
Dans "Les racines de l’espoir" Mounir Ferram évoque dans sept nouvelles la nostalgie du pays d’origine qui brise le silence de silhouettes humaines éperdument ivres d’ailleurs.

Le refus des autorités algériennes de délivrer un visa d’entrée à Jamel Debbouze, pour la promotion du film Indigènes, est chargé de symboles.
Il s’agit bien de confrontations idéologiques inter-états dont le fondement est incontestablement la question du Sahara. La cause des indigènes, le sacrifice de ces combattants maghrébins pour la libération de la France, leurs mémoires, leurs actes héroïques qui contrastent avec leurs conditions matérielles actuelles sont relégués aux seconds plans ! L’œuvre en elle-même, en tant qu’expression artistique ayant rassemblé des comédiens maghrébins pour une même raison, elle aussi est reléguée aux seconds plans ! La reconsidération de la solde de ces indigènes dont le film est contributeur, n’a pas fait exception non plus !

Etre jeune au Maroc, comme ailleurs, incite à la réflexion sur l’avenir et sur les perspectives à entrevoir. Y a-t-il d’autres alternatives pour certains, sans vouloir englober toute la jeunesse marocaine dans une entité homogène, que l’émigration, le renoncement ou la radicalisation dans ses différentes expressions ? Ces solutions se valent, émanant d’expériences ressenties, souvent, comme une impasse !

Comment justifie-t-on le refus à un humoriste franco-marocain la venue en Algérie pour animer un show ? Que reproche-t-on à Jamel Debbouze ? Son talent ou le fait qu’il soit un « produit marocain » ? Tant de questions sans réponses, qu’on esquive à défaut d’une réponse objective !

Plusieurs marocains de ma génération peuvent être surnommés la « génération du Sahara. » A l’époque nous étions des gamins subjugués par ces milliers de nos concitoyens, traversant nos villes en camions, brandissant des drapeaux marocains et des exemplaires du Coran.

Nul doute que le changement inscrit le monde dans le renouvellement des modes de gouvernance. Les dispositifs cognitifs changent selon les contextes inter-impliquées et mouvants de nos sociétés. Ils nourrissent le politique en analyse et en prises de position complexes à élaborer.

Tout a commencé avec les grands chantiers de construction qu’a connus l’Europe après la deuxième guerre mondiale, avec l’épanouissement économique de cette région du monde. Un immense chantier auquel il manquait des milliers de mains-d’œuvre, il fallait les trouver, les recruter là où souvent la misère, la pauvreté permettent et justifient le déracinement et l’exploitation.

De la proximité avec les citoyens naît la confiance en l’administration qui représente l’état et en consolide la sacralité. En effet, l’administration est le "microcosme" de l’état. Elle en est l’expression dans toutes ses strates, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales.
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