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Intermédiaires, passeurs : Ces sangsues qui vivent du trafic des êtres humains

5 décembre 2002 - 11h19
Intermédiaires, passeurs : Ces sangsues qui vivent du trafic des êtres humains

Avocats, curés, hauts fonctionnaires, chacun s’y prend à sa manière, tous ont succombé à l’appât de l’argent facile du commerce de l’émigration. Quelques jours à peine de l’annonce de l’arrestation d’un pasteur, chef d’une église évangéliste de la région madrilène pour avoir formé et dirigé un réseau d’émigration clandestine ...

opérant entre l’Espagne, le Maroc et le Nigeria, les autorités espagnoles ont mis la main sur un nouveau réseau chapeauté par une avocate assistée de deux fonctionnaires.
Dans son édition du week-end dernier, le quotidien El Mundo affirme en effet que l’avocate et ses deux acolytes, sa soeur qui est fonctionnaire au ministère du travail et un autre fonctionnaire de la Brigade des étrangers ont été arrêtés avec une dizaine d’autres personnes, accusés d’avoir formé et fait partie d’une organisation d’introduction et de régularisation illégale des émigrés. Des émigrés qui présentent la particularité d’être assez riche pour faire appel à leurs services.

La bande qui opérait entre les villes de Madrid, Malaga et le préside occupé de Sebta, faisait introduire des candidats marocains à l’émigration en Espagne pour des sommes allant de 6.000 à 18.000 euros, selon le quotidien madrilène. Les investigations de la police, lancées depuis mai dernier, ont montré ainsi que l’avocate, installée à Madrid, entrait en contact par le biais de ses rabatteurs avec des citoyens marocains candidats à l’émigration et leur proposait pour les sommes sus-citées des documents leur permettant de résider et travailler, sans être inquiétés, dans tout le territoire espagnol.

Les candidats clients de ce réseau, explique le quotidien, jouissaient d’un niveau de vie assez élevé au Maroc. Ils sont mis en contact avec l’organisation grâce à un réseau de rabatteurs dispersés dans toutes les régions du Nord. Ces candidats ne partent pas en pateras, mais utilisent l’avion pour leurs déplacements et s’installent dans les hôtels de luxe de la capitale espagnole.

L’organisation prépare les documents nécessaires à leur installation dans le pays grâce à la contribution de la soeur de l’avocate, fonctionnaire du ministère du Travail et des Affaires sociales, qui, de par sa fonction, leur procure des contrats de travail falsifiés qui sont pris comme documents de base par un autre membre de l’organisation qui, lui, travaille comme fonctionnaire à la Brigade des étrangers et de la documentation. Ce dernier se charge d’établir des permis de résidence au nom des clients du réseau.

En plus de ces trois membres de l’organisation, quatre chefs d’entreprises de construction, également membres du réseau ont été arrêtés et plus d’une demi-douzaine de Marocains travaillant comme rabatteurs pour la bande.

En somme, un bel exemple pour les autorités marocaines qui devraient se pencher un peu plus sérieusement sur le problème. Au lieu de se conenter de décentes dans les rues et certaines masures où sont généralement hébergés des candidats à l’émigration et qui aboutissent dans la plupart des cas à l’arrestation de pauvres gens qui tentent de fuir leur misère, ces autorités pourraient pousser les investigations plus loin pour mettre la main sur les véritables promoteurs de ce négoce.

Rappelons que la police espagnole a, en outre, démantelé, la semaine dernière, un autre réseau dirigé par le pasteur d’une église évangéliste de la région madrilène. Le pasteur et son réseau utilisaient l’église et une société écran spécialisée dans le domaine du nettoyage qu’ils ont créée, pour attirer des jeunes filles du Nigeria en leur proposant des contrats de travail falsifiés et établis au nom de l’entreprise en question. Les jeunes filles sélectionnées transitaient par le territoire marocain avant d’être transférées dans la capitale espagnole et contraintes à s’adonner à la prostitution.

Libération Maroc



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