Soufis sur Lille?

Discussion dans le forum 'Islam' créée par femmeAlpha le 1 Mai 2012.

  1. memoLi

    memoLi VIB Bladinaute averti

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    Quant à celui qui adhère aux propos d’Ibn Arabi en connaissance de cause, il subit le même jugement que lui, jugement qui varie entre l’égarement et la mécréance, s’il est un connaisseur. En revanche, s’il répète ces propos par ignorance, on lui fait connaître la vérité, l’instruit et le dissuade dans la mesure du possible.

    Sa contestation des menaces proférées à l’endroit des fidèles serviteurs en général est un mensonge et une opposition au consensus des musulmans et à la réalisation par Allah le Puissant et Majestueux du châtiment. La loi musulmane a indiqué de la façon la plus claire que des groupes de désobéissants parmi les croyants subiront inévitablement le châtiment (d’Allah). Celui qui nie cela tombe dans la mécréance. Puisse Allah nous préserver de l’adoption d’un mauvais credo et de la négation de la Résurrection ». Voir la source susmentionnée, p. 31-32.

    Ibn Taymiyya dit : « Les chrétiens, les Juifs et les Musulmans connaissent nécessairement que dans la religion des Musulmans, quand quelqu’un dit d’un être humain qu’il est une partie d’Allah, il devient mécréant, selon toutes les religions (révélées). Même les chrétiens ne l’ont pas dit, malgré l’énormité de leur mécréance. Personne n’a dit que les créatures font essentiellement partie du Créateur, ni que le Créateur est aussi le créé ni que le Vrai qui transcende l’assimilation est en même temps la créature qui assimile (Allah aux créatures).
     
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  2. memoLi

    memoLi VIB Bladinaute averti

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    Il en est de même de ses propos selon lesquels si les polythéistes cessaient de pratiquer le culte des idoles, ils feraient preuve d’une ignorance due ) à leur abandon de ce culte. Ceci renferme une mécréance que toutes les religions (révélées) reconnaissent, dans la mesure où elles sont toutes d’accord que tous les messagers ont interdit la pratique du culte des idoles et jugé mécréant celui qui s’y livre et enseigné que l’on n’est réellement croyant qu’au prix d’une rupture totale avec le culte des idoles et celui de tout autre objet d’adoration en dehors d’Allah. A ce propos, le Très Haut dit : « Certes, vous avez eu un bel exemple (à suivre) en Abraham et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple: "Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d' Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l' inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul". Exception faite de la parole d' Abraham (adressée) à son père: "J' implorerai certes, le pardon (d' Allah) en ta faveur bien que je ne puisse rien pour toi auprès d' Allah". "Seigneur, c' est en Toi que nous mettons notre confiance et à Toi nous revenons (repentants). Et vers Toi est le Devenir. » (Coran, 60 : 4). Il (Ibn Taymiyya) a également tiré des arguments d’autres versets avant de poursuivre : « Celui qui affirme que « si les polythéistes cessaient de pratiquer le culte des idoles, ils feraient preuve d’une ignorance à la mesure de la gravité de leur abandon de ce culte », celui-là est plus mécréant que les Juifs et les Chrétiens. Car Juifs et Chrétiens jugent les polythéistes infidèles. Que dire alors de celui qui fait de l’abandon du culte des idoles un indice de l’étendue de l’ignorance de son auteur ?! Celui qui dit en plus que le « connaisseur connaît l’Adoré, quelle que soit la forme sous laquelle Il se manifeste au moment de l’adoration, puisque la diversité et la multiplicité sont comparable à l’état des organes (constitutifs d’un corps) dans les images perceptibles ; elles sont aussi comparables à la force morale dans la représentation spirituelle. Par conséquent, rien n’est adoré dans l’objet du culte qu’Allah lui-même ».? Celui-là est plus mécréant que les polythéistes dans la mesure où ceux-ci utilisaient leurs idoles à titre d’intermédiaires (auprès d’Allah) comme ils disaient : « Nous ne les adorons qu’afin qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah » (Coran, 39 : 4). A ce propos le Très Haut dit : « Ont- ils adopté, en dehors d' Allah, des intercesseurs? Dis: "Quoi! Même s' ils ne détiennent rien et sont dépourvus de raison? » (Coran, 39 : 43). Mais ils reconnaissaient qu’Allah était le créateur des cieux, de la terre et des idoles comme le confirment les propos du Très Haut: « Si tu leur demandais: "Qui a créé les cieux et la terre?", Ils diraient assurément: "Allah". Dis: "Voyez- vous ceux que vous invoquez en dehors d' Allah; si Allah me voulait du mal, est- ce que (ces divinités) pourraient dissiper Son mal? Ou s' Il me voulait une miséricorde, pourraient- elles retenir Sa miséricorde?" - Dis: "Allah me suffit: c' est en Lui que placent leur confiance ceux qui cherchent un appui". » (Coran, 39 : 38). La source susmentionnée, p. 21-23.
     
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  3. memoLi

    memoLi VIB Bladinaute averti

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    Cheikh al-islam dit encore : « le jurisconsulte Abou Muhammad Ibn Abd as-Salam a dit après son arrivée au Caire et quand il a été interrogé au sujet d’ibn Arabi : « C’est un mauvais maître puisqu’il soutient l’éternité du monde et n’interdit aucun sexe. »

    L’éternité du monde est l’une de ses idées qui impliquent une mécréance bien connue. C’est pourquoi Abou Muhammad l’a jugé mécréant. A l’époque, Ibn Arabi n’avait pas encore professé que le monde était Allah et qu’il en reflétait l’image et l’identité. Ce qui est plus grave que la mécréance de ceux qui se contentent de soutenir l’éternité du monde et affirment l’existence d’un Etre nécessaire à son existence (celle du monde) et disent que c’est de cet Etre qu’émane l’existence possible.

    Les maîtres contemporains qui l’ont vu ont dit qu’il (Ibn Arabi) était un grand menteur. Ses livres tels al-Foutouhat al-makiyya et d’autres ouvrages semblables renferment des mensonges qui n’échappent pas au lecteur intelligent.

    Plus loin, il (Ibn Taymiyya) dit : « Je n’ai même pas cité le dixième de leurs propos qui impliquent la mécréance... Mais leur (Ibn Arabi et ses partisans) état était resté ambigue pour ceux qui ne les connaissaient pas vraiment.

    La même ambiguïté avait entouré les Karmates puisqu’ils s’étaient présentés comme des Fatimides et avaient prétendu être des chiites. Ce qui avait poussé les chiites à se pencher vers eux parce qu’ils ne savaient pas que les Karmates étaient réellement mécréants.

    Ceux qui nourrissaient de la sympathie à leur égard étaient soit des renégats hypocrites, soit des ignorants égarés. Les deux groupes formaient les partisans de l’ittihad (union). Leurs chefs étaient des dirigeants de la mécréance. Il faut les tuer. Celui d’entre eux qui tombe en captivité avant de se repentir ne bénéficiera pas du pardon. Ces gens-là font partie des plus grands renégats ; ils affichent l’appartenance à l’Islam tout en dissimulant leur mécréance, et emploient un langage ambigue pour masquer leur opposition à l’Islam.

    Il faut châtier toute personne qui se réclame d’eux ou les défend ou leur rend hommage ou magnifie leurs écrits ou les assiste notoirement ou désapprouve qu’on parle d’eux ou leur cherche des excuses en disant : « Ces paroles sont inconnaissables » et « qui dit que c’est lui (Ibn Arabi) qui a écrit ce livre ?! entre autres manières de leur chercher une excuse que seul un ignorant ou un hypocrite emploie. Il faut bien châtier toute personne que l’on réussit à identifier comme étant un partisan de ces idées, même si elle ne contribue pas à leur diffusion.

    Combattre ces gens-là fait partie des plus grandes obligations parce qu’ils ont corrompu les esprits et les religions au sein d’un grand nombre de maîtres, d’ulémas, de rois et de princes ; ils répandent la corruption sur terre et détournent (les gens) du chemin d’Allah. Les préjudices qu’ils portent à la religion est plus important que celui occasionné par ceux qui attaquent les musulmans dans ce qui relève de leur vie séculaire et épargnent leur religion à l’instar des brigands et des tartares qui s’emparent des biens mais laissent la religion intacte. Celui qui ne connaît pas ces gens-là (les malfaiteurs) n’est pas tenté de minimiser leur danger. L’égarement des premiers et leur capacité d’égarer sont plus grands et ils dépassent toute description ».
     
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  4. memoLi

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    Plus loin, il dit : « Celui qui préfère avoir une bonne opinion d’eux et prétend qu’il ne connaît pas leur véritable état, doit-être bien informé. S’il ne se sépare pas d’eux et ne les désavoue pas clairement on le leur assimile et le traite comme tel. »

    « Quant à celui qui dit que « leur langage (celui des partisans d’Ibn Arabi) peut être interprété de façon conforme à la Charia », il fait partie de leurs chefs et de leurs dirigeants. S’il est intelligent, il connaît un de leurs livres allant dans le sens de ses propos. S’il parle par conviction intime, il est plus mécréant que les Chrétiens ». Fin d’une citation résumée. Voir la source susmentionnée, p. 25-28.

    Ibn Hadjar dit qu’il a évoqué une partie des propos ambiguës d’Ibn Arabi devant notre maître cheikh al-Islam al-Balquini et l’a interrogé au sujet d’Ibn Arabi et que notre Cheikh al-Balquini lui a dit : « Il est mécréant ». La source susmentionnée, p. 39.

    Ibn Khaldoum a dit : « Parmi les soufis figurent Ibn Arabi, Ibn Sabiine, Ibn Barradjan et leurs adeptes acquis à leurs thèses. Ils sont auteurs de nombreux écrits qui circulent entre eux. Ces écrits sont bourrés d’une mécréance évidente, d’écœurantes innovations et d’une interprétation des sens apparents très mauvaises et peu vraisemblables. Ce qui conduit celui qui les regarde à trouver étrange qu’on les attribue à la religion et les considère comme une partie de la Charia ». La source susmentionnée, p. 41.

    As-Soubki dit : « Les soufis des époques récentes tels Ibn Arabi et ses partisans sont des égarés ignorants, écartés de la voie de l’Islam et exclus du groupe des ulémas. » La source susmentionnée, p. 55.

    Abou Zour’a fils d’Al-Hafiz al-Iraqui a dit : « Le célèbre al-Foussous contient sans aucun doute une mécréance indiscutable parce que claire, et il en est de même de ses Foutoulat al-makiyya. Si leur attribution à l’auteur est authentique et qu’il ait adhéré à ses idées jusqu’à sa mort, il est un mécréant qui sera éternellement maintenu en enfer sans aucun doute. » La source susmentionnée, p. 60.
     
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  5. memoLi

    memoLi VIB Bladinaute averti

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    Cela étant, peut un homme raisonnable prétendre que tous ces éminents ulémas n’ont pas compris Ibn Arabi ? S’ils ne l’ont pas compris, qui l’a compris ?

    Voici un incident qui invite à réfléchir. Al-Fassi a dit : « J’ai entendu notre compagnon, le maître confirmé, al-Quadi Shihab ad-Din, Ahmad ibn Ali ibn Hadjar ash-Shafii dire : « Une longue dispute m’a opposé à un des amis d’Ibn Arabi au sujet de celui-ci après que je l’ai attaqué à cause de ses mauvaises idées. C’est alors que mon antagoniste a menacé de porter plainte contre moi auprès du Sultan d’Egypte pour une affaire différente de l’objet de notre dispute, dans le but de me donner des soucis. Je lui ai dit : le Sultan n’a rien à voir dans cette affaire ! Viens plutôt que nous prions pour que la malédiction frappe celui d’entre nous deux qui est le menteur.

    En effet, il est rare, qu’à l’issue de cette procédure, le menteur ne soit pas atteint... Il dit « Il me dit : bismi Allah = (allons-y) - Il dit : je lui ai demandé alors de dire : « Mon Seigneur ! Si Ibn Arabi est égaré, fais de moi l’objet de Ta damnation ». Et il dit cela. Et puis j’ai dit moi-même : « Mon Seigneur : Si Ibn Arabi est bien guidé, fais de moi l’objet de ta damnation ».

    Ensuite, nous nous sommes séparés. Par la suite, nous nous sommes rencontrés dans un des lieux de promenade de l’Egypte au cours d’une nuit de pleine lune et il nous a dit : « quelque chose de doux est passé près de mon pied, regardez ce que c’est. » Nous avons regardé et lui avons dit que nous n’avions rien vu. » Il (le rapporteur) dit : « l’intéressé s’est rendu compte alors qu’il venait de perdre la vue ; il ne voyait plus rien (Allah l’avait rendu aveugle).

    Voilà la substance de ce qu’al-Hafiz Shihab ad-Din ibn Hadjar al-Asqualani m’a raconté. » la source susmentionnée p. 75-76).

    Voilà un aspect des manifestations vaines et absurdes des aberrations de l’homme (à méditer) par celui qui cherche la vérité et veut s’engager dans la voie droite. C’est un dévoyé athée qui n’a dépassé son temps que dans l’égarement et la mécréance ; il ne possédait ni lumière ni sagesse, mais il était plutôt plongé dans l’obscurité. Nous vous avons cités les propos d’ulémas autres qu’Ibn Taymiyya, qui indiquent la mécréance d’Ibn Arabi, afin que vous ne croyiez pas qu’Ibn Taymiyya fut le seul à l’avoir jugé mécréant.

    Quant à votre impolitesse à l’égard d’Ibn Taymiyya et votre prétention qu’il vint au monde des années après Ibn Arabi, nous en disons ceci : vous aussi le temps qui vous sépare d’Ibn Taymiyya est plusieurs fois plus important que celui qui s’était écoulé entre (la mort d’)Ibn Arabi et (la naissance d’) Ibn Taymiyya. Par conséquent, c’est vous qui devriez vous taire.

    Il n’est pas permis de faire preuve d’impolitesse à l’égard d’un maître comme Ibn Taymiyya dont le savoir a rempli le monde.. Comment un homme comme vous ose le qualifier de fourmi ? Qui êtes-vous qui qualifiez le maître des maîtres, le maître de l’Islam de fourmi ? Ne redoutez-vous pas votre position devant Allah quand Il vous interrogera sur votre impolitesse à l’égard des ulémas ?

    Nous vous demandons au nom d’Allah en dehors de qui il n’y a aucune autre divinité : est-ce que celui qui professe que la créature est une partie du Créateur est un musulman ?

    Sur la base de la réponse que vous donnerez à cette question, vous vous rendrez compte de la réalité de votre adhésion à l’Islam. C’est Allah qui guide vers le droit chemin.

    Islam Q&A
    Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
     
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  6. Drianke

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    la vraie croyance par Le Sheykh al Akbar...

    Transcendance et immanence

    Extrait du chapitre 73 des Illuminations mecquoises.

    Sache que l’Être réel au sujet de sa contemplation par ses serviteurs, a deux relations : une relation transcendante et une relation qui se révèle à l’imagination par une sorte de comparaison. La relation transcendante est sa théophanie dans « rien ne lui ressemble » [1] et l’autre relation est sa théophanie dans sa parole « où que vous vous tourniez, là est la face d’Allah ». [2] « Là » est un adverbe ; la face d’Allah est son essence et sa réalité ontologique. Les hadiths et les versets mentionnant des mots absolument usités pour les créatures, visent à appliquer le sens de ces mots à l’essence. Si ce n’était cette propension à appliquer le sens de ces mots à l’essence selon la manière dont ils sont habituellement compris, il n’existerait aucun profit à les mentionner pour celui à qui le propos s’adresse, surtout quand n’est rapportée, de ce qu’il a voulu dire, aucune explication qui diffèrerait du sens étymologique avec lequel a été révélée cette information divine.

    Allah Ta’ala dit : « nous n’avons pas envoyé de messager si ce n’est avec la langue de son peuple afin de leur expliquer », c’est-à-dire dans leur langage, afin qu’ils sachent en quoi consiste vraiment l’ordre. De même, le messager envoyé avec ces mots, ne les a pas expliqué par un commentaire qui diffère de leur sens étymologique. Ainsi, le sens compris de ces mots rapportés sont attribués à Allah de la même manière qu’il les a attribués à sa personne, et il n’est pas question de juger, pour les expliquer, d’un sens que ne comprendraient pas les gens de cette langue dans laquelle ces mots ont été révélés. Autrement, nous ferions partie de ceux qui « dénaturent le sens des paroles » et de ceux qui « en dévient le sens après qu’ils l’aient compris » tout en sachant qu’effectivement ils le dénaturent.
    Nous confirmons notre ignorance au sujet de la manière dont s’établissent ces relations. Telle était la croyance ferme des Anciens sans chercher à tergiverser.
    Quand donc se confirmera en toi ce que nous avons dit au sujet de ces deux relations correctes du Réel, et puisqu’il t’est demandé de te concentrer par ton cœur et ton adoration sur ces deux relations, ne t’en écarte pas si tu es parfait, ou ne t’éloigne pas de l’une d’elle si tu te trouves à un niveau inférieur à celui de la perfection, soit pour ce que les scolastiques disent sur Allah, de leur propre réflexion, soit pour ce que s’imaginent les esprits faibles en comparant le Réel avec sa création ; l’un et l’autre sont ignorants. Le Réel est à la liaison entre ces deux relations.

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  7. Drianke

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    Le hadith relate au sujet de la création adamique, qu’Allah a créé Adam (que la paix soit avec lui) selon sa forme et il est rapporté dans le Coran qu’Allah l’a créé de ses deux mains dans le but de lui faire honneur, selon ce qu’indique le moment où Iblis fut au courant de sa création, lorsqu’il revendiqua la préséance qu’il avait sur Adam de par sa constitution. Il dit : « qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner devant ce que j’ai créé de mes deux mains ». Il n’est pas possible de considérer les mains comme étant une allégorie du pouvoir en raison de la présence du chiffre deux, ni de dire que l’une est la main de la bienfaisance et l’autre la main de la force, car cela se vérifie dans chaque être existant. Par quoi Adam aurait-il honoré avec une telle extrapolation ?

    Il est donc nécessaire que le sens de « mes deux mains » soit différent de ce que nous avons énoncé, afin que se vérifie l’honneur qui lui fut fait. En fait, se sont concentrées à la création de l’Homme, ces deux relations : la relation transcendante et la relation immanente. Les enfants d’Adam sont classés à cause de cela, en trois catégories : il y a le parfait, celui qui réunit ces deux relations ; il y a celui qui s’arrête à ce que lui indique sa raison et à ce que lui démontre particulièrement sa réflexion ; et il y a l’anthropomorphiste à cause de ce qu’il comprend du mot rapporté. Il n’en existe pas de quatrième parmi les croyants. La correspondance ou la déviance se fait seulement du côté de la relation de la révélation divine imaginative selon sa parole (que la paix soit avec lui) : « adore Allah comme si tu le voyais » au sujet de la correspondance avec celui qui est adoré.

    La déviance d’une telle correspondance se fait soit de manière transcendante : c’est la déviance des scolastiques ; soit de manière immanente limitée : c’est la déviance des anthropomorphistes. Les parfaits sont ceux qui parlent des deux manières.



    [1] sourate la Concertation (n°42), verset 11
    [2] sourate la Vache (n°2), verset 115
     
  8. Drianke

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    Le Trône et le Piédestal

    le cœur et la poitrine.

    Allâh fit dans la sphère du ciel un Trône et un Piédestal. Il existencia le premier comme moyen d'orientation pour le cœur de Ses serviteurs et comme endroit vers lequel leurs mains s'élèvent sans pourtant qu'il ne soit le lieu de l'Essence divine, ni le symbole adéquat de Ses Qualités car l'Assise du Tout-Miséricordieux -exalé soit-Il- est un nom qui Le décrit et Le qualifie. Or, description et qualification sont liées à Son Essence alors que le Trône est l'une des déterminations qu'Il a créées et qui ne peut ni l'atteindre, ni Le toucher (car) Il n'est pas supporté par lui est n'en a nul besoin.

    Le Piédestal, lui, est l'endroit qui retient des secrets d'Allâh et Le voile cachant intimement Ses lumières, le lieu où se trouve déposé tout se qui entre dans cette sphère: Son Piédestal englobe les cieux et la terre (Coran II, 256). Il fit aussi la poitrine (çadr) à l'image du Piédestal car c'est en elle que les sciences qui y pénètrent s'actualisent à la manière de l'esplanade dans laquelle est placée la porte du cœur et de l'âme vers lesquels convergent deux portes partant de la poitrine. Rien de bon ne sort du cœur ou de mal de l'âme sans qu'il ne s'élabore dans la poitrine à partir de laquelle il parvient aux facultés d'actions. Tel est le sens de cette parole d'Allâh -exalté soit-il- : et ce qui est dans les poitrines sera dévoilé(Coran100, verset 10).

    Allâh établit le coeur comme le Trône car on reconnait (l'existence de) Son Trône dans le ciel mais celle de Son Trône sur terre est occultée (maskûn) du fait que le Trône des coeurs est plus excellent que le Trône du ciel puisque celui-ci n'englobe pas Allâh ni ne Le supporte, ni ne L'atteint. C'est bien vers le Trône du coeur qu'Allâh regarde à tout moment, à lui qu'Il se manifeste et vers lui qu'Il fait descendre du ciel Sa libéralité car n'a t'Il pas dit dans un hadîth qudsî: "Ni Mes cieux, ni Ma terre ne peuvent me contenir, mais le coeur de Mon serviteur fidèle Me contient"

    Extrait de "l'Arbre du Monde"
    Ibn 'Arabî
     
  9. Drianke

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    La méfiance la plus extrême est donc de se méfier de prendre la méfiance comme appui. Par miséricorde envers nous, Dieu – exalté soit-Il – nous a engagés à nous méfier de Lui, ce qui est le plus haut degré de la méfiance, en disant: «Et Dieu vous engage à vous méfier de Lui et Dieu est compatissant pour les serviteurs» (3: 30). Par compassion, Il nous a mis en garde contre Lui, car «il n'est rien qui Lui soit semblable» (42: 11); Il n'est jamais connu que par l'impuissance à Le connaître.

    Ceci revient à dire:
    il n'est pas tel et tel, tout en affirmant ce qu'Il a affirmé de Lui-même, ce que nous faisons par foi, non par notre intelligence ni notre spéculation.

    Nos intelligences ne peuvent qu'admettre de Sa part ce qui Lui revient. Il est le Vivant, «il n'est pas d'autre dieu que Lui, le Roi, le Très-Saint, la Paix, Celui qui accorde la sauvegarde, le Protecteur, le Tout-Puissant, le Réducteur, Celui qui proclame Sa grandeur», «Celui qui sait ce qui est caché et ce qui est visible, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux», «le Créateur, le Producteur des êtres, le Donateur des formes» (cf. 59: 22-24), le Très-Sage et autre qualités semblables. Nous croyons en tout ce qu'Il nous a enseigné à Son sujet, non d'après notre interprétation, mais selon la science qu'il en a: «Il n'est rien qui ne Lui soit semblable et Il est Celui qui entend, Celui qui voit» (42: 11).

    Il ne se laisse appréhender ni par l'intellect ni par la spéculation. Nous n'avons de science à Son sujet par voie affirmative que ce qu'Il nous a fait parvenir dans Ses livres ou par la voix des envoyés, Ses interprètes, rien de plus.
    Le mode de relation de Ses noms à Lui-même ne nous est pas connu, car la connaissance de la relation à une certaine chose dépend de la science qu'on a de cette chose, ce qui n'est pas ici le cas, car nous n'avons pas la science de cette relation spécifique.

    La pensée, la réflexion et celui qui réfléchit battent le fer à froid. Que Dieu nous compte, vous et nous, parmi ceux qui ont fait preuve d'intelligence et se sont tenus à ce qui leur est parvenu de Sa part * gloire à Lui * et à ce qui a été transmis à Son sujet.

    Ibn Arabi
    Kitâb al-isfâr ’an natâ’ij al-asfâr Chapitre 69
     
  10. Drianke

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    Les voyageurs vers Lui sont également au nombre de trois. L'un associe une autre divinité à Dieu, lui prête un corps, une ressemblance et une similitude avec les créatures et Lui a attribué ce qui est impossible, alors qu'Il dit de Lui-même: «Il n'y a rien qui soit comme Lui» (42: 11).
    Un tel voyageur ne Le verra jamais, rejeté qu'il est de la miséricorde.

    Un second professe la transcendance de Dieu à l'égard de tout ce qui ne Lui sied pas ou plutôt est impossible parmi les expressions équivoques de Son Livre, puis affirme en fin de compte: Dieu est plus savant au sujet de ce qu'Il dit dans Son Livre. Après quoi, mis à part l'associationnisme et l'anthropomorphisme, il ne cesse de commettre toutes sortes de transgressions.

    Celui-ci, quand il arrivera, rencontrera le reproche mais ni le voile ni un châtiment perpétuel. Les intercesseurs qui l'attendent à la porte le recevront et l'accueilleront le mieux qui soit, toutefois son manque de révérence lui sera reproché.

    Le troisième est impeccable ou préservé[1]. L'intimité et la familiarité divines les mettront à l'aise. Ils n'éprouveront ni peur ni affliction, au contraire des autres hommes car ils ont dépassé l'une et l'autre. Celui qui a dépassé un état, ne saurait y retomber: «Ils ne sont pas affligés par la terreur suprême et les anges les accueillent ainsi: voici le jour qui vous a été promis» (21: 103). Telle est la bonne nouvelle qu'ils recevront dans l'au-delà. Voici pour les voyageurs vers Lui.

    Les voyageurs en Lui se partagent en deux groupes. L'un a voyagé en Lui par le moyen de la réflexion et de l'intellect et s'est écarté de la voie inévitablement, car ceux qui voyagent ainsi n'ont, à ce qu'ils prétendent, d'autre guide que leur réflexion. Il s'agit des philosophes et de ceux qui empruntent leur démarche[2].

    L'autre groupe a été emmené en voyage en Lui. Ce sont les envoyés, les prophètes, les élus d'entre les saints comme ceux qui ont connu la Réalité parmi les maîtres soufis tels Sahl b. 'Abdallah (al-Tustarî), Abû Yazîd (al-Bistâmî), Farqad al-Sabakhî, Al-Junayd b. Muhammad, al-Hasan al-Basrî31 et tous ceux qui se sont rendus célèbres jusqu'à nos jours.

    1. Les prophètes et les saints.
    2. Ibn 'Arabi visent ici les philosophes hellénisants qui, limités par leur propre intellect, ne saisissent des réalités supérieures que celles qui gouvernent le monde d'en bas. Cf. le chap. 167 des Futûhât sur «l'Alchimie du bonheur» où est décrite parallèlement l'ascension de celui qui suit le prophète et parvient au plus haut degré, et du spéculatif qui se rend compte qu'il s'est fourvoyé et doit revenir à son point de départ.

    Ibn Arabi
    Kitâb al-isfâr ’an natâ’ij al-asfâr Chapitre 7
     
  11. Drianke

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    Une tradition rapporte que l'on demanda à l'Envoyé de Dieu – que Dieu répande sur lui la grâce et la paix –: «Où était notre Seigneur avant qu'Il ne crée la création? Il répondit: – Dans une nuée au-dessus et au-dessous de laquelle (mâ fawqahu wa mâ tahtahu) il n'y avait pas d'air», la particule mâ pouvant être ici négative ou relative(1).

    Sache que cette nuée est l'Enceinte de la Personne divine(2), immense obstacle qui empêche les êtres de rejoindre la Divinité absolue et Celle-ci de rejoindre les êtres, j'entends du point de vue des définitions essentielles(3). C'est à partir de cette Nuée que Dieu – exalté soit-Il – dit, comme le rapporte la tradition authentique, d'après le Prophète – que Dieu répande sur lui la grâce et la paix –: «Il n'y a rien que Je n'hésite autant à faire que de reprendre l'âme du croyant. Il déteste la mort et Moi, je déteste lui causer du tort. Mais il lui faut venir à Ma rencontre»(4). De là procède également Sa parole – exalté soit-Il –: «La parole ne change pas auprès de Moi» (50: 29). Y font aussi allusion des versets comme «Et ton Seigneur viendra [ainsi que les anges en rangs successifs]» (89: 22) et «[Qu'attendent-ils sinon que Dieu et les Anges viennent à eux] dans l'ombre de la nue?» (2: 210), c'est-à-dire le Jour de la Séparation et du Jugement. Ces expressions et d'autres semblables rapportées dans les traditions émanent de la Divinité absolue lorsqu'Elle veut atteindre les êtres créés.

    à suivre......


    Ibn Arabi
    Kitâb al-isfâr ’an natâ’ij al-asfâr
     
  12. Drianke

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    ........

    Comme propos analogues tenus par l'être créé lorsqu'il veut rejoindre la Divinité absolue, on rapporte la parole du Prophète – que Dieu répande sur lui la grâce et la paix –: «Je ne peux dénombrer les éloges que je T'adresse»(5) et «... que Tu T'es réservé dans la science de Ton mystère»(6) ou encore la sentence d'Abû Bakr le Confirmateur de la vérité: «L'impuissance à percevoir la perception est une perception»(7).

    1 La première possibilité correspond à la traduction, la seconde donnerait : ce qui était au-dessus était de l'air et ce qui était en-dessous était de l'air.
    2. Surâdiq al-ulûhiyya. Le terme de surâdiq est coranique : « Nous avons préparé pour les injustes un feu dont l'enceinte les entoure » (18 : 29). On l'employait pour désigner une protection autour d'une tente, surtout pour en cacher la porte. On trouve aussi le sens de « dais », telle l'étoffe tendue au-dessus de la cour d'une maison contre le soleil (cf. Zabîdi, Tâj al-'arûs VI 379). Le sens de protection circulaire semble toutefois l'emporter, conformément à l'étymologie sans doute persane de ce mot (cf. A. Jeffery, The Foreighn Vocabulary of the Qur'ân, Baroda, 1938, p. 167).
    3. Al-hudûd al-dhâtiyya. De ce point de vue, l'Adoré ne peut d'aucune manière devenir l'adorateur et réciproquement.
    4. Dernière partie du fameux hadîth al-walî commençant par ces mots : « Celui qui s'attaque à l'un de Mes amis ...», Bukhâri, Sahîh, riqâq 38, VIII 131. Voir aussi la version d'Ibn Hanbal, Musnad VI 256 et Hilyat al-awliya' IV 32.
    5. Cf. le hadîth où 'A'isha, l'épouse du Prophète, l'entend invoquer Dieu ainsi : « Je me réfugie enTa satisfaction contre Ton courroux, en Ta mansuétude contre Ton châtiment, en Toi contre Toi. Je peux dénombrer ...» (Muslim, Sahîh, salat 222, II 51).
    6. Extrait d'une invocation du Prophète : « ... Je Te demande par chaque nom que Tu T'es Toi-même donné, que Tu as enseigné à l'une de Tes créatures, que Tu as révélé dans Ton Livre ou que Tu T'es réservé...» (Ibn Hanbal, Musnad I 391).
    7. Sur cette sentence d'Abû Bakr, voir Futûhât III 371, chap. 369, 429 chap. 371, IV 43 chap. 430.


    Ibn Arabi
    Kitâb al-isfâr ’an natâ’ij al-asfâr

    Fin de citation
     
  13. Drianke

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    Celui qui a foi en lui-même et non en Allâh, sa foi ne comporte pas ce qui Me revient ; au contraire, si c'est en Moi qu'il croit, il fait parfaitement ce qu'il doit et donne à toute chose son droit : c'est celui qui a foi dans les données traditionnelles dans leur ensemble, alors que celui qui a foi en lui-même croit uniquement dans les preuves dont il dispose. Ce en quoi J'ordonne d'avoir foi contredit les preuves rationnelles et oscille entre l'analogie (tashbih) et la transcendance (tanzîh).

    Celui qui a foi en lui-même croit en certaines choses et non en d'autres ; il ne les repousse pas mais les interprète (ta'wilan). Celui qui interprète a foi en sa raison ('aql) et non en Moi. Celui qui prétend dans son for intérieur être plus savant que Moi-même à Mon propre sujet ne Me connaît pas et ne croit pas en Moi ; c'est un serviteur qui Me déclare menteur dans ce que Je Me suis attribué à Moi-même, et que J'ai exprimé de la meilleure manière. Lorsqu'on l'interpelle, il répond : j'ai voulu respecter la transcendance. En réalité, son attitude procède de la ruse de l'âme, de la conscience qu'elle a de sa propre valeur ('izza), de sa volonté d'indépendance, de son refus de se conformer. "peut-être seront-ils bien dirigés"- , c'est-à-dire : suivront-ils le bon chemin (rushd) comme le font ceux qui réussissent, ceux qui le suivent dès qu'ils l'aperçoivent. (Dieu) les conduit ainsi à la félicité éternelle : elle est la réponse de Dieu lorsqu'ils L'appellent, ainsi que le terme de leur route qui réjouit leurs âmes en leur rendant permis ce qui leur avait été interdit durant le jeûne, depuis le début du jour jusqu'à sa fin.

    Ibn Arabi
    Futuhât al Makkiya chapitre 71
     
  14. Drianke

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    Concernant "l'hésitation qu' éprouve Allah a reprendre le souffle de son Serviteur"
    [...]
    Aucune chose ne Me fait hésiter plus que [de prendre] l'âme de Mon fidèle serviteur : il déteste la mort et Je déteste le blesser.
    ainsi que d'autre narration impliquant "comme une ressemblance".

    Les preuves rationnelle n'admettent pas ces 'choses' là, cela est du au fait que l'intellect est limité et ne peut (de lui même) parvenir à connaitre, la Divinité adorée ,comme il se doit.
    Il n'y a que Dieu seul ,qui est le Vrai, qui puisse cela.
    Ceux dotés d'une intelligence saines reconnaissent cela et l'accepte en lui donnant priorité sur leur raisonnement alors que ceux qui reste prisonnier de leur intellect rejettent les données scripturaires au profit de leur raison.
    Et voilà la manière dont le législateur nous demande de le confirmer à son sujet dans sa Seigneurie et ce qui Lui convient en terme de qualifications (Attributs "anthropomorphique" entre autre) ceci n'est pas du même ordre que le fait de les soumettre a nos intelligence alors que cela demeure hors de leurs portées. Le jugement à adopter et de donner prépondérance ( dans le sens d'abandon) aux notifications Divines face à la raison.
    Ceci parce que la Science que le Très Haut possède de Lui-même et supérieur a ce que nous connaissons de Lui.


    Ibn Arabi
    Futuhat al Makkiya
     

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