"Mohamed Leftah ou le bonheur des mots’’ est l’intitulé d’un ouvrage collectif sur l’écrivain marocain né en 1946 à Settat et décédé le 20 juillet 2008 au Caire.

Samedi 14 février 2009, une Saint Valentin maussade et deuxième jour de la foire du livre et de l’édition de Casablanca. Le matin, le café vient à peine de prendre sa place dans le ventre, ses ondes picotent encore dans le creux du cerveau, réveillent, éveillent un corps ramolli. Dans l’espace Léopold Sedar Senghor, la matinée sera consacrée à un écrivain méconnu du grand public, mort récemment au Caire en juillet 2008. Le Ministère de la Culture rend ainsi hommage à la mémoire de Mohamed Leftah.

Né à Settat, au Maroc, en 1946, Mohamed Leftah, écrivain, fait ses études à Casablanca, puis s’oriente vers une carrière scientifique. Il atterrit à Paris dans une école d’ingénieurs en travaux publics.

L’auteur nous invite dans la pénombre d’une salle qui se trouve au sous-sol d’un bar de Casablanca, portant ce nom prestigieux : ’Le Don Quichotte’.

Avant d’appuyer sur le détonateur, au lieu du Allah al Akbar retentissant, victorieux, glorieux, qui devait accompagner la déflagration, c’est une dénégation désespérée, un “non” déchirant, qui fusa de la gorge de Chahid pour mourir tout de suite après dans le fracas assourdissant qui secouait le bar sur ses fondations.

A Settat, au Maroc, un adolescent se donne la mort devant sa classe, sidérée. Mohamed Leftah était un des élèves. Il revient sur ce geste et livre une chronique acide d’un village marocain dans les années soixante, où se mêlent bigoterie et hypocrisie : des versets vengeurs condamnant à d’éternelles souffrances celui qui ose le suicide, les amours vénales ou homosexuelles comme seuls refuges à la pesanteur sociale, ou à celle qui prétend refaire sa vie, le mépris de tous.

Troublé par la beauté de la photographie d’Aïcha, journaliste et militante féministe, dont le passeport a été confisqué par les autorités marocaines, Khabir, commissaire des renseignements généraux, la convoque pour un entretien.

La narration du vécu prend la forme d’une enquête, ou plutôt d’une quête qui s’ouvre sur un fantastique qui a l’aspect de l’évidence.
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