
Ils font un tabac aussi bien chez les exclus du derb populaire que dans la jeunesse dorée des quartiers chics. Si le rap et le hip-hop marocain apparaissent de plus en plus comme « la musique de la jeunesse », ce style a par contre d’immenses difficultés à convaincre des maisons de disques et des pouvoirs publics qui hésitent -et ce n’est pas un euphémisme- à cautionner ces expressions inédites de la musique.

Il est énervé, Mobydick. Un peu comme la baleine dont il porte le nom : “Toc Toc, chouf chkoun veut enterrer le rap marocain, le rendre plus underground qu’il ne l’est déjà”, s’insurge en rimes le rappeur rbati, attablé dans un café avec les Slaouis Essofy et Z-One. Les trois rappeurs sont réunis, avec une vingtaine de leurs “confrères” (dont le “faux retraité” tangérois Muslim), dans un projet explosif aux relents insurrectionnels : Mamnou3 f’radio. Une compil’ 100% contestataire, originellement cogitée par Youssef Amerniss, créateur et webmaster du portail Internet Raptiviste.net, avec l’équipe du défunt hebdomadaire L’Espoir citoyen.

Révélé par l’édition 2006 de L’Boulevard, le rappeur Mobydick, Rbati de 28 ans prépare son premier album rap.