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Maroc-Espagne : une réconciliation centrée sur l’économie

9 décembre 2003 - 18h04 - Monde

La visite au Maroc du président du gouvernement espagnol, Jose Maria Aznar, a relancé les relations économiques entre les deux pays mais n’a pas paru dissiper les difficultés qui demeurent sur plusieurs dossiers politiques.

Les responsables des deux pays, réunis lundi et mardi à Marrakech, ont signé plusieurs accords de coopération, dont trois conventions financières portant sur une enveloppe de 390 millions d’euros - l’accord financier "le plus élevé jamais signé par l’Espagne", a souligné M. Aznar.

Le chef du gouvernement espagnol, venu à la tête d’un importante délégation ministérielle, a eu des entretiens avec le Premier ministre marocain Driss Jettou et a été reçu, mardi, par le roi Mohammed VI du Maroc.

Une première convention financière porte sur une ligne de crédit 270 millions d’euros - dont 50% se traduisent par des dons - pour la réalisation de projets au Maroc par des entreprises espagnoles. A cela s’ajoute un crédit privilégié de 20 millions d’euros destiné à la mise à niveau des entreprises marocaines, et un don de 10 millions d’euros.

Madrid procèdera également à la conversion de 50 millions d’euros de la dette marocaine envers l’Espagne en investissements publics - une opération inédite dans les relations entre les deux pays -, ainsi qu’à la conversion de 40 millions d’euros de cette dette en investissements privés.

Le ministre marocain des Finances Fathallah Oualalou a loué "l’effort financier significatif de l’Espagne" envers le Maroc. Deux autres accords ont été signés, concernant l’emploi et la relance des relations culturelles entre les deux pays.

Mais cette sixième "réunion de haut niveau" hispano-marocaine n’a pas donné de résultats tangibles sur les plusieurs dossiers de discorde entre Madrid et Rabat.

Un mémorandum sur l’immigration clandestine, portant notamment sur le rapatriement des mineurs marocains arrêtés en Espagne, a fait l’objet d’un accord de principe mais n’a pas été signé. Les marocains, selon un délégué, doivent encore mettre en place "les instruments permettant l’accueil des jeunes concernés".

D’importants thèmes de friction entre Rabat et Madrid ont peu ou pas du tout été évoqués dans les conclusions de la rencontre. C’est le cas de la pêche, de l’exploration pétrolière off-shore et du statut des présides espagnols Sebta et Melilla dans le nord marocain.

Le conflit du Sahara, un dossier dans lequel les Marocains accusent Madrid de soutenir les positions indépendantistes du Front Polisario, a été évoqué pour réaffirmer, de part et d’autre, des positions officielles qui sont loin d’être identiques.

Alors que Rabat conteste vivement un plan de règlement "approuvé" par l’ONU en juillet dernier, qui prévoit dans cinq ans un référendum d’autodétermination, M. Aznar a réitéré, lors d’une conférence de presse donnée à la fin de sa visite, son ferme soutien à la "légalité internationale" - même s’il a souhaité qu’aucune solution ne soit "imposée".

Le Premier ministre marocain Driss Jettou a lui aussi rappelé la position de son pays, estimant que les progrès de l’intégration régionale, dans le cadre de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), étaient tributaires d’une solution ce "conflit artificiel" qui respecte "l’intégrité territoriale" du royaume.

Dans une "déclaration commune" diffusée à l’issue des travaux ministériels, les deux pays se sont "félicités de l’évolution positive et prometteuse" de leurs relations et ont convenu d’organiser une réunion de même niveau l’année prochaine en Espagne.

AFP / TV5

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