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La Rue pour un seul

8 mars 2006 - Lu: 8343  - Commentaires? - En discuter sur les forums? La Rue pour un seul

Giacometti n’a cessé de sculpter la solitude. Chaque être est un résidu léger remis sur le socle lourd. Quelque chose l’empêche de voler.

Quelque chose le retient pour en faire le témoin non d’une vie mais de l’éternité. Et tous ces objets, tous ces êtres rappellent l’absence. Un temps infini a travaillé la glaise. On se sent si petit et si proche de cette lassitude humaine des choses. Ces visages invisibles sont ceux de corps voûtés avançant dans la nuit en nous enfouie. Ils sont faits dans l’esquisse de la lumière. Les gestes de l’incertitude et de l’hésitation deviennent peinture. Les portraits sont une pause dans le respect de la poussière, entre le bronze et le plâtre, un moment bref où les couleurs envahissent le corps pour démentir l’angoisse et narguer la mort.

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