
Ce livre est une quête d’une quête. Dès ses premières stations, cette quête est devenue une interrogation sur les figures de l’Ailleurs dans l’imaginaire littéraire, esthétique et théorique de quatre auteurs maghrébins et d’un Nord-Africain honoraire (Jean Genet), en particulier dans le questionnement sur l’Autre.

Il était une fois, effectivement, un vieux couple heureux. Des berbères de la montagne marocaine, soumis au rythme doux de la vie villageoise, à l’observation des saisons et des couleurs du ciel. Le vieil homme, revenu d’un passé agité, passe ses journées à calligraphier en langue tifinagh, héritée des anciens touaregs, un long poème à la gloire d’un saint. Sa poésie sera chantée à la radio, diffusée en cassettes, imprimée et reconnue.

Dans les entretiens réunis et présentés dans ce livre, Khaïr-Eddine s’explique lui-même, avec sincérité et parfois avec humour, sur les raisons profondes de cette occultation.
Le protagoniste est un fonctionnaire chargé de mission dans la ville rasée par un tremblement de terre.

Le passé d’un vieillard jaillit, torturé, plein d’odeurs – celle de la mantèque, cette graisse animale dans laquelle on fait la cuisine – et de bouillonements.

Le voyage d’Agoun’chich, qui commence dans l’Anti-Atlas entre Tiznit et Tafraout, a des allures d’épopée moderne.

Son désespoir ne fut jamais seulement social - mais bien, de part en part, ontologique. Ses titres le disent assez Corps négatif, Nausée noire.

Né à Tafraout (sud du Maroc) en 1941 dans une famille de commerçants. Il a vécu à Agadir (1961-1963), à Casablanca (1963-1965), puis 15 ans à Paris (1965-1979) où il y publie beaucoup et anime pour France-Culture des émissions radiophoniques nocturnes, il se marie et a un fils. Il rentre seul au Maroc en 1979, d’un coup de tête dira-t-il.
0 | 8