
« Face à une Europe qui se consolide, le Maghreb divisé, stagne et conforte une multitude de problèmes », tant sur le plan politique, économique que social. Jawad Kerdoudi, consultant économiste et président du groupe de travail sur les relations Maroc-UE de la CGEM, vient de publier un ouvrage sur les enjeux de l’Union.
Il s’agit d’un diagnostic qui dresse l’état des lieux du Maghreb, son contexte actuel, ses forces et ses faiblesses.
Intitulé « Le Maghreb face au défi européen », le livre retrace la genèse de la construction de cet ensemble économique appelé UE ainsi que les obstacles rencontrés : Du Traité de Rome en 1957 jusqu’au projet de traité instituant une constitution pour l’Europe en 2003. Face à l’expérience européenne, l’auteur relate les étapes de l’aspiration à l’Union du Maghreb arabe (UMA). Un processus entamé dès le début du siècle dernier et dont le fait marquant reste la signature à Marrakech du traité instituant l’UMA en 1989.
En termes de bilan, l’auteur déduit que les initiatives n’ont toutes pas abouti. Et comme causes principales, Jawad Kerdoudi cite l’hétérogénéité des régimes politiques, la persistance des conflits territoriaux, la course au leadership, ou encore la montée de l’intégrisme.
Sur le plan économique, quoique la région du Maghreb soit des plus riches (agriculture, pêche, pétrole et gaz, tourisme...), l’auteur pointe du doigt la configuration concurrentielle des systèmes productifs, l’insuffisance des structures de financement ainsi que des problèmes monétaires. S’y ajoute le manque de cohésion des législations, procédures administratives, douanières...
Autant d’entraves qui ont fait avorter le processus. Mais c’est surtout, précise l’ouvrage, la récupération par le Maroc de ses provinces sahariennes qui a exacerbé le problème, notamment le Maroc et l’Algérie.
Selon l’auteur, la situation actuelle est préjudiciable à l’ensemble des pays du Maghreb. « La moins-value occasionnée par la non-union est évaluée à des milliards de dollars », ajoute-t-il. Face à ce constat, le Maghreb n’a d’autres choix que de consolider ses rapports avec l’UE. Pour y arriver, conclut l’auteur, un ensemble de mesures et réformes devraient être enclenchées. Parmi elles, la mobilisation de la société civile. De même que des réformes de libéralisation de l’économie et l’émancipation du statut de la femme. Le tout sur fond de négociations et de solutions politiques entre gouvernements pour le renforcement de la coopération bilatérale. Mais au préalable, la base demeure la démocratisation des régimes politiques.
Amin RBOUB pour leconomiste.com
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