
Dans Maghreb pluriel, Khatibi parle des contre-tactiques de certains auteurs maghrébins qui écrivent en français et qui démantèlent les infrastructures idéologiques tout en repositionnant le discours narratif grâce à la création d’un nouvel espace pour leur écriture.
Ils le font en se plaçant de façon radicale dans l’intervalle qui se situe entre l’identité et la différence. "Cet intervalle, nous dit Khatibi, est la scène du texte, son enjeu. Dans la littérature maghrébine, un tel intervalle - quand il devient texte et poème - s’impose par son étrangeté radicale, c’est-à-dire une écriture qui cherche ses racines dans une autre langue, dans un dehors absolu."
Concernant leur inscription à l’intérieur de cet espace entre identité et différence, Khatibi fait allusion, d’un côté, aux tendances antagonistes de l’absolue homogénéité des langues dominantes qui sont à l’œuvre afin d’assimiler tous leurs locuteurs et, de l’autre, à l’altérité radicale des écrivains nord africains par rapport à la culture étrangère (européenne) dominante, qui constitue le soubassement idéologique du langage.