La gouvernance
La démocratie interne :
La conception de la démocratie au sein du parti, repose à l’instar de la démocratie au sein de la société marocaine sur la notion de culture citoyenne et sa déclinaison en droits et devoirs régis par des procédures et des règles objectives.
Parmi les principes régissant le fonctionnement de la démocratie au sein de l’USFP, il convient de mentionner :
L’administration et la Justice
L’administration :
L’efficacité d’une administration citoyenne se reconnaît à sa capacité à remplir ses fonctions au service du citoyen et du développement du pays dans un esprit de neutralité positive et un souci de rendement aussi bien qualitatif que quantitatif. Dans cet esprit, l’édification d’une administration efficace et moderne nécessite, de recourir en amont, lors du recrutement, à des critères objectifs d’égalité, de compétences et de mérite. Elle nécessite en outre, une formation de base et une formation continue pour faire face aux évolutions technologiques et à celles des procédures.
Mais au dessus de tout, elle requiert une forte imprégnation de l’esprit des lois en vue de garantir la nécessaire neutralité positive au service de l’intérêt général dont doit pouvoir se prévaloir tout fonctionnaire. Dans cet esprit, il convient de doter chaque administration publique d’un cahier des charges consignant ses missions, ses objectifs, ses ressources ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sectorielle afin de permettre une évaluation périodique, à la fois sectorielle et globale.
La Justice :
L’USFP attache une importance stratégique à la consolidation d’un pouvoir judiciaire indépendant et efficace.
L’USFP est persuadé, que le rétablissement d’un climat de confiance en la Justice marocaine est de nature à renforcer largement la crédibilité de l’ensemble de l’édifice institutionnel, et, partant, à contribuer à l’éclosion de l’esprit d’initiative et à multiplier les opportunités de développement durable et global. Une Justice au service du développement, se fonde, aux yeux de l’USFP sur deux exigences :
L’institution monarchique
L’institution monarchique a joué un rôle pionnier dans la sauvegarde de l’unité nationale et la souveraineté du pays.
Conscient du caractère déterminant de ce rôle, L’USFP adhère avec une profonde conviction et une grande lucidité à l’idée selon laquelle la monarchie constitutionnelle constitue le régime politique le mieux adapté aux spécificités nationales et culturelles du Maroc.
Refaçonnée et régénérée dans le creuset de la Révolution du Roi et du Peuple, la monarchie constitutionnelle à la marocaine, requiert cependant des réformes qui enrichissent sans cesse son contenu démocratique, dans les domaines économique, social et culturel.
C’est dans cet esprit que le septième congrès de l’USFP a mis en avant la nécessité d’une révision constitutionnelle audacieuse et concertée, orientée vers une gouvernance clairvoyante. Plus précisément, cette révision devrait porter sur l’introduction d’amendements politiques et organiques qui doivent concerner l’institution de la Primature, les modalités de formation du gouvernement, le mode de nomination aux hautes fonctions civiles. Cette révision doit également concerner la modification des attributions de la deuxième chambre ainsi que les pouvoirs et la place de la région dans le cadre de nos institutions territoriales.
L’USFP reste, cependant, persuadé que la seule révision des textes constitutionnels ne suffit pas à garantir une vie politique équilibrée et saine.
Le mode de fonctionnement des institutions et le degré de respect des textes constitutionnels, dans l’esprit et la lettre, ainsi que le fait d’ériger les principes d’éthique et de transparence citoyenne comme code de conduite dans la vie publique constituent, sans nul doute, le meilleur garant d’un système politique et social crédible.
La pauvreté et le chômage
La pauvreté :
C’est dans le cadre d’une approche intégrée et globale que l’USFP envisage la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Cette approche repose sur deux fondements :
La diversité des champs d’intervention et la multiplicité des intervenants rendent plus que jamais nécessaire la coordination des efforts de lutte contre l’exclusion.
Dans cette même optique, la diversité des programmes initiés par les institutions officielles aux côtés des acteurs associatifs, devrait tendre vers davantage de convergence fondée sur l’harmonisation des moyens avec les objectifs, pour réaliser de précieuses synergies. De même, il conviendra de mettre en place des systèmes d’évaluation adaptés aux différents mécanismes d’intervention. Toutefois, le traitement humain et caritatif de la pauvreté ne devrait être que provisoire, et devrait contribuer à créer les conditions d’un développement social durable.
Enfin, pour éviter le maintien des bénéficiaires dans des situations d’assistanat, les programmes d’urgence (logement, revenus, formation, équipements de base) devraient s’appuyer sur les capacités individuelles des bénéficiaires.
Dans ce domaine, les politiques de lutte contre la pauvreté, devraient à leur tour s’affranchir de l’approche purement humanitaire et s’instituer autour des impératifs de citoyenneté et d’égalité des droits. Deux dimensions interdépendantes définissent cette stratégie :
La mise en œuvre de cette stratégie requiert, en permanence, la sensibilisation, la mobilisation, la clarté des objectifs, ainsi qu’une bonne définition des échelles de priorités.
Parmi les mesures prioritaires, l’accent devrait être mis sur :
Le chômage :
La résorption du fléau du chômage nécessite, outre la poursuite de l’effort en vue d’une croissance élevée, la diversification du tissu productif et sa répartition équilibrée sur le territoire national. Elle nécessite par ailleurs le renforcement des mécanismes d’accompagnement visant à faciliter les retours à l’emploi et à consolider les emplois existants. A ce propos, il importe de restructurer et de rationaliser les activités de l’ANAPEC, en créant un « observatoire du marché du travail » chargé de produire des études factuelles et prévisionnelles permettant d’éclairer le choix des décideurs et d’évaluer les politiques publiques en la matière.
S’agissant du chômage des diplômés, l’accent devrait être mis sur les mesures suivantes :
Par ailleurs, la lutte contre le chômage structurel ou conjoncturel requiert l’accompagnement des catégories les plus touchées par des formations de mise à niveau.
La lutte contre la corruption et le clientélisme
Dans ce domaine, il convient d’impliquer des ONG et les associations professionnelles concernées en vue d’ériger un « Observatoire indépendant de lutte contre la corruption ».
Mais la définition d’une politique audacieuse contre toutes les formes de corruption - celles concernant les marchés publiques, le rapport du citoyen à l’administration et à la Justice - n’a de sens que si elle livre un combat résolu contre les monopoles, les rentes de situation et privilèges de toutes sortes, en tournant définitivement la page de l’impunité.
Mener cette politique à son terme implique le recours à un appareil spécialisé, qui relève de la police judiciaire, chargée de poursuivre les réseaux mafieux de corruption et de clientélisme en vue de les éradiquer.
Ces actions de prévention et de répression devraient être complétées par un train de mesures éducatives autour des valeurs de citoyenneté et de probité.
Le système éducatif
Les orientations de la « Charte pour l’éducation et la formation » constituent une feuille de route en vue d’améliorer le système éducatif marocain. L’édification de la société des sciences et des savoirs requiert en premier lieu la mobilisation de tous les acteurs du système éducatif. Par ailleurs, la réforme du système éducatif doit être en adéquation avec la stratégie nationale de développement économique.
Parmi les mesures qui devraient prévaloir dans la mise en œuvre de la politique nationale d’éducation, l’accent doit être mis sur :
Le système de santé
L’un des indicateurs de développement humain est incontestablement traduit par la qualité des services de santé tant au niveau de la prévention que des soins.
C’est également un indicateur économique exprimant la capacité des ressources humaines à jouer un rôle moteur dans le processus de développement.
Le redressement du secteur marocain de la santé requiert le rattrapage des déficits d’investissements dans ce secteur et dont pâtissent les régions et les catégories sociales défavorisées. Cet effort de redressement doit être centré sur les petites villes et le monde rural, notamment par la mise en place d’une carte sanitaire rationnelle, répondant aux besoins des populations.
Parmi les mesures urgentes à édicter, en précisant les modalités de leur mise en œuvre, il importe de mettre l’accent sur la restructuration de l’offre des services de santé en faveur d’un véritable équilibre géographique.
Cette restructuration doit concerner également le Conseil de l’ordre des médecins, par l’actualisation et la clarification du code de déontologie médicale.
Pour ce qui est du secteur public, il convient d’autonomiser et de responsabiliser les hôpitaux, et de rationaliser leur gestion, en veillant à la mise à niveau des infrastructures et des équipements médicaux. En la matière, il convient de doter les unités médicales d’un seuil minimal d’équipements assorti d’obligations généralisées de conclure des conventions de maintenance.
S’agissant des ressources humaines, il est impérieux d’élaborer un programme de formation continue et, pour assurer la relève générationnelle des professions médicales, mettre en place un plan de formation national en l’accompagnant par une profonde révision du système « du temps plein aménagé ». Il est également important d’élargir les sources de financement du secteur de la santé, et de définir une politique nationale de fabrication et de disponibilité du médicament.
Sur la base de cette orientation, l’effort doit porter sur les actions suivantes :
Le monde rural
Au cœur du projet de développement national global et intégré, figurent les objectifs de promotion et de modernisation des structures socio-économiques dominantes dans le monde rural. La réforme de ces structures passe par la concentration des efforts sur la formation du citoyen rural, et la diversification de ses activités économiques.
Parmi les réformes majeures dont le monde rural a un besoin urgent, il convient de :
La stratégie industrielle
Le secteur industriel se caractérise par sa grande vulnérabilité représentant 16% du PIB et seulement 12% de l’emploi. Sa principale faiblesse réside dans l’effritement de sa capacité de production en raison de la prééminence du secteur de l’agro-alimentaire et du textile. Outre sa faible diversification, ce secteur accumule des contraintes d’ordre structurel qui érodent sa compétitivité. Le plan Émergence a le mérite de mettre l’accent sur cette problématique et prône une stratégie volontariste visant la promotion de sept secteurs porteurs à l’horizon 2015. La préoccupation qui guide cette stratégie est le renouvellement de la base productive en améliorant son intégration aux échanges mondiaux.
Il en découle, en substance, une exigence de mobilisation conséquente de tous les acteurs du champ industriel dans les directions suivantes :
L’environnement
Les mécanismes du développement propre constituent, aux yeux de l’USFP, la meilleure forme de développement durable. Ces mécanismes visent à intégrer l’exploitation des ressources naturelles, notamment l’eau et l’énergie, dans une équation de développement écologique préservant ces ressources et rationalisant leur consommation.
Les choix prioritaires de l’USFP s’articulent autour des actions suivantes :
Le développement culturel
La protection de l’identité marocaine et la promotion de ses vecteurs matériels et symboliques passent nécessairement par l’adoption de la logique de l’exception culturelle comme garant de la diversité des biens culturels. Dans ce cadre, l’USFP appelle au renforcement des mesures d’émulation et de soutien que les pouvoirs publics accordent aux créations littéraires, théâtrales, télévisuelles et cinématographiques, ainsi qu’à la densification du réseau des bibliothèques publiques, des maisons de la culture, des galeries d’exposition, des musées nationaux et locaux.
L’effort de l’Etat et ceux des collectivités locales doivent se conjuguer pour promouvoir les festivals de musique, les festivals des cultures locales, ainsi que les foires artisanales.