Mémoire de la Shoah : le gouvernement renonce

Discussion dans le forum 'Actualités marocaines' créée par petitbijou le 28 Fév. 2008.

  1. petitbijou

    petitbijou Casablanca d'antan VIB

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    19:14 | 27/02/2008 Le Point.fr

    L'idée de Nicolas Sarkozy de faire parrainer par des CM2 chaque enfant juif de France victime de la Shoah a laissé subitement la place à d'autres pistes de réflexion, ont déclaré mercredi plusieurs participants à une réunion au ministère de l'Éducation.

    Cette mesure "n'était pas praticable, car il y a 11 500 enfants juifs de France et 600 000 élèves en CM2", a expliqué l'historien et cinéaste Claude Lanzmann, à la sortie de la réunion, tout en reconnaissant que l'idée était "partie d'une sincère émotion du Président". Pour Hélène Waysbord-Loing, "il ne faut pas faire de la commémoration du rituel, parce que l'école n'est pas le lieu pour cela. L'école est le lieu où l'on construit un savoir, où l'on apprend aux élèves à rechercher, à enquêter". Pour elle, "Ce qui va y avoir de nouveau, c'est la mise à disposition de documents de référence et d'un inventaire de toutes les sources disponibles pour faciliter le travail des enseignants".

    Serge Klarsfeld, président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France, a affirmé que "l'important, c'est l'initiative du président parce que, sans cela, il n'y aurait pas eu d'adaptation pédagogique."





    Contactée, Simone Veil explique au point.fr que le projet initial du Président a été abandonné "après de longs échanges entre les participants qui sont convenus qu'il fallait chercher à informer davantage les jeunes". Sur les modalités que prendront, à terme, les futures pistes de réflexion, la présidente d'honneur de la fondation pour la mémoire de la Shoah, opposée au parrainage tel qu'il avait été envisagé au départ , confie que, "pour l'heure, rien n'a été décidé". "Nous nous reverrons dans deux mois". "Il y a la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs", a affirmé Simone Veil, expliquant avoir plaidé pour des travaux en petits groupes d'élèves, "non pas vers un enfant en particulier, mais vers telle situation, dans telle ville".

    "Cherchons un compromis, une solution qui fasse consensus"

    À l'annonce de la volte-face du gouvernement, François Hollande a jugé mercredi qu'on était "revenu à ce qui n'aurait jamais dû être différent", c'est à dire à un "travail de mémoire". "Nicolas Sarkozy est plus préoccupé par l'annonce, l'initiative, la déclaration, le débat, parfois même par la polémique que par la réalité de ce qu'il propose", regrette le premier secrétaire du PS.


    Quant au secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian, interrogé sur i-Télévision, il a estimé que le sujet de la mémoire de la Shoah "est quelque chose de si grave, de si important, que ça ne mérite pas de polémique". "L'intention est forte, elle est nécessaire, et tout le monde est d'accord là-dessus. Alors, cherchons un compromis, une solution qui fasse consensus". "Ma grand-mère m'a parlé de la déportation des Arméniens quand j'avais huit ans, et ça a marqué ma vie", souligne-t-il.

    De son côté, Marine Le Pen a suggéré "que chaque classe de CM2 parraine un héros de l'Histoire de France, qu'il soit célèbre ou anonyme, comme les Justes". Le but : "Recréer une fierté à l'égard de la France".
     


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