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Poèmes périssables

4 octobre 2008 - Lu: 6048  - Commentaires? - En discuter sur les forums? Poèmes périssables

Quel est ce périssable, en poésie, qui la met au niveau de toutes les autres œuvres humaines ? Même si la question n’est pas formulée, le facétieux du titre en tient lieu.

Après Fragments d’une genèse oubliée, poème-livre au souffle épique, disons-le sans rougir, j’ai éprouvé le besoin de souffler, de ramener la parole au registre du murmure, du bruissement de l’être, de serrer la vision pour la braquer sur tous les éphémères. Ayant lu ce recueil, une amie (Huguette Devalière) m’a écrit ceci, qui me comble par sa complicité : « L’art de la phrase coupée en quatre. Quelques mots à peine cuits autour d’un émincé d’idée débarrassé de toute matière grasse… Il y a comme une urgence de l’époque à sauver les insignifiances, les plaisirs minuscules, les destins ordinaires. On est devenu des ramasseurs de miettes, on picore dans l’angle aigu de l’âme. On rassemble la glanure des frissons, des sensations élémentaires, des joies simples qu’on s’applique à moudre en farine légère… On en a fini avec toutes les vastitudes où l’humanité s’est fourvoyée. On revient aux valeurs sûres : les fourmis, les petits pois, la naissance des seins. On suit les cailloux blancs d’un sentier qui ramène à la maison. On a dix mille ans dans les jambes. »

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