Volontiers l’imagination peuple de sentiments raffinés ces demeures des riches fassis, qui sont un enchantement pour les yeux. On ne veut se représenter que les plus délicats plaisirs dans ces chambres de contes de fées, diaprées de mosaïques, et où au plafond de fleurs peintes fait, quand on est couché, un gracieux jardin à l’envers.
« Jamais ils (les bourgeois fassis) n’admettront que nous (les autorités coloniales) puissions faire quelque chose dans leur intérêt propre. Sont-ils forcés de convenir que ceci ou cela leur est avantageux, aussitôt ils déclarent : « Vous l’avez fait pour vous, non pour nous ». (…) J’ai vu un riche marchand de Fès traverser, à quelques pas de sa porte, un énorme bourbier, (…) dans lequel sa mule s’enfonçait jusqu’au genoux, éclaboussant chaque fois les babouches et le burnous de son propriétaire. Un portier et plusieurs esclaves passaient leur temps à ne rien faire à la porte du riche marchand. Une journée leur aurait suffi pour combler le trou avec des pierres. Mais plutôt que de faire à lui seul les frais de ce petit travail, qui aurait servi à tout le monde, mon Fassi aimait mieux s’embourber quatre fois pas jour ». Auteurs : Frères Tharaud