
Cette histoire n’est autre que la mienne. Celle d’une enfant, d’une femme et d’une mère face à une suite incessante de batailles. La première de ces batailles fût celle de l’enfant. Agée de cinq ans, je rejoins, avec ma famille, mon père, ouvrier en France. Mon but désormais, « me fondre » dans ce pays tout en rejetant ma langue maternelle, ma culture.
La seconde bataille sera celle de la femme. A 19 ans, mes origines me rattrapent tel un boomerang. Folle amoureuse de Mohamed, un jeune Marocain, je lui déclare mon amour, bousculant ainsi les conventions et déclenchant la colère de la communauté.
La troisième bataille, et non la moindre, sera celle de la mère. De cet amour passionné sont nés trois enfants pour qui le combat a duré, dure et durera.
Maurade, « le Battant », sera la source de ma persévérance. Quelques mois après sa naissance, les médecins m’annoncent que mon fils sera handicapé à vie et me recommandent de l’abandonner. Je refuse. Kaotar, « ma bouffée d’oxygène », me réconciliera avec l’espoir. Houtman, « le Courageux », atteint de craniosténose, une maladie grave, m’apprendra la vie.
Partager ces petits bouts d’existence a non seulement soulagé mon âme, mais m’a aussi fait prendre conscience d’une chose, c’est que l’amour, qu’il soit d’une patrie, d’un mari, ou de son enfant, peut vous propulser au-delà de vos limites.
Rabia Dhamna