“Le prince qui ne voulait pas être roi” (El principe que no queria ser rey) dresse le portrait de Mohammed VI.
“La première fois que le monde s’est aperçu de l’existence du prince Sidi Mohammed, c’était en avril 1974. Le président français Georges Pompidou était décédé quelques jours auparavant. Sous les nervures gothiques de la cathédrale Notre-Dame de Paris avance alors un cortège composé d’une cinquantaine de chefs d’Etat, souverains, ministres, princes et émissaires, au milieu desquels ressort la minuscule figure d’un enfant vêtu d’une jellaba blanche. Il n’a pas encore 11 ans et quelqu’un, dans la lointaine Rabat, a placé sur ses petites épaules tout le poids de représenter un Etat. L’enfant continue d’avancer seul dans le couloir central de Notre-Dame, flanqué de la Garde républicaine, suivi par le colonel Ahmed Dlimi. Une fois assis, il s’est retrouvé encadré entre deux adultes en uniforme militaire et à la poitrine couverte de décorations : les princes Mahmoud Reza Pahlavi d’Iran et Herald de Norvège. Les amoureux de symboles pourraient tirer de cette circonstance toute une théorie sur la trajectoire du pouvoir. Le hasard a situé le futur roi du Maroc à un croisement, entre un Glucksbourg, représentant d’une monarchie démocratique et constitutionnelle, et un Pahlavi, représentant d’une monarchie absolue et despotique. Lequel des deux chemins prendre ? Aucun. Sidi Mohammed n’a pas encore l’âge de décider”.
Auteur : Ferran Sales