Solidarité entre Marocains d’ici et d’ailleurs

Solidarité entre Marocains d'ici et d'ailleurs

Le destin a guidé leur pas vers l’étranger pour s’y installer, tout comme l’ont fait avant eux, des centaines de milliers de Marocains. Mais, contrairement à beaucoup d’entre eux, ils n’ont pas oublié leurs pays d’origine. Il s’agit d’un collectif d’émigrés, installés en Belgique, qui ont décidé de venir en aide à leurs compatriotes restés au bled et qui sont dans le besoin. Chaque fois qu’ils ont eu l’occasion, ils font acheminer des dons vers diverses régions du Maroc.

« Notre association (AIDE), en partenariat avec la Fondation Hassan II, l’Association écoliers du monde et avec le soutien du ministère de la région de Bruxelles-Capitale direction Ressources humaines et égalité des chances, a développé depuis plusieurs années un ensemble de projets de développement dans le Nord du Maroc et principalement dans la province d’El Hajeb », affirme Hamid Oukassi, président de l’Association interculturelle du dialogue et d’éducation.

Ce soutien prend différents aspects et peut se présenter sous forme d’un don d’une ambulance, d’aide à la scolarisation des enfants, de distribution de matériel scolaire et paramédical, de vélos pour le déplacement des écoliers, de chaises roulantes pour les invalides, etc. Tout ce matériel provient de Belgique. Il est récolté par les membres des sections se trouvant dans plusieurs communes et villes de ce pays (Bruxelles, de Gand, Courtrai...).

Toutefois, les activités de l’association ne se limitent pas à la distribution de dons. Comme son nom l’indique, cette ONG prône le dialogue et l’échange entre les Marocains des deux rives en jetant des passerelles entre les deux pays, le Maroc et la Belgique. Chaque année, des espaces de rencontre sont organisés pour permettre aux émigrés de renouer avec la mère patrie et de perpétuer le dialogue avec leur culture d’origine.

Selon le président de l’association, son objectif est de sensibiliser les jeunes et leurs parents ainsi que les mamans résidant à l’étranger à la problématique du développement de leurs pays d’origine pour éviter l’émigration clandestine. Elle vise par la même occasion à consolider et à développer des partenariats entre les associations, mais aussi avec les autorités publiques en vue de contribuer au développement des zones rurales, car c’est là où il reste beaucoup à faire en matière de scolarisation à tout âge et surtout pour la femme rurale.

La toute dernière action de l’association, qui a eu lieu il y a quelques jours à peine dans la région de Meknès, était assez particulière. « Nous avons fait un geste généreux envers nos artistes et leurs familles », précise Hamid Oukassi, avant d’ajouter : « C’est un geste exceptionnel dans le domaine artistique. Nous avons distribué 11 ordinateurs, 70 cartables, 5 vélos, 6 chaises roulantes et quelques jouets pour les enfants. J’ai dit exceptionnel, parce que tout le monde croit que les artistes ont suffisamment de moyens pour affronter les mauvaises surprises que nous réserve la vie. Et c’est grâce à M. Chahid, directeur artistique et culturel, que nos artistes ont eu droit à ces aides pour la première fois ».

Projets d’avenir

L’avenir de l’association sera fait de rencontres, de visites et de projets de nouveaux partenariats et synergies. « Le but est d’investir dans le développement au Maroc des échanges entre la femme rurale et la femme issue de l’émigration. Des écoliers et des professeurs de Belgique et du Maroc vont, bien entendu, y participer.

Nos efforts seront concentrés sur la lute contre l’alphabétisation de la femme rurale et son soutien pour un meilleur suivi de la scolarité de ses enfants », souligne le président de l’association en affirmant que ces rencontres seront l’occasion, pour l’ensemble des participants de promouvoir l’idée que la diversité des cultures, synonyme de tolérance, de dialogue et de coopération, d’égalité des chances et l’un des meilleurs gages de paix de développement des peuples pour une coexistence pacifique ». Source : Le Matin - Kenza Alaoui