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Programme de l’Union Socialiste des Forces Populaires

19 novembre 2011 - 10h29
Programme de l'Union Socialiste des Forces Populaires

Ce programme s’inscrit dans l’optique d’une réforme politique et constitutionnelle visant l’édification d’un régime de monarchie parlementaire, pour laquelle l’Union Socialiste des Forces Populaires a toujours milité. Ce choix stratégique se traduit aujourd’hui dans les faits et dans la conscience collective, alors que notre pays inaugure une nouvelle étape de son histoire politique ; celle de la mise en œuvre des contenus de la nouvelle constitution et du début de la transformation de l’action gouvernementale en une action régie par des normes de séparation des pouvoirs, de la responsabilisation, de la reddition des comptes et de la soumission à une évaluation périodique.

Notre programme témoigne de notre engagement à développer et moderniser les méthodes et les modes d’interventions publiques tant centrales que locales, de manière à ce qu’ils deviennent effectivement des outils d’accompagnement et d’encadrement stratégiques des projets de développement économique et social dans le cadre des choix et des programmes telles que les institutions représentatives élues les élaborent, les décident et en rendent compte.

Dans le cadre de son projet sociétal progressiste, l’Union Socialiste s’engage à orienter l’action gouvernementale vers une contribution effective à l’édification de fondements d’une économie forte, d’une société de justice et d’équité, à travers l’introduction de réformes structurelles et audacie ses à la structure du mode de développement économique, social et culturel et à travers la définition des rôles attribués aux institutions de l’Etat, au secteur privé, à la société civile, mais aussi par la démocratisation des mécanismes de participation innovante des groupes socioéconomiques, dans le cadre des dispositions de la séparation des pouvoirs et de la bonne gouvernance de la chose économique et sociale tel que stipulé par le texte de la nouvelle constitution.

C’est un engagement que traduit le programme de l’Union Socialiste sous forme d’orientations stratégiques, d’objectifs et de mesures réalisables et opérant une rupture avec l’économie de rente tant dans sa logique générale que dans ses pratiques et ses prolongements dans le domaine politique et société ale à travers la dépravation de la pratique politique, la pollution et la perversion du paysage politique ,la propagation du désespoir, de l’individualisme, de l’arrivisme et de l’opportunisme.

Le programme de l’Union Socialiste a pour principaux objectifs le renforcement des capacités de notre économie à créer de la richesse en augmentant le taux de croissance à un niveau tel qu’il permettra de surmonter le chômage et de réduire de manière significative la pauvreté, les déficits et les iniquités sociaux.

Ce programme vise la reconstruction des grands équilibres sociaux et économiques de notre pays, afin de restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs. Aussi, notre programme est un plan de gestion démocratique des affaires de notre patrie. Aussi est-il en pleine harmonie avec les objectifs 2 de cette phase transitoire caractérisée par de profonds changements et des besoins croissants et constamment renouvelés C’est un programme volontariste visant à rehausser la gestion des affaires publiques au niveau d’une pratique objective fondée sur l’adoption de l’intérêt général pour les réalisations et la reddition périodique des comptes dans le cadre institutionnel résultant de l’expression suprême de la souveraineté de la nation tel que énoncé par l’article 2 de la constitution Le programme de l’Union Socialiste tire les leçons du bilan d’une expérience autant que de l’accumulations de notre action politique comme parti ayant assimilé les raisons institutionnelles qui ont entravé et limité les initiatives du gouvernement d’« alternance consensuelle », en particulier, et à la participation de l’USFP au gouvernement, en général, et qui ont contrarié l’évolution des réalisations, la réponse aux besoins du pays et la satisfaction des aspirations et des attentes des citoyennes et des citoyens.

Par ailleurs, le programme prend en compte le contexte international et les contraintes qu’il constitue par rapport à l’économie marocaine , les efforts supplémentaires et convergents à fournir pour affronter ce dont la crise mondiale est porteuse et notamment en matière de reflux des volumes des échanges de marchandises et de la diminution des flux de l’investissement étranger et les opportunités et les changements de la structure de nos échanges et de nos partenariats qu’elle entraîne.

Le programme électoral de l’USFP se base, dans les domaines politique, culturel, économique et social, sur six orientations stratégiques constituant les piliers objectifs de l’élaboration de politiques publiques globales et intégrées qui assurent la synergie entre les différentes stratégies sectorielles et créer les conditions de la cohésion sociale.

Première orientation stratégique

Edifier les bases d’un champ politique objectif fondé sur les règles de la pratique démocratique.

  •  Les élections électorales constituent aux yeux de l’Union Socialiste une étape centrale dans le processus démocratique de notre pays et une occasion réelle pour que la représentativité parlementaire et la mise à jour de la carte politique soient à la hauteur du mouvement démocratique et social que connaît le Maroc dans le contexte du printemps arabe et des changements internationaux. Ce mouvement vise, à travers toutes ses manifestations, à mettre fin à toutes les formes et tous les mécanismes de la corruption, du clientélisme, d’interférence du pouvoir économique et du pouvoir politique, et de la domination de la culture de rente y compris la rente politique qui a terni et dévalorisé la pratique politique. Cette occasion aurait pu être probablement plus productive si elle disposait d’un autre agenda qui faciliterait les conditions de son assimilation et de sa préparation.
  •  Les événements montrent que les choix fondés sur l’absolutisme, la main mise sur les rouages du pouvoir et de l’Etat sont erronés. Ils apportent la preuve concrète du rendement de la méthode basée sur la création de faux partis et alliances. Ces événements confirment la nécessité d’édifier une société démocratique qui reconnaît au peuple le droit de constituer son régime politique, fondé sur la suprématie de la loi et des institutions. Si le Maroc se distingue aujourd’hui, c’est certainement par la position intelligente de toutes les composantes essentielles de la scène politique, étant donné que le mouvement du 20 février a joué un rôle d’alerte et que le discours royal du 9 mars a répondu aux attentes, en constituant une commission consultative pour la préparation du projet de constitution et initié ainsi nouvelle dynamique politique, syndicale, civile, médiatique et académique et qui a été couronnée par l’approbation massive de la nouvelle constitution menant aux élections législatives que nous vivons aujourd’hui.
  •  Dans cette perspective et de par sa responsabilité, l’Union Socialiste s’est impliquée dans les différentes étapes de cette dynamique nationale. Elle se mobilise aujourd’hui, avec l’optimisme renforcé par l’adoption de la nouvelle constitution, pour œuvrer à court terme et durant la prochaine période législative à concrétiser l’institutionnalisation adéquate de ses dispositions et respecter son esprit et sa philosophie et de ses dispositions.

    I- L’appropriation de l’Etat par la société : vers une légitimité renouvelée et de nouvelles fonctions de l’Etat.

    Comme l’Union Socialiste des Forces Populaires a milité, sous la direction de feu Abderrahim Bouabid dans le sens d’une « nationalisation de l’Etat", la tâche centrale aujourd’hui pour l’USFP est d’œuvrer à la transformation de l’Etat d’un régime enchainé par des manifestations de despotisme, en un outil de prise en charge et d’accompagnement de la transformation démocratique répondant aux besoins de garantir la sécurité et l’équilibre social et à veiller à une répartition plus équitable des richesses, à servir l’intérêt public et à promouvoir un environnement de jouissance des droits et libertés. En particulier à :
    * Reformuler les fonctions et rôles de l’Etat conformément à la Constitution et ses dispositions pour entrer dans l’ère de la monarchie parlementaire, de sorte que l’Etat soit réconcilié et en harmonie avec la société et à son service et ce, à travers la mise en œuvre de la régionalisation élargie.
    * Lutter contre tous les mécanismes, les formes et les niveaux de la corruption, à travers notamment la séparation du pouvoir de l’argent et des affaires.
    * Rompre avec toutes les formes de la dépravation du champ politique et participer ainsi à la moralisation de la vie publique et garantir des élections libres et honnêtes

    II- Consolidation des droits et des libertés

    Le processus d’application des droits et libertés consacrés par la nouvelle constitution, pour lesquels l’Union socialiste n’a cessé de lutter et de consentir des sacrifices en toute occasion, constitue une orientation essentielle dans la politique progressiste du parti, car il est lié à son tour, d’une part, à la volonté politique pour l’émancipation du citoyen marocain, et aux perspectives de développement de l’ensemble de la société marocaine, d’autre part. Dans cette perspective, l’Union socialiste s’engage à faire en sorte que le travail du gouvernement s’oriente vers :

  •  L’adoption des mécanismes internationaux de la jouissance effective des libertés et des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels ;
  •  L’augmentation du nombre de femmes, au moins à un tiers, dans les centres de prise de décision et à responsabilité au sein des institutions représentatives et les administrations publiques et les entreprises du secteur public ;
  •  L’activation du Conseil Supérieur de la Parité en nommant une femme à sa tête et la constitution de sa structure fondée sur la parité afin qu’il soit un exemple et joue son véritable rôle dans la traduction de ce principe ;
  •  la mise en œuvre d’incrimination et des procédures de lutte contre la violence à l’encontre des femmes ;
  •  l’activation du Conseil consultatif de la Famille et de l’Enfance ;
  •  la création du Conseil consultatif de la jeunesse et l’action associative afin qu’il puisse contribuer à la réalisation des objectifs de mobilisation des jeunes au développement de leurs connaissances et à leur formation pour qu’ils puissent s’impliquer dans le combat du développement et contribuer à leur tour à la lutte contre les fléaux de l’analphabétisme, de l’ignorance et du chômage.

    III - Pour une séparation des pouvoirs équilibrée et efficace

    Et pour donner effet à ce principe conformément aux dispositions de la Constitution du Royaume, notre parti s’engage à œuvrer, en particulier, pour :

  •  mettre en œuvre les nouvelles attributions du Parlement ;
  •  accélérer le rythme de la poursuite des réformes du chantier judiciaire afin d’assurer l’indépendance effective de la justice des autres pouvoirs et influences différentes, augmenter la performance et l’efficacité du système, améliorer les méthodes d’accès à la profession et la formation des magistrats et réformer toutes les professions inhérentes à la justice ;
  •  créer un Conseil d’Etat en tant que tribunal administratif de cassation, et autorité de consultation juridique obligatoire pour le pouvoir exécutif.

    IV - Pour une position de choix pour notre pays dans le système mondial

    Dans ce contexte, l’Union socialiste confirme sa ferme détermination à défendre l’approche d’une politique étrangère qui vise, dans ses objectifs fondamentaux, à contribuer aux efforts internationaux pour une mondialisation contrôlée et à dimension humaine, garantissant le droit des États au développement économique, social et culturel et le droit des peuples à une vie décente. Cette approche se manifeste essentiellement par :

  •  la poursuite des efforts diplomatiques en vue de l’adoption d’une solution politique négociée sur la question de l’intégrité territoriale basée sur l’initiative d’autonomie, de manière à consacrer la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis dans le cadre du projet démocratique moderniste dans lequel le Maroc et toutes ses composantes se sont impliqués ;
  •  tirer profit des changements que connait la région du Grand Maghreb et qui ont mené à la chute des symboles des régimes despotiques en Tunisie et en Libye, afin de réactiver la construction du Maghreb sur des bases démocratiques et pluralistes. Il faut considérer les relations avec l’Algérie comme essentielle à cette construction et faire face aux risques géopolitiques émanant de la proximité du désert du Sahel, sans oublier de travailler à convaincre les acteurs dans la région de la nécessité d’impliquer le Maroc et d’imposer sa présence lors de tous les arrangements régionaux visant à faire face à ces risques ;
  •  œuvrer à la reconstruction du régime arabe, à la poursuite de l’ouverture sur l’espace africain et au renforcement du partenariat euro-méditerranéen ;
  •  tenir compte du poids humain et géoéconomique que représente l’immigration marocaine en Europe, affectée de manière positive ou négative par les changements que connaissent les pays d’accueil, afin de poursuivre les efforts consentis en vue de lutter contre les réseaux d’immigration clandestine, d’élargir les possibilités de développement et de négocier avec le partenaire européen une gestion organisée et agréée de la migration.

    Deuxième orientation stratégique

    Une économie nationale forte et diversifiée avec un taux de croissance ambitieux et régulier, génératrice de travail décent et basée sur une répartition équitable des richesses

    Le programme électoral proposé dans le domaine économique se fonde sur six objectifs stratégiques, piliers de la construction de politiques publiques globales et intégrées, assurant un lien entre les différentes stratégies sectorielles et garantissant les conditions de la cohésion sociale.

    Notre programme confirme l’engagement par rapport aux objectifs des stratégies sectorielles, dont l’expérience a montré qu’il était nécessaire de les renforcer, en particulier le programme de l’industrialisation « Iklaâ » et le plan « Maroc Vert » et ce, dans le cadre d’un plan intégré de développement économique et social. En effet, l’Union socialiste considère que les conditions économiques et sociales que connaît notre pays nécessitent l’introduction de réformes structurelles et la prise d’initiatives et des mesures audacieuses visant la réalisation d’un saut qualitatif permettant d’atteindre progressivement un taux de croissance moyen de 7% dans les dix prochaines années afin de répondre aux besoins essentiels de l’emploi et de revenus et combler le déficit de la balance de paiement et ceux à travers la mise en œuvre des six objectifs suivants :

    I. reconsidérer la gouvernance des politiques publiques et l’établissement d’un environnement sain pour les affaires, qui tranche avec les pratiques de l’économie de rente et de monopole et établit les règles de la concurrence loyale. Cet objectif appelle plusieurs mesures, notamment :

  •  Réduire le pouvoir discrétionnaire de l’administration et lui interdire pendant trois ans de continuer à exiger des citoyens des documents qui peuvent être obtenus auprès d’autres services publics, mais aussi simplifier les procédures administratives dans le domaine de l’investissement, l’urbanisme et la construction
  •  mettre fin au système des Licences et Agréments dans des secteurs tels que la pêche maritime, le transport et les carrières, et le remplacer par une procédure d’appel à projets qui seront examinés selon des procédures et conditions prédéfinies et connues de tous ;

    II. Accroître les capacités et la compétitivité de l’économie nationale dans le but de doubler le PIB par habitant au cours des dix prochaines années, grâce à l’adoption de l’industrialisation comme priorité pour bâtir une économie marocaine forte, basée sur une planification stratégique du développement industriel qui intègre efficacement et de manière croissante les divers secteurs de services, de l’agriculture, de la pêche, de l’artisanat et des activités écologiques et s’oriente principalement vers certaines spécialités à forte valeur ajoutée, à travers une approche globale comprenant essentiellement ce qui suit :

  •  La cohérence entre les stratégies sectorielles actuelles, ainsi que la mise en exergue et l’accompagnement de nouveaux secteurs tels que les énergies renouvelables, l’éco-industrie, l’industrie chimique et pharmaceutique, les industries culturelles et les technologies liées aux nouveaux services, dans le but de diversifier la production dans le cadre des contrats de développement pour l’investissement et l’emploi ;
  •  La préparation d’une stratégie visant à stimuler l’investissement dans l’économie verte et l’application de la Charte de la préservation de l’environnement et du développement durable ;
  •  Le renforcement et développement de mécanismes d’intégration de l’économie sociale.

    III. Améliorer les conditions de financement de l’économique et l’élaboration de nouveaux types de financement basés sur le partenariat entre les secteurs public et privé, qui adoptent des mesures dont nous citons à titre d’exemple :

  •  renforcer les précautions spéciales pour les banques et les exhorter à accompagner les entreprises, notamment les PME.
  •  adopter un taux d’intérêt faible pour le démarrage durant les premières années d’exploitation des projets des PME.
  •  créer de nouveaux mécanismes pour la promotion de la petite épargne, développer l’épargne à long terme et renforcer les institutionnels de l’épargne.
  •  garantir le paiement par les banques de la contribution au financement et mise en œuvre des projets et programmes sectoriels, et le renforcement et la diversification de leurs contributions dans la chaine de développement régional.
  •  développer et améliorer la gestion du fonds des « Marocains du Monde » pour appuyer les investissements dans leur pays d’origine.

    IV. Mettre le système fiscal au service de la justice sociale et promouvoir les objectifs du développement humain en imposant à tous (citoyens, entreprises, institutions à but lucratif ...) le devoir de la déclaration des revenus et de l’impôt obligatoire et en allégeant le taux d’imposition pour les nouvelles PME et pour le capital productif ; en contrepartie, assujettir les capitaux non productifs (richesses et avoirs gelés) à des prélèvements fiscaux incitatifs, à travers les mesures suivantes :

  •  adoption d’un impôt exceptionnel de solidarité afin de faire face au déficit social chronique et pour une meilleure équité et un rééquilibre social objectif et garant de la stabilité et de la cohésion sociales,
  •  allègement du fardeau fiscal sur les revenus des classes moyennes, en particulier les revenus professionnels, en révisant les tranches actuelles de l’impôt sur le revenu et en ajoutant de nouvelles tranches sur la base du principe d’une plus grande contribution des revenus élevés,
  •  élargissement de l’assiette fiscale afin d’inclure de manière progressive les activités agricoles des grandes exploitations destinées à l’exportation sans toucher les petits agriculteurs.
  •  Augmentation du plafond de l’impôt sur les sociétés à 35% pour les secteurs qui bénéficient du statut de monopole par une minorité ou d’une concurrence faible ou inexistante comme les secteurs des communications, du ciment, des grands espaces commerciaux, par exemple ;
  •  L’adoption de la taxe sur la valeur immobilière non construite dans les zones urbaines et sur les logements vacants, ainsi que l’augmentation de l’impôt sur les bénéfices réels de spéculation immobilière de 20% à 35%.
  •  Réforme fiscale de la patente pour encourager l’investissement.

    Troisième orientation stratégique

    Instaurer un nouveau contrat entre l’école et la société pour permettre à l’école marocaine de récupérer ses lettres de noblesse et de se renforcer en tant qu’institution afin de faciliter l’intégration et de garantir l’égalité des chances.

    Ce programme est destiné à traiter les obstacles, défaillances et carences ancrés et répandues dans la perception globale de l’éducation au Maroc et de la valeur du niveau général de l’enseignement.

    Le programme proposé par l’Union socialiste vise à instaurer un nouveau contrat entre l’école et la société afin de surmonter les obstacles découlant de l’application tronquée des directives de la Charte de l’éducation et de la formation et donner un souffle nouveau et puissant à l’exigence de la réforme de l’éducation pendant la prochaine décennie : six objectifs en plus du programme d’urgence intégré visant à lutter contre l’analphabétisme et l’abandon scolaire :

  •  Augmenter la moyenne générale de la durée de scolarisation de 5 ans à 7 ans, et ainsi agir pour prolonger l’espérance de la vie scolaire à 14 ans, c’est-à-dire le baccalauréat et plus.
  •  Réduction des disparités sectorielles et sociales au niveau de l’accès aux services de l’éducation en tant que droit essentiel de citoyenneté, disparités encore trop grandes au Maroc (57% contre 30% au Brésil et 27% au Mexique) et de œuvrer pour réduire cet indice à 30%.
  •  Valoriser les ressources humaines matériellement et moralement et en renforcer les capacités dans le but de réhabiliter les professions de l’éducation et de la formation ;
  •  Accorder une grande importance aux problèmes qui ont un impact critique sur la qualité du système éducatif ;
  •  Instaurer un système pour contrôler et superviser le système d’éducation et de formation qui soit basé sur la définition des responsabilités et sur des mécanismes d’évaluation ;
  •  L’ouverture réelle du système sur son environnement économique avec une forte implication du monde de la production dans le système éducatif.

    Quatrième orientation stratégique

    Bâtir une société qui recrute, notamment les jeunes dans un cadre contractuel entre l’Etat et le secteur privé et encourager la décentralisation de la promotion de l’emploi.

    Le programme de l’Union socialiste considère la question de l’emploi, et notamment l’emploi des jeunes (15 à 35 ans), comme un défi majeur pour les choix politiques du gouvernement dans les années à venir.

    En général, si la résolution du problème du chômage est associée principalement à la capacité réelle de renforcer l’économie nationale et d’accélérer le rythme de croissance définie dans l’orientation stratégique de ce programme, le traitement de ce fléau impose, en parallèle, l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques volontariste pour la promotion de l’emploi des jeunes afin que ces derniers reprennent confiance dans la société et ce à travers des initiatives coordonnées et des actions visant à donner une nouvelle dynamique au marché du travail en général, et aux composantes de ce marché offrant des postes d’emploi à court et moyen termes en particulier. Cela nécessite un engagement traduit par les mesures principales suivantes :

    I. Le renforcement des mesures publiques actuelles pour la promotion de l’emploi dans le secteur privé et dans des associations d’utilité sociale (contrat d’emploi, contrats d’insertion professionnelle, formation contractuelle en vue de l’emploi, contrat d’intégration des demandeurs en situation de handicap...) pour qu’elles deviennent un cadre contractuel entre l’Etat et le secteur privé afin de permettre aux jeunes diplômés d’accéder à un premier emploi dans le cadre d’un contrat de travail à durée déterminée (2 ou 3 ans) avec une définition claire des obligations des employeurs et des pouvoirs publics.

    II. Adoption d’une nouvelle formule du système de service national dans la fonction publique et l’élargir pour inclure les municipalités locales, les établissements publiques et le privé

  •  Combler les carences et le déficit dans l’encadrement de certains secteurs vitaux (éducation, santé, alphabétisation, protection civile... et services faisant l’objet d’accords de partenariat entre l’Etat et des institutions publiques dans le domaine de l’intégration des jeunes diplômés chômeurs, et l’encadrement des travaux d’intérêt public au niveau des communautés locales, etc.).

    III. Encourager les diverses formules d’auto-emploi et mettre en place un cadre juridique pour développer le système d’incubation de projets d’auto-emploi durant les premières années de leur lancement (5 ans).

  •  Créer un fonds national permanent pour la restructuration des entreprises,
  •  Établir un nouveau cadre juridique pour les stages professionnels
  •  Mettre en place un nouveau cadre juridique pour la création d’un système d’incitation à l’auto-emploi en accordant des aides et subventions publiques aux niveaux central et local, et développer le système d’incubation des projets d’auto emploi durant les premières années de leur lancement (5 ans).

    Cinquième orientation stratégique

    Réorienter les politiques sociales au service des grands équilibres sociaux et lutter contre la vulnérabilité, la pauvreté et toutes les formes d’exclusion sociale et sectorielle, à travers des initiatives et des mesures dans les six domaines prioritaires suivants :

    I. Œuvrer à fournir un logement décent et diversifié

  •  Offrir un logement décent à tous, en accélérant le rythme de production des logements sociaux et la promotion du logement locatif et développer une nouvelle approche transparente pour combattre le fléau de l’habitat insalubre, mais aussi mettre en place de nouveaux mécanismes pour contrôler le marché immobilier et lutter contre toutes les formes de spéculation et de monopole,
  •  La restructuration des quartiers sous-équipés, des vielles villes (médinas) et des logements menaçant de s’effondrer en chargeant les agences urbaines du suivi et de la supervision des projets de la réhabilitation des quartiers sous-équipés et des villes émergentes dans les zones rurales. Les agences urbaines seraient également en charge de la réhabilitation des vieilles maisons et des logements fragiles et de la réhabilitation urbaine.
  •  Introduire des mesures fiscales incitatives pour les familles qui optent pour la location.
  •  Transférer le Fonds de solidarité logement à une agence pour la Solidarité Logement afin qu’elle bénéficie de la taxe sur le ciment et d’autres financements.

    II. Reconstruction du système de santé national sur la base du principe de la santé pour tous consacré par la nouvelle constitution, dans le cadre de la "charte nationale pour la santé ».

    Cette Charte devrait inclure des mesures et procédures d’urgence au cours des cinq prochaines années, mettant l’accent en particulier sur :

  •  L’accélération de la réforme des hôpitaux publics afin qu’ils soient une référence de la qualité des services médicaux,
  •  La révision de la carte sanitaire en vue de la rationalisation et la répartition équitable des ressources humaines et des infrastructures basée sur la complémentarité entre secteurs public et privé et l’équilibre entre zones urbaine et rurale,
  •  L’élaboration d’une véritable politique de prévention sanitaire et de la santé reproductive,
  •  La mise en place d’un système pour la formation des médecins et des professionnels de la santé pour combler le déficit dans ce domaine (le Maroc a besoin de plus de 3.300 cadres médicaux) pour atteindre le ratio d’encadrement selon les normes internationales, et ce à travers la programmation et la création d’une faculté de médecine dans toutes les provinces du Royaume d’ici 15 ans avec en moyenne la création d’une faculté tous les deux ans et créer des centres de formation des profession de santé,
  •  La valorisation morale et matérielle des professions de la santé et la mise en place de règlements spécifiques à certaines professions notamment celles de l’aide des personnes aux besoins spécifiques.
  •  La réduction des prix des médicaments et l’accélération des réformes adoptées dans ce domaine tout en encourageant l’utilisation de médicaments génériques.
  •  La promotion du secteur de la santé comme pilier du développement et de la création d’emplois grâce à la mise en place de mécanismes visant à encourager les investissements dans le domaine de la santé, la production, l’innovation et la fabrication de médicaments et de matériels médicaux afin de minimiser les coûts de production et des services.

    IV. Garantir un seuil minimal commun de protection sociale pour tous.

  •  Malgré les progrès réalisés dans le domaine de la protection sociale depuis le gouvernement d’alternance, et qui se sont manifestés notamment par l’adoption de l’assurance maladie obligatoire (AMO), et l’élargissement de la couverture de 15% à 34% de la population, le défi de la généralisation du seuil minimal commun de la protection sociale, tel que défini par l’Organisation Internationale du Travail et l’Organisation Mondiale de la Santé, est désormais une nécessité urgente pour le développement humain.
  •  La proposition présentée pour la protection sociale se base sur un système global intégrant la couverture de base et des systèmes de couverture complémentaire, moderne et permanente, s’appuyant sur le principe de la solidarité, la justice et la bonne gouvernance, et financé par les cotisations des affiliés et des employeurs. Pour mettre en œuvre cette vision, nous proposons ce qui suit :
    * Elargir la couverture de base à tous pour inclure tous les risques sociaux dans un délai de 5 ans (une couverture de santé, perte d’emploi, retraite, système d’allocations familiales, accident de travail...)
    * Réviser le système d’assurance sur les accidents de travail en vue de l’intégrer au système de sécurité sociale
    * Homogénéiser les systèmes de couverture sociale en vu de l’unification des fonds, et renforcer et élargir la mutualisation afin de couvrir un large éventail des risques sociaux et créer un cadre institutionnel pour la collecte de l’assurance sociale de base selon la nature du risque social et non sur la base des catégories sociales.
    * Instaurer un système d’assistance sociale, à côte du système de protection sociale, en faveur des personnes à faible revenu, financé par les pouvoirs publics, à travers la mise en œuvre du RAMED à partir de 2012 ; la mise en place d’une pension de vieillesse au profit des personnes âgées en situation difficile et l’instauration de la gratuité de la couverture médicale pour les personnes ayant des besoins spécifiques qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale.
    * Développer et réviser les accords conclus avec les pays de la diaspora dans le domaine de la protection sociale et les soins de santé.

    IV. Renforcer les leviers de l’économie sociale et solidaire :

    La promotion de cette importante et vitale composante économique et sociale pour l’équilibre général de la société marocaine nécessite l’élaboration d’une politique volontariste pour consolider la position de l’économie sociale dans l’économie nationale en tant que levier pour le développement ; une politique de proximité, multidisciplinaire et multisectorielle, génératrice d’emploi et orientée vers la modernisation des secteurs traditionnels et leur intégration dans la structure de l’économie à travers les mesures nécessaires dont nous citons :

  •  L’amélioration et la réhabilitation du cadre juridique et institutionnel des composantes de la solidarité économique et sociale qui définit en particulier le rôle des acteurs et leurs domaines d’intervention ainsi que les moyens de gestions des ressources financières et humaines,
  •  La préparation, en coordination avec les institutions travaillant dans ce domaine et les acteurs sociaux, d’un programme cadre visant la réhabilitation et le renforcement des capacités des acteurs en fonction des objectifs et projets définis qui sont évalués sur la base de leurs contributions aux efforts de développement et de création d’emplois produits par ce secteur.
  •  La création d’un fonds national de soutien aux associations de développement habilitées, en tant que mécanisme pour un financement solidaire et la promotion de la qualité comme fondement pour soutenir les exportations de l’économie sociale.

    V. Réformer la caisse de compensation

  •  en tant que mécanisme pour maintenir la stabilité des prix et du pouvoir d’achat des citoyens, la réforme visera la réduction de l’impact financier sur le budget général de l’État et la correction de sa répartition inéquitable, et ceci à travers :
    * la mise en place d’un système de prélèvements sur les consommateurs aisés pour récupérer le soutien dont ils ont bénéficié et en parallèle, renforcer et diversifier les programmes d’aide et de soutien direct conditionnel au profit des nécessiteux.

    VI. Mobilisation globale pour faire face à la pauvreté et la vulnérabilité sociale :

  •  Élaborer une stratégie sociale pour mobiliser les différentes énergies, acteurs et ressources concernés par la gravité du déficit social et les manifestations de la pauvreté au sein de la société marocaine. Cette stratégie se traduirait par la création d’un fonds national de prise en charge et de la solidarité sociale, financé en plus des ressources publiques et des ressources externes dans le cadre de partenariats et coopérations internationaux par la contribution volontaire d’organisations non gouvernementales et des citoyens selon les programmes et projets de lutte contre la pauvreté et la précarité sociale.
  •  Lier les programmes nationaux et locaux et en particulier les programmes financés par l’Initiative nationale pour le développement humain, aux politiques sociales publiques afin de garantir une harmonisation et complémentarité des interventions publiques.
  •  Accélérer la mise en œuvre concrète des programmes exceptionnels pour équiper le monde rural visant à le sortir de l’isolement à travers l’installation d’équipements de base.
  •  Travailler à la mise en place d’un cadre stratégique pour la famille comme une plateforme pour l’organisation et la cohésion sociale à travers : le renforcement des bases, ressources et services du fonds de solidarité à la famille consacré aux femmes divorcées et l’extension de son domaine d’intervention, l’augmentation du seuil minimal des pensions de la Caisse Marocaine des Retraites et du RCAR à 1.000 dirhams à l’instar de la Caisse nationale de sécurité sociale.

    Sixième orientation stratégique

    Développer les composantes du paysage culturel et médiatique pour que les citoyens et citoyennes s’abreuvent des valeurs du dialogue, de la tolérance et du respect de la dignité et des droits des autres.

    La culture et les médias font partie des composantes essentielles d’une société démocratique et dynamique dans laquelle interagissent les volontés conscientes et responsables, et où les citoyens sont animés par l’esprit de la citoyenneté active garante d’une forte immunité communautaire contre toute forme de tutelle.

    Premièrement : la question culturelle.

  •  La phase actuelle exige d’aborder la question culturelle comme une politique publique nécessitant la préparation, avec la participation de différents acteurs, d’une Charte nationale de la culture qui définit les orientations fondamentales de la politique culturelle et souligne l’humanisme marocain qui reflète l’identité des marocains différente mais soudée autour de valeurs culturelles qui font d’eux des citoyens fiers de leur héritage culturel et ouverts sur les évolutions de leur époque et de ses cultures.
  •  La réforme des institutions culturelles et de la démocratisation de leurs méthodes de travail, en mettant l’accent sur la nécessité que les établissements scolaires et les maisons de jeunes deviennent des espaces culturels par excellence, ouvrant la voie devant les jeunes pour créer, innover, prendre des initiatives et être responsables, en somme tout ce qui institue une citoyenneté active. Il faudrait, bien entendu pour ce faire, tenir compte des besoins en termes de formation des ressources humaines et logistiques afin de promouvoir les différentes industries culturelles et en développer les offres,
  •  Encourager les produits culturels nationaux et leur apporter toute forme de soutien, tant au niveau fiscal que médiatique, veiller à la protection de la propriété intellectuelle des créateurs à travers la promulgation d’une politique efficace de lutte contre toutes les formes de piraterie. La mémoire nationale doit également faire l’objet d’une attention particulière grâce à l’archivage du patrimoine marocain par les moyens modernes avancés et le mettre à la disposition des spécialistes et des créateurs.

    Deuxièmement : Médias et communication

    Le domaine de l’information et de communication est un des défis majeurs du processus de modernisation, démocratisation et de développement. Il nécessite aujourd’hui, pour être en mesure de relever les défis de son adhésion à la société du savoir et de la communication, une transition vers un espace de débat démocratique libre, d’où la nécessité que l’Etat joue son rôle en créant un environnement médiatique caractérisé par la liberté d’expression, le pluralisme et la diversité.

    Mettre en place un cadre juridique adéquat pour l’élaboration de ces objectifs, qu’il s’agisse de médias audio-visuels ou de la presse écrite

  •  Promulguer une loi spéciale pour encadrer les médias publics en tant que service public, que ce soit au niveau de leur gouvernance, missions, ou de leur financement.
  •  Réviser la loi 03.77 régulant la communication audiovisuelle en vue d’étendre l’octroi de licence pour la création de stations radio ou chaines de télévision à des personnes morales, membres de la société civile répondant aux exigences du professionnalisme, de la transparence et de la gestion efficace ; et revoir le cadre juridique régissant la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle, dont la sélection des membres devrait être soumise à des critères plus objectifs et ouverte aux spécialistes et à la société civile.
  •  Modifier la loi régissant la presse conformément aux principes prévues dans la Constitution, en particulier ceux liés à la liberté d’expression et aux droits humains, ce qui exige la suppression des sanctions privatives de la liberté, des procédures arbitraires et abusives et de toutes les dispositions incompatibles avec le rayonnement des valeurs de la démocratie.
  •  Œuvrer pour l’organisation et le développement de la profession du journalisme à travers l’adoption de normes contrôlées pour les sociétés de presse organisées qui respectent les droits, les obligations et la transparence dans la gouvernance et le financement ; et veiller à la réforme de la presse et du paysage médiatique en renforçant d’une part l’autorégulation de la profession de manière indépendante et démocratique afin de garantir le respect de la déontologie de la profession et en leur conférant, d’autre part, les attributions et ressources nécessaires pour mener à bien leurs rôles.

    Tous pour l’édification du Maroc de la citoyenneté

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