux : minorités religieuses ou raciales, travailleurs immigrés, femmes... sont des «sans-droits».

    Rédigé avant le «printemps arabe» ­ une formule fourre-tout dans laquelle la presse américaine range l'«intifada de l'indépendance au Liban», les élections présidentielles en Palestine, législatives en Irak, municipales en Arabie saoudite, et l'ouverture en trompe-l'oeil opérée par Moubarak l'Egyptien ­, le rapport trouve un écho aussi inattendu que proche dans l'actualité.

    Travail exhaustif. L'idée de ces rapports (un quatrième sera consacré à la condition de la femme) a germé bien avant les attentats du 11 septembre. L'originalité de la démarche tient au fait que, pour la première fois, un groupe d'universitaires arabes indépendants et respectés, produisent un travail exhaustif sur leur région d'origine. L'idée étant que des critiques venues «de l'intérieur» seraient mieux entendues, même si elles restent mesurées étant donné le nombre d'anciens ministres présents dans le panel. Seul bémol : à l'exception de l'Egyptien Fahmi Howeidy, le courant islamiste n'est guère représenté dans l'équipe qui a supervisé les travaux. Sachant que la mouvance islamiste représente aujourd'hui la principale alternative dans nombre de pays arabes, son absence pèse sur l'exhaustivité du rapport.

    Alors qu'on imagine les néo-conservateurs partager un tel diagnostic, Washington a pris ombrage de la première mouture du rapport. «Les Américains, qui s'étaient procuré une copie, sont devenus fous de rage lorsqu'ils ont découvert les passages sur l'occupation des territoires palestiniens et de l'Irak», raconte une source à l'ONU. Ils ont exigé des amendements et menacé de couper les vivres au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Résultat : la sortie du rapport, prévue pour novembre, a été retardée plusieurs mois du fait de ce bras-de-fer. Le Pnud a failli décider de sortir le rapport malgré tout mais sans son label...

    Incurie. Au final, quelques corrections et changements de formulation, négociés «au plus haut niveau», ont permis la sortie du texte, qui condamne malgré tout sans ménagement l'occupation israélienne des territoires palestiniens ­ ainsi que les attentats-suicides contre les civils israéliens ­ et l'incurie de l'occupation américaine en Irak. «Ce qui est scandaleux dans tout ça, s'offusque un ancien ministre arabe, ce n'est pas tant les changements apportés que le double langage des Américains, qui déstabilisent les régimes arabes au nom d'une démocratisation souhaitable, mais censurent les Arabes lorsqu'ils disent des choses qui ne leur plaisent pas.» Des régimes arabes ­ en particulier l'Egypte, les Emirats arabes unis et le Koweït ­ ont protesté contre certains passages du rapport jugés «offensants». Avec moins de succès que Washington... «Ils n'ont pas insisté, constate, désabusé, un intellectuel arabe. Ils savent que ce document reste bien trop épais pour être lu par le peuple.»
    (1) www.undp.org/rbas/ahdr


    Par Christophe AYAD
    mardi 05 avril 2005 (Liberation - 06:00)


  2. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    Le maroc est un pays democrate. On peut tout dire sauf critiquer le roi et parler de la vraie identite, de l'amazighite du maroc. Il ne faut surtout pas dire que les marocains sont do'rigine berbere, ca serait un crime. A part ca
  3. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    l'algerie est plus democratique que le maroc.la presse est muselée chez nous .en algerie ils disent ce qu'ils veulent.ils peuvent meme insulter leur president.mais chez nous parler du roi ...attention.!!!!la peine de mort n'existe pas en algerie.

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