
Beaucoup de jeunes Français issus de l’immigration maghrébine ont du mal à trouver un emploi. Aussi retournent-ils au Maroc, qui les accueille à bras ouverts.

Depuis un peu plus d’une trentaine d’années, le Canada, et particulièrement le Québec, est un véritable Eldorado pour cadres, universitaires ou professionnels marocains ayant une solide expérience. Pour ces Marocains d’outre-Atlantique, les fortunes sont diverses.

A bord de l’avion que j’ai pris avec une centaine de mes compatriotes de Bruxelles à Tanger pour regagner la terre natale je n’ai pu lire ni joie ni bonheur. Et, à bord de l’avion pour le retour vers notre pays d’accueil je n’ai pas non plu pu lire sur les visages de mes compatriotes ni anxiété ni joie ni bonheur. Ce sont des voyageurs comme tout le monde mais qui ont déjà acquis une grande expérience d’aller retour au Maroc et que ces déplacements sont devenus tellement banal que ça ne le émeut plus du tout.

La roue a tourné pour nos « golden boys » à l’étranger. La crise économique et les licenciements dans la finance internationale, notamment en France et en Angleterre, ne leur laissent guère le choix. Ils commencent à revenir sur terre. « Ils se montrent moins exigeants pour rentrer au pays », constate Philipe Montand, directeur général de Rekrute.com.

Hémorragie à la marocaine : même si la croissance est au rendez-vous depuis quelques années, 78% des salariés du royaume seraient prêts à quitter le pays pour aller travailler à l’étranger si on leur ouvrait les frontières.

Selon les estimations, ils sont 400.000 en Belgique. 400.000 Marocains, Belgo-Marocains ou Belges d’origine marocaine. Soit une diaspora qui représente une force de travail et d’investissement colossale.

« Mais est-ce que tu es fou. Qu’est-ce que tu viens faire au Maroc après toute une vie passée en Occident ! » : voici le genre de remarques que beaucoup de nos compatriotes de « lkharij », rentrés au pays, s’entendent dire concernant leur retour à la mère-patrie.

Si l’on parle de fuite des cerveaux et de disparition des jeunes diplômés au Maroc, on ne doit pas oublier en revanche que le Maroc est un pays à fort potentiel. Certains l’ont bien compris et ils s’efforcent de mettre leurs compétences au service du royaume, c’est le cas de l’association Maroc Entrepreneurs.