L’image de l’Arabe dans le cinéma français

Discussion dans le forum 'Cinéma - Télévision' créée par aladin60 le 20 Mars 2008.

  1. aladin60

    aladin60 VIB

    Inscrit:
    24 Nov. 2002
    Messages:
    21 839
    Likes:
    1 543
    L’image de l’Arabe et du Gitan dans le cinéma français
    Par Karim Dridi (Réalisateur)

    Personne ne niera que le cinéma, outre sa fonction divertissante, agit aussi comme un miroir de notre époque. Alors se poser la question de l’image de l’Arabe et du Gitan dans le cinéma français, c’est finalement se poser la question de la reconnaissance de l’autre, de l’étranger, dans notre société française.

    C’est aussi réfléchir sur une histoire commune à construire, tout en étant lucide sur les rapports de force et sur les responsabilités des cinéastes qui font les films, et des spectateurs qui s’en nourrissent.

    Dans les années 70, je commençais ma formation de cinéaste autodidacte, je voyais beaucoup de films et j’étais trop souvent choqué par la manière caricaturale et méprisante dont étaient représentés les Arabes et les Africains.

    Je me souviens du film "La Balance" qui avait été plusieurs fois césarisé et encensé par la critique et le public de l’époque. J’étais en colère contre ce film qui enfonçait le clou du cliché de l’Arabe dealer et dangereux. La liste est longue de ces prétendus bons films où le Maghrébin est toujours dépeint comme un sale type, prêt à violer et voler n’importe quel Gaulois qu’il croiserait dans une ruelle.

    Après "Les Princes", je savais qu'un mouvement était en marche

    Malheureusement à cette époque, les "Dupont Lajoie" de Yves Boisset puis "Les Princes" de Tony Gatlif ne faisaient pas légion. Il a fallu attendre 1984 pour qu’enfin surgisse de ce néant un film fondateur: "Le Thé au harem d’Archimède" de Médhi Charef.

    C’est ce magnifique long métrage qui me donna l’espoir de pouvoir un jour faire un film où je pourrais filmer, avec amour et tendresse, au cœur d’une famille Arabe. Dix ans plus tard, je réalisais "Bye Bye" avec un magnifique jeune acteur, Sami Bouajila, qui ne fût même pas nommé pour les césars.

    Qu’importe, je savais alors qu’un mouvement était en marche, que d’autres films viendraient avec des artistes qui partageaient comme moi la même soif de justice. Notre vision du monde finira un jour par construire une image juste et métissée de notre société française.

    "La Graine et le mulet", un anticorps contre les clichés racistes

    Une évolution significative de l’image de l’autre serait qu’on lui foute la paix, qu’on le considère comme soi, comme monsieur tout le monde.

    C’est une des raisons qui font que "La Graine et le mulet" d'Abdellatif Kechiche n’est pas seulement un film formidable, c’est un anticorps puissant contre les clichés racistes qui voudraient faire rimer arabe, musulmans, avec extrémiste et terroriste.

    Comme dit mon ami Simon Abkarian, c’est un chantier qui vient juste de s’ouvrir, et c’est un travail immense pour casser les clichés et combler tous ces trous de mémoire.

    Qu’est ce qui nous empêche de faire des films Français où les personnages seraient Arabes, Gitans, noirs, ou Asiatique?
    CHRISTOPHE RUGGIA REALISATEUR ("LE GONE DU CHAABA", "LES DIABLES"...)
    Pour la télévision, on m'a demandé "moins de diversité"

    Voir la video via le site de Rue 89


    TONY GATLIF REALISATEUR ("GADJO DILO", "TRANSYLVANIA")
    Je n'étais employé que pour donner des claques et violer des femmes

    Voir les videos via le site de Rue 89


    SIMON ABKARIAN ACTEUR ("L'AFFAIRE BEN BARKA", "CASINO ROYALE"...)
    Il faut qu'on nous donne le ciel, aussi

    Voir la video via le site de Rue 89

    SAMI BOUAJILA ACTEUR ("LE DERNIER GANG", "INDIGENES"...)
    Il faut s'extraire des marasmes de ce système

    Sami Bouajila (Marcel Hartmann/Corbis).Ma démarche en tant qu'acteur ne s'est jamais réduite ou limité à mes origines. C'est ce qui, je crois, m'a porté et me porte encore tout au long de ma carrière. Ce, même si le système n'a eu de cesse de me renvoyer ses propres limites: le rejet ou l'exclusion.

    J'ai puisé ma force sur le fait que le parcours qui mène un artiste à la reconnaissance est toujours (en tout cas souvent) long, douloureux, personnel et n'a pour limite que les ambitions qu'il se fixe.

    Il faut s'extraire des marasmes de ce système pour aller, malgré les difficultés, vers quelque chose de plus "sacré". Mais ceci est propre à tout artiste, quelque soi ses origines. On réalise alors que notre quête d'identité (car dans le fond c'est bien de cela qu'il s'agit: qui sommes-nous sur terre et ou allons-nous?) est une démarche universelle et que là se trouve, à mon sens, l'essence de la création.

    Bien sûr le racisme dans le monde de la culture (théâtre, cinéma, littérature...) existe, mais la culture n'est que le reflet de notre société. En l'occurence ici, en France, un pays en pleine crise d'identité, en pleine mutation. Un pays qui, qu'on le veuille ou non, prend conscience de son métissage et qui, je l'espère, saura se servir de cette richesse.

    Source:http://rue89.com/le-making-of-de-karim-dridi/l’image-de-l’arabe-et-du-gitan-dans-le-cinema-francais
     


  2. aladin60

    aladin60 VIB

    Inscrit:
    24 Nov. 2002
    Messages:
    21 839
    Likes:
    1 543
    On dirait que c'est un topic taillé pour Mr le ministre de la culture de Bladiland:l'oustad Nancy ajram:D
     
  3. waRm

    waRm Use with caution

    Inscrit:
    30 Juin 2005
    Messages:
    21 031
    Likes:
    31
    je me rappel d'un reportage que javais vu en angleterre qui traitait de ça

    l'image des arabes dans les films et son évolution dans le temps

    un reportage très intéressant meme si je ne comprenais pas tout

    faudrait que je le retrouve sur youtube

    entre les 1001 une nuits et l'arabe terroriste, l'image en a pris un coup
     

Partager cette page