>

Immigré au Maroc, ce n’est pas toujours facile...

27 juillet 2006 - 10h50
Immigré au Maroc, ce n'est pas toujours facile...

Ils sont des milliers d’étrangers à choisir le Maroc comme terre d’accueil. La vie de ces étrangers n’est pas toujours sans difficultés. Dès lors se pose le problème de l’intégration de ces communautés dans la société marocaine.

L’un des cas illustrant le plus cette situation est celui des immigrants originaires d’Afrique subsaharienne. Parmi eux se trouvent des étudiants dans la plupart des cas, mais aussi des sportifs, des fonctionnaires, des hommes d’affaires sans oublier les immigrés clandestins. Pour ces derniers, le Maroc est juste un lieu de transit.

Les autres catégories sont généralement au Maroc grâce à des accords avec leurs pays d’origine. C’est le cas de la plupart des étudiants.

Une fois au Maroc, ces étrangers doivent s’adapter, voire adopter les manières et la culture de leur pays d’accueil. Chez les étudiants, par exemple, le changement est parfois énorme, les systèmes éducatifs ne sont pas souvent les mêmes, ce qui peut provoquer un déséquilibre, une déstabilisation, qui compliquent davantage leur intégration.

Cette situation concerne surtout les étudiants en provenance des pays anglophones ou lusophones ; pire encore, ces jeunes, qui étaient censés étudier la médecine ou suivre d’autres filières scientifiques, se retrouvent dans les facultés de lettres et de droit où même leurs camarades francophones peinent à s’en sortir. Résultat, ils redoublent plusieurs fois leurs classes et sont parfois rapatriés. Chez les étudiants francophones aussi se pose la barrière linguistique.

En effet, les Marocains sont plus arabophones que francophones, alors tout dialogue devient impossible ; or il ne peut y avoir d’intégration sans la compréhension de la culture de l’autre, qui passe par la maîtrise sa langue.

Autre obstacle, les étrangers ont tendance à se regrouper en communautés et à s’isoler. Par conséquent, certains peuvent passer plusieurs années au Royaume sans être en mesure de parler la langue nationale. C’est le cas de cet étudiant togolais qui explique : " Je suis au Maroc depuis sept ans, mais je ne parle ni l’arabe, ni le darija, on est toujours resté en communautés, je ne côtoie pas beaucoup les Marocains... "

En dehors de ces étudiants, il y a ceux qui travaillent au Royaume ; les hommes d’affaires, les diplomates, les fonctionnaires pour ne citer que ceux-là. Ces gens-là parviennent plus facilement à s’insérer dans la société marocaine, certains sont aujourd’hui un modèle de réussite dans la création d’entreprises, la communication et autres secteurs.

Cette catégorie d’immigrés entretient des relations étroites avec les Marocains. Ils se sentent chez eux au Royaume ; certains ne rentrent au pays que pour quelques jours de vacances comme l’affirme Moustapha, un Sénégalais qui vit au Maroc depuis une dizaine d’années : " je me sens bien au Maroc, c’est ma seconde patrie, j’y ai étudié et maintenant j’ai mon entreprise, c’est le pays le plus accueillant du Maghreb..."

Il existe cependant une troisième catégorie d’immigrants, c’est-à-dire ceux qui sont en situation irrégulière. Pour ces derniers, il n’est pas question d’intégration, le Maroc n’est qu’une étape du long voyage qui doit les conduire en Europe. Et tous les moyens sont bons pour y arriver.

Ce qui fait que leur comportement n’est pas toujours exemplaire. Ils se livrent parfois à des activités peu recommandables. Entre étudiants, travailleurs et immigrants illégaux, la confusion s’installe parfois. Avec la médiatisation du problème de l’immigration clandestine, les marocains ont tendance à assimiler tous les Subsahariens à des personnes en situation irrégulière, des parasites et sources de leurs problèmes.

D’ailleurs, ils sont victimes d’agressions verbales au quotidien, c’est la naissance de la xénophobie. Se sentant rejetés, ces gens ont tendance à se replier sur eux-mêmes, une attitude qui peut couper court à toute idée de communication et d’intégration.

Maïmouna Dia - Le Matin

-



Ces articles peuvent vous intéresser
Le Maroc va construire 1800 km d'autoroutes nouvellesLe Maroc va construire 1800 km d’autoroutes nouvelles
D’ici une quinzaine d’années, le Maroc devrait disposer de 1800 kilomètres d’autoroutes nouvelles. C’est ce qu’a annoncé il y a quelques jours le...
Le Roi du Maroc fait le buzz en Tunisie et en AlgérieLe Roi du Maroc fait le buzz en Tunisie et en Algérie
Le Roi Mohammed VI fait le buzz en Tunisie, où il vient d’achever une visite officielle de plusieurs jours, mais aussi en Algérie. Les Tunisiens...
Le président Valéry Giscard d'Estaing aurait eu honte d'une tarte servie à Hassan IILe président Valéry Giscard d’Estaing aurait eu honte d’une tarte servie à Hassan II
Un cuisinier français qui vient de prendre sa retraite, délivre quelques moments « épicés » qu’il a eu à vivre avec les présidents français. Parmi eux,...
Des Marocains échappent à une catastrophe à l'aéroport de FrancfortDes Marocains échappent à une catastrophe à l’aéroport de Francfort
Une roue d’un avion de la compagnie espagnole "Swift air" a pris feu, le 2 août, à l’aéroport de Francfort en Allemagne. L’avion affrété par Royal Air...
Pour la police de Marrakech, maquillage rime avec prostitutionPour la police de Marrakech, maquillage rime avec prostitution
Après le délit de faciès, voici le délit que l’on pourrait qualifier d’esthétique. Une nouvelle brigade de femmes policières en civil vient de voir le...
Insolite : des Egyptiens prêtent allégeance au roi Mohammed VIInsolite : des Egyptiens prêtent allégeance au roi Mohammed VI
Des facebookiens (apparemment des Égyptiens) ont créé, vendredi, une page sur Facebook intitulée "Nous sommes des jeunes Egyptiens, nous prêtons...


Les rubriques de Bladi.net

MarocSport Marocains du mondeMondeSociétéPhotos du MarocRecettes de cuisine marocaine

Bladi.net

Qui sommes-nous?
Notre équipe
Charte de confidentialité
ContactPublicité
› Bladi.net c'est aussi Bladna.nl pour les néerlandophones
› Bladi.net : 2002 - 2014