coup d'êtat contre hassan ll.. (ce qui s'est réellement passé)

Discussion dans le forum 'Culture' créée par - le 16 Août 2003.

  1. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    Ahmed Rami témoigne dans son livre, voici l'extrait:


     Ababou était un homme dur, court sur pattes, râblé, foncé de peau, qui passait pour absolument inflexible. Il s'agissait pour lui d'abattre le roi, d'exiler sa famille et de coller au mur quelques ministres. Bref, il voulait une révolution sanglante, sans quartiers. L'autre chef du putsch, le général Madbouh, nourrissait des projets tout à fait différents. Il voulait investir le palais, désarmer les gardes, se saisir du roi et exiger de lui qu'il abdiquât en faveur d'une junte de jeunes officiers.

     De fait, un putsch sans effusion de sang eût été possible. Mais un malentendu catastrophique entre Ababou et Madbouh lors de l'attaque du palais engendra un chaos et des fusillades qui firent prendre à la révolte un tour sanglant. Aussi n'est-il pas étonnant que leputsch se soit soldé par un fiasco.

     Le général Madbouh voit les gardes et les invités fauchés par le tir des mitrailleuses et il comprend que l'opération tourne mal. Soucieux d'avoir en main un atout, répugnant peut-être aussi à tuer, il tient absolument à ce que le roi survive. Il se met à sa recherche dans la foule prise de panique, le trouve et le pousse à se cacher en compagnie d'une dizaine d'invités dans des toilettes situées derrière la salle du trône.

     Dehors, devant le palais, les coups de feu claquent. Madbouh s'entretient brièvement avec le monarque. Il l'exhorte à abdiquer.«Vous pouvez vous réfugier en France via Rabat ou Casablanca», lui dit-il. Le roi donne son accord. Hassan II signe un acte d'abdication qu'on trouvera plus tard, paraît-il, sur le cadavre de Madbouh La déclaration officielle du palais ne mentionne pas ce document et pour cause, pas plus qu'elle ne souffle mot de l'abdication réclamée au roi.

     On raconte que le roi a assorti son accord d'une condition : la garantie que sa famille serait protégée. Madbouh accepta cette condition et envoya le docteur Ben Aich, médecin du roi, dans les appartements royaux avec mission de s'occuper des quatre enfants du monarque. Oufkir, qui s'était trouvé aux toilettes avec le roi, me raconta plus tard qu'Hassan avait accepté d'abandonner le trône sans discuter. Il était paralysé par la peur et ne songeait plus qu'à sauver sa vie et celle des siens.

     C'est à ce moment que surgit le colonel Ababou en quête du roi. Madbouh lui apprit tranquillement que ce dernier était prêt à abdiquer et que lui, Madbouh, l'avait déjà envoyé à Rabat sous escorte. Ababou entra dans une colère noire. Il se tourna vers son garde du corps, Akka, géant au crâne tondu et aux bras de gorille et lui dit : «Madbouh est un traître, tue-le !». Akka tira et Madbouh s'affaissa sur le sol. Le docteur Ben Aich, revenu entre-temps, fut touché lui aussi et s'effondra.

     Personne ne savait plus alors au Palais où se trouvait le roi. Ababou, fermement convaincu que le monarque avait pu s'échapper, rassembla, écumant de rage, ses derniers soldats et prit en toute hâte le chemin de Rabat pour intercepter le fuyard, occuper la station de radio et mener à bien son projet. Il laissait toutefois derrière lui à Skhirat une petite troupe de vingt cadets munis d'instructions : ils avaient jusqu'à 19h. pour mener les invités au stationnement militaire du palais. Les hôtes étrangers devaient y être séparés des autres. D'ici là, tout serait gagné ou perdu.

     Il ne se passait plus grand-chose au palais à ce moment-là. Tout le monde était encore sous le choc. Un soldat obligé de se rendre aux toilettes finit par découvrir le roi tout à fait fortuitement, sans le reconnaître. Il embarqua l'homme vêtu d'une chemise beige-rose et le conduisit auprès de quelques autres prisonniers à un mur où il s'assit docilement. Au bout d'un moment, le soldat commença à y voir clair et identifia le prisonnier. Mais les soldats n'étaient pas instruits du but de l'opération. Ils se contentaient d'obéir aux ordres.

     Le roi comprit qu'il n'était pas sous la menace d'une exécution, du moins de la part du cadet qui se trouvait devant lui. La situation tournait progressivement en sa faveur. Personne ne sait exactement ce qui se passa. Selon Oufkir, quelques gardes oubliés dans les autres toilettes libérèrent le monarque et tuèrent les vingt cadets. La version officielle pourrait bien être falsifiée pour des raisons de propagande et ne repose sur aucune preuve. Le colonel Dlimi qui se tenait lui aussi dans les cabinets avec Hassan me confirma que ce qui restait de la garde royale avait surgi tout à fait inopinément et abattu les cadets. L'espace de quelques heures, l'histoire du Maroc s'est jouée dans les toilettes du palais de Skhirat.



    :)


  2. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    si ce qu'il raconte est vrai, ca n'est pas surprenant...

    :-(
  3. Ancien-Membre

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  4. Ancien-Membre

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    marroc vive le maroc d'en bas !!!

    ceux qui ne savent pas ce qui se trame dans le palais royal...



    :-D
  5. Ancien-Membre

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    hé rifain t chelou toi , qd tu publies un article on dirait tu tombes des" nus" que tu viens juste de le decourvir arrete la coco fréro..
  6. Ancien-Membre

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    lol, j'ai lu plusieurs versions de ce coup d'êtat...

    celle ci est celle qui m'a le plus impressionné par la lâcheté de hassan ll...

    :-o
  7. Ancien-Membre

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    tristesse..kesskass

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