
D’aucuns s’étonneront de cette veine érotique chez un poète dont ils ont eu tendance à réduire l’œuvre à l’expérience de l’enfermement et aux accents de la profération. Peut-être m’ont-ils mal lu jusqu’à maintenant ou m’ont-ils lu selon ce qu’ils attendaient de moi. Pourtant, imprévisible, je le suis depuis longtemps, non par coquetterie intellectuelle, mais par déontologie oserais-je dire : remise en question permanente, quête de formes nouvelles, exploration minutieuse de l’inépuisable champ de la littérature.
Qu’on ne fasse donc pas semblant de s’étonner. Avec Les Fruits du corps, impossible de passer à côté de l’un des leviers de ma propre matière littéraire : l’amour dans toutes ses acceptions, l’appréhension sensible et sensuelle des êtres et de tout ce qui peuple l’univers. Ce livre se dresse contre l’hypocrisie et le consumérisme. Il chante à voix basse l’apothéose de l’union des corps, dans la douce-violente folie d’aimer.