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Confusion autour de la mort du diplomate marocain au Cameroun

7 décembre 2007 - 10h04
Confusion autour de la mort du diplomate marocain au Cameroun

La nouvelle n’est pas officielle. Mais, selon des sources concordantes, l’enquête conduite depuis près de deux mois par le commissaire Aimé Evina de la police judiciaire vient de tirer ses conclusions. Ces dernières stipulent que Khalid Barnossi, le diplomate marocain mort dans des circonstances dramatiques, n’a pas été assassiné, ainsi que le laissaient pourtant entrevoir les premiers éléments de l’enquête.

Selon des sources, cette nouvelle version tient sur un témoignage récent d’un certain Emmanuel Ndassi, qui est prêt à parier qu’il s’agit d’un accident de la circulation. Il vient de se présenter à la police comme un témoin de ce drame et donne, dans le cadre d’une déposition, à peu près cette version de l’affaire : “J’étais en train de faire du vélo. Il pleuvait ce soir là. A distance, à quelques encablures du lieu du drame, j’ai remarqué comme une tentative de freinage brutal d’une voiture qui roulait à vive allure. Le temps de tiquer, cette voiture est repartie en trombe. Et puis en traversant cet endroit, j’ai vu un homme coincé dans le caniveau, les pieds soulevés en arrière et la tête plongée.”. L’homme poursuit qu’il a dû appeler au secours. Pour que quelques personnes se joignent à lui pour extraire la victime de ce trou.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour décliner cette version ? Emmanuel Ndassi explique qu’il ne vit pas en permanence au Cameroun, qu’il est reparti, après coup, à Bruxelles. Et que, c’est en lisant, via Internet, le développement de la thèse de l’assassinat ou de l’agression mortelle qu’il a décidé de revenir faire ce témoignage. Fort de ce témoignage, la Police judiciaire aurait tranché. Pour dire que la thèse de l’assassinat n’était pas la bonne.

Questions troublantes

Faut-il donc en conclure que les médecins légistes de l’hôpital général qui avaient, à brûle- pourpoint, conclu que Khalid Barnossi était victime d’une “agression mortelle” s’étaient trompés ? Qu’est ce qui peut prouver que cette version de l’affaire est crédible ? Pourquoi n’a-t-on pas encore officialisé cette version qui circule de bouche à oreille dans les rangs des autorités judiciaires ? Nombre d’interrogations demeurent. Surtout que la représentation diplomatique marocaine dit n’être au courant d’aucun nouveau développement de l’affaire. “Nous n’avons pas encore été formellement saisi d’un éventuel rebondissement de ce drame. Nous attendons toujours les résultats de l’enquête que les autorités judiciaires du Cameroun ont ouverte. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attente devient difficile à gérer. La famille de la victime, et c’est son droit le plus absolu, nous a saisi à plusieurs reprises pour savoir ce qu’il en était. Donc, j’espère que nous aurons les résultats de cette enquête le plus tôt possible”, a confié Abdel Fattah Amour, l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Cameroun.

Dans la nuit du 25 septembre 2007, Khalid Barnossi a été retrouvé dans un coma profond par des agents de Group IV Securicor, une société de gardiennage située non loin du lieu du crime, au quartier Bastos. “Ils avaient, expliquait alors un policier aux premiers moments de l’enquête, une blessure au menton, une autre au niveau de la tête et beaucoup d’autres traces de blessures et contusions au niveau du ventre et au pied”. Transporté d’urgence à l’hôpital général de Yaoundé, l’homme s’est éteint sans dire mot, aux premières heures de la matinée du 26 septembre.

La presse marocaine s’en mêle et s’inquiète. La famille du disparu s’impatiente et dénonce la lenteur de l’enquête. Dans Le Reporter et Al Massaa, deux journaux marocains, des voix se sont élevées, ces deux dernières semaines, pour relayer la grogne des membres de la famille de Khalid Barnossi qui “réclament la vérité” sur cette affaire dont on va sans doute encore en entendre parler.

Cameroun Link - David Atemkeng

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