Le "sionisme chrétien" inspire certains bataillons électoraux de M. Bush

Discussion dans le forum 'Général' créée par Nbarch le 20 Oct. 2004.

  1. Nbarch

    Nbarch

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    LE MONDE | 19.10.04 | 13h47
    Brandissant les récits bibliques et les mythes fondateurs de l'Amérique, un grand nombre d'organisations évangéliques proches du président, convaincues que le Messie reviendra en Terre promise après avoir rassemblé le peuple juif, soutiennent l'établissement d'un "Grand Israël".
    Les survivants de l'Apocalypse sont le feuilleton que dévore l'Amérique évangélique. Depuis 1995, onze volumes s'arrachent en librairie (60 millions d'exemplaires vendus). Le dernier en date, en 2003, s'intitule Armageddon. Ce best-seller est l'œuvre du pasteur Tim La Haye, l'un des ténors de la droite religieuse et sioniste américaine, formé à l'université fondamentaliste Bob Jones.

    Le récit commence avec la disparition subite d'une centaine de passagers lors d'un vol entre Chicago et Londres. C'est l'illustration hollywoodienne de l'Enlèvement, l'épisode cher aux chrétiens fondamentalistes, pour qui une minorité d'entre eux pourront monter au Ciel sans avoir à subir la Tribulation de sept ans promise avant le retour du Christ.

    Le récit biblique de l'Apocalypse prophétise "mille années de captivité pour Satan, suivies de mille années de règne terrestre du Christ"(ch. 20). Ce nouvel avènement du Messie - le Millenium- obsède les milieux protestants "prémillénaristes". Pour eux, le retour du Christ est promis à tous les hommes, en premier lieu au peuple juif, élu de Dieu depuis Abraham et Moïse. Le peuple juif n'a pas reconnu le Christ lors de sa première venue, il y a 2 000 ans, mais la promesse de Dieu à son égard n'est pas caduque.

    Ce thème du "rétablissement d'Israël" est l'un des plus constants dans les bastions protestants du Sud conservateur. On en parle comme d'un "sionisme chrétien", un mot qui a fait, dès 1992, la "une" du célèbre Christianity Today, magazine évangélique distribué à des millions d'exemplaires. Il représente un lobby pro-israélien très puissant. Compte tenu de la démographie - 70 millions de chrétiens born-again (nés de nouveau), convertis ou revenus à la foi, comme George Bush -, les lobbies sionistes chrétiens sont cinq fois plus nombreux que la communauté juive.

    Ce "sionisme chrétien" puise dans les récits bibliques comme dans les mythes fondateurs de l'Amérique. Lorsqu'ils fuient l'Angleterre des Stuart, les "Puritains" étaient déjà nourris des récits de la Genèse et des Psaumes. Persécutés par la monarchie, comme le peuple hébreu l'avait été par Pharaon, ils émigrent en Amérique comme en "Terre promise". Ils sont le nouveau peuple élu. Leur conquête sur les tribus indiennes est identifiée à celle du peuple d'Israël contre les Cananéens, les Jébuséens, les Philistins.

    Les bâtisseurs du Nouveau Monde font ainsi de l'antique nation d'Israël un guide et un modèle. Dieu leur a confié la mission de régénérer le monde et d'y préparer l'avènement du retour du Christ, d'y créer la fameuse "Cité sur la colline" qui inspira les Pères fondateurs. Dans cette "Nouvelle Jérusalem" (Washington) doit régner l'ordre divin.

    Ce "sionisme chrétien" est donc l'héritier du messianisme américain, mais aussi du retour en force, après la création de l'Etat d'Israël, en 1948, de la théorie "dispensationnaliste" du fameux prédicateur John Darby (1800-1882). Selon lui, l'histoire de la relation entre Dieu et les hommes est marquée par des "dispensations" successives, dont la dernière sera "le temps du Royaume du Christ". L'actuelle dispensation - "le temps de l'Eglise" - n'achève pas la trajectoire divine et n'enlève rien à la "promesse" faite par Dieu à Israël.

    Pour les "sionistes chrétiens", le doute n'est donc pas permis : c'est en Israël que le Messie reviendra après avoir rassemblé le peuple juif. C'est en Israël qu'aura lieu la bataille finale, annoncée dans l'Apocalypse, entre Dieu et les forces du Mal sur la plaine de l'Armageddon, qui a donné lieu à tant de livres et de films. Le Messie ne reviendra pas avant que les juifs ne soient tous de retour en Israël. Ils se convertiront au christianisme, sous peine de périr dans un holocauste lors de l'Armageddon.

    Cette synthèse entre le mythe fondateur américain et une lecture millénariste des prophéties de la Bible a une traduction politique évidente. Dès 1977, quand le Likoud de Begin arrive au pouvoir, des liens se nouent entre les juifs ultraorthodoxes (aux Etats-Unis et en Israël) et les évangéliques américains. Jerry Falwell, chef de la Majorité morale, est l'objet de toutes les faveurs en Israël.

    Pour accélérer le retour de Jésus, des évangéliques américains fondent même, en 1980, l'Ambassade chrétienne internationale à Jérusalem. Ils soutiennent l'émigration des juifs russes en Israël, financent des colonies en Cisjordanie et à Gaza, font un travail de lobbying intense au Congrès en faveur d'Israël. En 2002, le journal Haaretz déplore cette "sainte alliance"des évangéliques et des extrémistes israéliens, nuisible à la paix.

    En 1998, pour le 50e anniversaire de la création de l'Etat d'Israël, Benyamin Nétanyahou, alors premier ministre, déclare à Orlando (Floride), devant une assemblée de Voices United for Israël (Voix unies en faveur d'Israël), réseau de 200 organisations évangéliques pro-israéliennes : "Nous n'avons pas de meilleurs amis et alliés que les gens assis dans cette salle."

    Un nombre impressionnant d'organisations évangéliques soutiennent encore aujourd'hui la politique d'Ariel Sharon, "cet homme de paix", comme l'a qualifié George Bush en 2002. Citons Restoration Foundation (Fondation Restauration), Christian Friends for Israeli Communities (Amis chrétiens des communautés israéliennes), etc. Au début des années 2000, près de 30 millions de protestants américains se disaient convaincus que la politique d'Ariel Sharon et les revendications en faveur du Grand Israël reposent "sur une légitimité divine fondée dans les prophéties bibliques".

    Certes, les évangéliques ne sont pas unanimes. Ils n'ignorent pas la souffrance des chrétiens arabes. Mais si une personnalité comme le pasteur Billy Graham ne s'aventure guère sur ce terrain, d'autres vedettes de la droite religieuse le font pour lui : Jerry Falwell qui, après le 11-Septembre, avait traité le prophète Mahomet de "terroriste", Pat Robertson, pour qui l'islam est "l'Antéchrist", Tim la Haye, qui a ses entrées à la Maison Blanche, ou le propre fils du "vieux Billy", Franck Graham, devant qui George Bush avait prêté serment sur la Bible, en janvier 2001, et qui sera encore là en cas de réélection le 2 novembre.

    Henri Tincq

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  2. pense_bete

    pense_bete

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    un bande de dégénérés!
    on croirait entendre des fans musulmans de bucailles et autres
  3. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    Ils sont plus fanatique que n import quel musulamans mais ils s ont les medias a leur cote
    pour cacher leur devil

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