suicide assisté et de l'euthanasie

Discussion dans le forum 'Général' créée par de_passages le 8 Déc. 2004.

  1. de_passages

    de_passages

    Inscrit:
    18 Juil. 2003
    Messages:
    3 112
    Likes:
    0
    oui c long je préviens ceux qui veulent commencer à lire...


    EUTHANASIE

    En faveur du suicide assisté et de l'euthanasie

    Cet article fait partie de notre série portant sur l'une des questions d'ordre juridique et éthique les plus chaudement débattues: devrait-on légaliser le suicide assisté et l'euthanasie?[1] Cet article présente les positions selon lesquelles (1) dans le cas de personnes en phase terminale souffrant d'une condition ou d'une maladie chronique, le suicide assisté et l'euthanasie active volontaire devraient être légalisés, et (2) cette légalisation devrait inclure des mesures de protection afin d'éviter les abus. Au soutien de cette opinion, l'auteur avance que la légalisation serait conforme aux principes de l'autonomie individuelle, que le statu quo est discriminatoire à l'encontre des personnes handicapées et qu'il engendre des décès prématurés.

    Après l'introduction, on définit d'abord les termes utilisés dans l'article et on décrit l'état actuel du droit. On réitère ensuite la position en développant l'argumentation au soutien de cette thèse, puis on aborde l'argumentation des opposants à cette thèse, ainsi que d'autres aspects à considérer dans ce débat. Enfin, l'on énumère les principaux éléments des mesures de protection qui devraient être enchâssés dans la légalisation.

    Introduction

    Un vif débat se poursuit, au Canada et ailleurs, autour de la décriminalisation ou de la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie. Le débat concerne la façon dont la société devrait faire face à la souffrance des personnes qui se trouvent en phase terminale d'une maladie.

    Apparemment, la pratique du suicide assisté et de l'euthanasie, bien qu'elle soit illégale, serait fort répandue chez les personnes vivant avec le sida. Plusieurs études indiquent qu'aux Pays-Bas le taux serait de 10% à 20%.[2],[3] À Amsterdam, une étude a révélé un taux de 26%, tandis qu'en Colombie-Britannique une autre étude en révélait un de 10% à 20%.[4]

    À plusieurs égards, le sida est la maladie qui démontre le bien-fondé de légaliser le suicide assisté et l'euthanasie. Un décès du sida est généralement graduel, lent et compliqué par des infections qui seraient normalement traitées facilement. Il s'agit souvent d'une mort très difficile et douloureuse.

    Terminologie

    Les termes suivants sont utilisés dans cet article.

    Distinction entre euthanasie et suicide assisté

    L'euthanasie est un acte posé avec l'intention de mettre fin à la vie d'un autre individu; il s'agit d'un acte de compassion pour soulager sa souffrance.

    Le suicide assisté représente l'acte d'aider un individu à mettre fin à sa propre vie, lorsqu'il aura formulé la demande de recevoir cette aide et pourvu que ce geste soit posé comme un acte de compassion ayant pour but de soulager la souffrance de cet individu.

    Les exemples suivants illustrent la distinction entre l'euthanasie et le suicide assisté:

    • Lorsqu'une personne injecte une substance mortelle à un individu, elle commet un acte d'euthanasie.

    • Lorsqu'une personne fournit les médicaments nécessaires et que l'individu prend ces médicaments, nous sommes en présence d'un suicide assisté.

    Ces deux exemples présument qu'il s'agit d'actes de compassion visant à soulager la souffrance.

    Distinction entre euthanasie active et passive

    L'euthanasie peut être active ou passive, dépendamment du geste posé:

    • L'euthanasie active implique l'administration d'un traitement, ou un acte qui provoque la mort.

    • L'euthanasie passive consiste à ne pas administrer ou à interrompre l'administration d'un traitement ou d'éléments nutritifs qui permettent de prolonger la vie.

    Euthanasie volontaire, non volontaire et involontaire

    L'euthanasie peut être volontaire, nonvolontaire ou involontaire, selon le degré de consentement.

    • L'euthanasie est volontaire lorsque l'individu a la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mettre fin à sa vie et l'a effectivement demandé.

    • L'euthanasie est non volontaire si l'on ne connaît pas la volonté de l'individu.

    • L'euthanasie est involontaire si elle est effectuée contre le gré d'un individu qui est en possession de sa capacité mentale et physique, et qui s'oppose à cette décision.

    Diverses formes d'euthanasie

    Les cas suivants, fort médiatisés au Canada, aident à illustrer les diverses formes d'euthanasie.

    • Nancy B. souffrait d'une maladie neurologique incurable, qui l'a rendue incapable de bouger. Elle était maintenue en vie par des machines. Elle demanda au tribunal l'autorisation que l'on arrête ces machines; sa requête fut accueillie. [5] Il s'agit là d'un exemple d'euthanasie passive et volontaire.

    • Sue Rodriguez souffrait de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig), une maladie incurable qui entraîne la dégénérescence des muscles et qui l'a rendue presque incapable de bouger. Elle demanda à la Cour l'autorisation d'obtenir l'aide nécessaire pour mettre fin à ses jours parce qu'elle savait qu'elle serait incapable de le faire elle-même au moment où elle ne voudrait plus rester en vie. Sa requête fut rejetée.[6] Elle a réussi par la suite à obtenir de l'aide d'un médecin pour mettre fin à sa vie. Le médecin lui a fait une injection mortelle. Il s'agit d'un exemple d'euthanasie volontaire et active.

    • Robert Latimer a mis fin à la vie de Tracy, sa fille gravement handicapée. Elle était considérée inapte, c'est-à-dire incapable de donner ou de refuser son consentement. Il s'agit là d'un exemple d'euthanasie active et non volontaire. Latimer fut subséquemment accusé de meurtre au second degré. Récemment, la Cour suprême rendait un jugement à l'effet que cette cause devait être de nouveau entendue.[7]

    L'état actuel du droit au Canada

    Le suicide et la tentative de suicide ont été décriminalisés en 1972. Un article spécifique du Code Criminel interdit néanmoins à toute personne de conseiller, aider ou encourager une autre de se suicider, autrement dit, d'assister un suicide. L'on a rarement eu recours à cet article.

    Le Code criminel n'aborde pas la question de l'euthanasie. Toutefois, il:

    • interdit le meurtre;

    • interdit à toute personne de consentir à ce qu'on mette fin à sa vie;

    • impose certaines restrictions au droit de refuser un traitement; et

    • interdit de précipiter la mort d'un patient même s'il est déjà mourant.

    Cependant, le droit jurisprudentiel et le droit civil ont évolué au point que:

    • l'on reconnaît le droit d'accepter et de refuser un traitement médical; et

    • l'on reconnaît le droit de refuser ou de faire interrompre l'administration d'un traitement.

    Dans la plupart des provinces, on a adopté une législation qui permet aux individus de faire savoir, par le biais de directives préalables et de testament euthanasique, les conditions dans lesquelles ils désirent que l'on ne leur administre pas un traitement visant à prolonger la vie, ou encore qu'on l'interrompe.

    Conséquemment, à toutes fins pratiques, l'euthanasie passive volontaire est déjà légale au Canada.

    Position et arguments à l'appui

    Des nombreuses formes de suicide assisté et d'euthanasie énumérées ci-dessus, trois comportent des circonstances où l'individu demande de l'aide pour mettre fin à ses jours:

    le suicide assisté;
    l'euthanasie volontaire active;
    l'euthanasie volontaire passive.
    Tel que démontré précédemment, l'euthanasie volontaire passive est de facto légale au Canada. Nous avançons ici que le suicide assisté et l'euthanasie volontaire active devraient être également légalisés et que cette légalisation devrait être assortie de mesures de protection appropriées, visant à éviter les abus.

    Le droit de choisir

    La légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire active devrait respecter le principe d'autonomie individuelle, c'est-à-dire le droit à l'autodétermination et le droit de choisir. Il s'agit d'un argument de taille au soutien de la légalisation.

    Les gens ont le droit de prendre des décisions relatives à leurs soins de santé et que leurs volontés concernant leur propre corps soient respectées. Il est injuste d'obliger un individu à vivre lorsque celui-ci en a décidé autrement. Les gens devraient pouvoir choisir de quitter ce monde s'il est clair pour eux que leur qualité de vie est nulle et lorsque leurs douleurs et souffrances sont devenues intolérables.

    Pour certaines personnes, le prolongement de la vie avant de mourir peut causer une perte d'autonomie et de contrôle, et entraîner une perte de dignité qui ne leur est pas acceptable. Nous avons l'obligation morale de respecter le désir des personnes qui se trouvent dans une telle situation, quant à la façon et au moment de leur décès.

    Notre société reconnaît déjà le principe d'autonomie personnelle dans le contexte de certaines décisions relatives au choix de terminer sa vie. Il est permis aux gens de mettre fin à leurs jours, de se suicider. Il est également permis aux gens de refuser un traitement destiné à prolonger leur vie ou d'interrompre son administration: c'est le droit à l'euthanasie volontaire passive. Il est par conséquent logique de reconnaître aux gens le droit de demander et de recevoir de l'aide pour mourir s'ils pensent avoir besoin d'une telle aide ou la souhaitent, c'est-à-dire le droit au suicide assisté ou à l'euthanasie volontaire active.

    Il y a très peu de distinction entre l'euthanasie passive et l'euthanasie active, voire aucune, puisque l'euthanasie passive exige tout de même une certaine forme d'action. Lorsqu'une personne se trouve en phase terminale d'une maladie incurable et ne veut plus continuer de souffrir, y a-t-il une différence significative entre la décision de renoncer à un traitement, la décision d'interrompre un traitement et la décision d'administrer un traitement si, dans les trois cas, le résultat est le décès? Dans chacun de ces cas, la personne a décidé de mourir. La seule différence réside dans les moyens d'y parvenir.

    Discrimination

    Au Canada, l'on reconnaît le droit de s'enlever la vie. Par conséquent, la loi permet aux individus physiquement capables de se suicider de le faire. Par contre, une personne physiquement incapable de se suicider n'a pas le droit de recevoir de l'aide pour mettre fin à ses jours lorsque cette aide exige l'administration d'un traitement. Dans ce cas, il y a discrimination envers les personnes handicapées, en violation des articles de la Charte des droits et libertés qui garantissent l'égalité.

    Décès prématurés

    Ceux qui s'opposent à la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire active soutiennent que, dû à ces actes, la personne en question meurt «avant l'heure». Cependant, on devrait laisser à l'individu le choix du moment de mourir. En réalité, si quelque chose est susceptible de provoquer des morts «avant l'heure», c'est bien le fait que le suicide assisté et l'euthanasie volontaire active soient illégaux: de nombreux individus qui se suicident prématurément, bien avant d'être vraiment préparés et consentants à mourir. Ils agissent ainsi car ils ne pensent pas être en mesure d'attendre jusqu'à ce qu'ils soient physiquement incapables de s'enlever la vie ou bien parce qu'ils ne veulent pas demander aux membres de leur famille, à leurs amis ou à des professionnels de la santé de commettre un acte illégal.

    Analyse des contre-arguments

    Ceux qui s'opposent au suicide assisté et à l'euthanasie volontaire active ont présenté certains arguments au soutien de leur position. Nous résumons ici les trois arguments le plus fréquemment invoqués:

    Qualité de vie vs caractère sacré de la vie

    Un argument à l'encontre du suicide assisté et de l'euthanasie volontaire active soutient que la vie est à ce point sacrée et a une valeur à ce point intrinsèque que l'État ne devrait pas tolérer l'enlèvement d'une vie nonobstant le degré de souffrance d'un patient. Cet argument est connu sous le nom de caractère sacré de la vie.

    À mon avis, la société ne perçoit pas la vie comme une valeur absolue qui transcende tout. La société reconnaît plutôt qu'il existe certaines limites à cette valeur. Par exemple, l'on reconnaît le droit de:

    • se suicider ou tenter de se suicider;

    • tuer en situation de légitime défense;

    • refuser un traitement médical;

    • ne pas administrer ou interrompre un traitement qui prolonge la vie;

    • administrer à des individus en phase terminale des médicaments qui soulagent la douleur, même si on sait que la dose de médicaments est suffisante pour causer la mort.

    J'estime que, dans le contexte des décisions portant sur le choix de mettre fin à la vie, il est légitime de considérer la qualité de vie et que cette dimension soit plus importante et plus déterminante que le caractère sacré de la vie. Comme le disait le Juge en chef de la Cour suprême du Canada, Antonio Lamer, dans son opinion dissidente dans la cause Rodriguez:

    Quelle est la valeur de la vie si l'on n'a pas le choix de faire ce que l'on veut? ... Pour certains, il est infiniment préférable de mettre fin à sa vie avec dignité que de subir une douleur inévitable et une incapacité croissante causée par un long et lent déclin.[8]

    Soins palliatifs

    Plusieurs personnes qui s'opposent au suicide assisté et à l'euthanasie volontaire active soutiennent que les soins palliatifs constituent la méthode la plus appropriée et la plus efficace de faire face à des situations de fin de vie, et qu'il importe d'améliorer la qualité des services de soins palliatifs existants.

    Il est évident que le choix de recevoir des soins palliatifs devrait être offert. Cependant, il a été démontré que l'on ne peut pas soigner toutes les souffrances physiques reliées à des maladies incurables. Plus particulièrement, il semble que certaines douleurs liées au sida ne puissent pas être soulagées efficacement par les opioïdes.

    Par surcroît, il arrive souvent que les personnes envisagent d'avoir recours au suicide assisté et à l'euthanasie volontaire active pour des raisons autres que la douleur physique. En voici des exemples:

    • la crainte de perdre sa dignité;

    • la crainte d'une qualité de vie inacceptable;

    • la crainte de perdre le contrôle de son corps et de ses fonctions corporelles;

    • le fardeau, pécunier ou autre, pouvant affliger la famille et les amis;

    • la crainte de l'abandon et de l'isolement.

    Les soins palliatifs ne peuvent pas apporter des solutions à toutes ces préoccupations. Par exemple, dans de nombreux cas, les soins palliatifs ont soulagé efficacement la douleur physique d'un patient, mais n'ont pas écarté chez cet individu la volonté de mettre fin à sa vie, comme ce fut le cas, par exemple, pour Sue Rodriguez et Nancy B.

    Comme le disait Svend Robinson, député de Burnaby-Kingsway, dans un débat de la Chambre des communes:

    En fin de compte, comme vous le diront même les médecins responsables des soins palliatifs, il y a une certaine indignité et une certaine souffrance qu'aucune forme de soins palliatifs ne pourrait soigner efficacement ... Dans son mémoire présenté au Comité du Sénat, le Dr Scott Wallace a souligné que, pour l'être humain, le processus de mourir peut impliquer des sensations des plus terribles de détresse que l'homme puisse connaître; pour ne donner que quelques exemples de ce genre de sensation, citons la jaunisse avec démangeaisons intolérables, l'insomnie, les hallucinations, les hoquets interminables, l'incapacité d'avaler, la paralysie de certains groupes musculaires, qui nécessitent l'insertion de nombreux tubes, la nausée intense et les vomissements, l'incontinence des excréments et de l'urine. Même les soins palliatifs les plus sophistiqués ne peuvent pas toujours contrôler ou maîtriser ces malaises. La douleur intolérable causée par le cancer osseux ne peut pas toujours être soulagée au moyen de soins palliatifs.[9]

    La pente glissante

    Bon nombre de ceux qui s'opposent à la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire prétendent que l'autorisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire mènerait inévitablement à l'euthanasie non volontaire ou involontaire et à des situations où les personnes âgées, des handicapés et d'autres individus vulnérables pourraient être forcés ou poussés à mettre fin à leur vie.

    Cet argument, nommé pente glissante, est hypothétique, puisqu'il nous est impossible de savoir ce qui peut arriver, à moins de légaliser le suicide assisté et l'euthanasie active volontaire. Cependant, dans ce domaine, l'expérience nous laisse penser qu'il n'y a aucune raison d'envisager des conséquences aussi terribles. L'on reconnaît déjà le droit au suicide. L'on reconnaît déjà le droit à l'euthanasie passive volontaire, c'est-à-dire le droit, à la demande d'un individu qui veut mourir, de ne plus administrer ou d'interrompre un traitement qui prolonge la vie. Il ne semble pas y avoir de preuve qu'aucune de ces mesures nous ait entraînés sur cette pente glissante.

    La position que nous défendons ici n'appelle que la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire. L'euthanasie non volontaire et l'euthanasie involontaire demeureraient illégales. Par surcroît, les mesures de protection qui seraient promulguées aideraient à prévenir les abus.

    Autres considérations

    Euthanasie clandestine

    Le suicide assisté et l'euthanasie active volontaire sont fréquents. Vu leur illégalité, ces actes sont faits dans la clandestinité. Certains patients ont la chance d'obtenir de l'aide d'un médecin et tout se passe sans problème. Cependant, nombreux sont les cas de mort douloureuse, manquée, qui comportent une souffrance terrible tant pour le patient que pour les personnes qui lui survivent. La légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire mettrait fin à ce genre de situation.

    Appui généralisé de la population

    La majorité des Canadiens est en faveur de la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire. Depuis 1968, les canadiens ont répondu chaque année à des sondages sur cette question.[10] La même question leur a été posée à chaque fois:

    Au cas où une personne est atteinte d'une maladie incurable, dont elle souffre énormément, pensez-vous que la loi devrait permettre à des médecins compétents d'euthanasier le patient lorsque celui-ci en fait une demande officielle par écrit?

    En 1968, 45% des répondants ont dit oui à cette question. En 1989, cette proportion a atteint 77%. Depuis 1989, le taux se maintient entre 75% et 78%. En 1995, 75% des répondants ont dit oui et 17% pour cent non.

    Deux études canadiennes effectuées auprès de personnes vivant avec le VIH/sida indiquent que les répondants sont presque unanimement en faveur de la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire, à condition que l'on impose des mesures de protection adéquates.[11]

    Mesures de protection

    Afin de prévenir les abus et de s'assurer que les demandes de suicide assisté et d'euthanasie active volontaire sont rationnelles et bien réfléchies, il faut appliquer des directives appropriées. Ces directives devront décrire la procédure à suivre pour obtenir et pour procéder à un suicide assisté et à l'euthanasie active volontaire. Ces directives devraient être assorties des éléments suivants:

    • Les individus doivent être atteints d'une maladie incurable qui est à un stade avancé.

    • Les individus doivent avoir été informés et comprendre lucidement leur état et leur pronostic, ainsi que les options dont ils disposent pour se soigner.

    • Les individus doivent être conseillés quant à l'importance de prendre une décision rationnelle, en connaissance de cause et sans pressions coercitives.

    • Les individus doivent formuler leur demande plus d'une fois, si possible par écrit, avec un délai minimal stipulé entre ces demandes.

    • Les individus doivent être informés et entièrement conscients de leur droit de changer d'avis à tout moment et de retirer leur demande.

    • Au moins deux professionnels de la santé doivent attester que le patient possède la capacité mentale et physique adéquate, qu'il peut prendre une décision rationnelle, en connaissance de cause, et que la procédure appropriée soit observée.

    • Chaque cas doit être rapporté aux autorités compétentes.

    Conclusions

    Jusqu'à présent, le débat sur le suicide assisté et l'euthanasie s'est déroulé surtout entre théoriciens, pontes et éditorialistes. Il est temps d'écouter les malades en phase terminale et les gens qui ont été témoins, dans leur famille, d'une souffrance terrible et d'un décès. Ces gens, en très grand nombre, considèrent que le droit au suicide assisté et à l'euthanasie active volontaire devrait être reconnu légalement, au cas où ils choisiraient cette voie.

    La légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie active volontaire n'imposerait rien à personne et n'encouragerait pas davantage les gens à s'enlever la vie. Pour quiconque, cela voudrait tout simplement dire que la société reconnaît le suicide assisté et l'euthanasie active volontaire comme des choix légitimes des malades en phase terminale. Comme l'a dit Sue Rodriguez:

    Si je ne peux pas consentir à ma propre mort, à qui donc appartient ce corps? À qui appartient ma vie?[12]

    - David Garmaise


    --------------------------------------------------------------------------------

    Retour au haut de cette page

    Retour à la table des matières

    Retour à la page d'accueil


    --------------------------------------------------------------------------------

    NOTES

    [1] Toutes références au Bulletin canadien VIH/sida et droit: R. Ogden, «L'émergence au grand jour de l'euthanasie liée au sida», 1994, 1(1): 16-17; R. Ogden, «Lois et politiques en matière d'euthanasie», 1995, 1(2): 10-11; «Énoncé de position approuvé concernant le suicide assisté», 1995; 1(4): 11; T. Lemmens, «La légalisation de l'euthanasie», 1995, 2(1): 8-10; T. Lemmens, «La Mesure 16 de l'Oregon déclarée inconstitutionnelle», 1995, 2(1): 10; R. Ogden, «L'euthanasie: une réplique», 1996, 2(3): 23-25; T. Lemmens, «É.-U. — Des cours d'appel se prononcent en faveur du suicide assisté», 1996, 2(4): 1, 40-41; éditeur, «Australie — Jugement clément dans une affaire d'euthanasie», 1996, 2(4): 28-29; éditeur, «Étude néerlandaise sur l'euthanasie chez les hommes gais atteints du sida», 1996, 2(4): 29; B. Mongodin, «Vers un traitement de la fin de vie?», 1996; 3(1): 24-25.

    [2] P.J. van der Maas, J.J.M. van Delden, L. Pijnenborg, C.W.N. Looman, «Euthanasia and other medical decisions concerning the end of life», Health Policy, 1992, 22(1/2).

    [3] M. de Wachter, «In brief: the Dutch and the dying», Hastings Centre Report, nov./déc. 1991, à la p. 2.

    [4] R.D. Ogden. Euthanasia, Assisted Suicide and AIDS. Perogylphics Publishing, New Westminster, Columbie-Britannique, 1994.

    [5] Nancy B c. Hôtel Dieu de Québec, 69 CCC (3d) 450.

    [6] Rodriguez v British Columbia (Attorney General), [1993] 3 SCR 519.

    [7] R v Latimer, [1997] SCJ No 11.

    [8] A. Lamer, opinion dissidente, Rodriguez v British Columbia, supra, note 6.

    [9] S. Robinson, Débats de la Chambre des Communes, 21 sept. 1994: 5969.

    [10] «Gallup poll much the same as past years», Dying with Dignity Newsletter, 1995, 12(4): 1.

    [11] C. Neron, Étude sur l'euthanasie, l'aide au suicide et le VIH/sida - rapport préparé pour la Société canadienne du sida, Ottawa, la Société, mai 1996; Ogden, supra, note 4.

    [12] S. Rodriguez, témoignage sur vidéocassette, novembre 1992.
     


  2. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

    Inscrit:
    27 Juil. 2013
    Messages:
    134
    Likes:
    1 797

    Autrement dit faut faire le boulo soit meme
    Sinon ca coute des sous pour faire la job par un autre:-D

    Surtout on veut pas de troublse sociales et ni economiques avant de regarder ceux de l'individu

    L'avorton n'a pas encore de numero social c ce kil ne le penalisera pas:-D

     

Partager cette page