Etre jeune au Maroc, comme ailleurs, incite à la réflexion sur l’avenir et sur les perspectives à entrevoir. Y a-t-il d’autres alternatives pour certains, sans vouloir englober toute la jeunesse marocaine dans une entité homogène, que l’émigration, le renoncement ou la radicalisation dans ses différentes expressions ? Ces solutions se valent, émanant d’expériences ressenties, souvent, comme une impasse !
La fuite comme échappatoire en émigrant ; le retour aux sources, comme une valeur refuge ; se résigner ou s’insurger en recourant à des formes de contestation modélisées par les registres culturel et social existant ? Tant de questionnements ! Les modes de dialogues et de rapports instaurés irriguent les contenus et les liens entre les individus et les institutions de leurs pays. En effet, chaque système engendre ses « pendants » et ses antagonismes qui le renforcent ou le fragilisent de l’intérieur.
La « liberté d’autrui étend la mienne à l’infini » disait un penseur. La liberté et la démocratie sont les garants d’un fonctionnement équitable, apaisé et durable d’une Nation. Les extrémismes naissent des exclusions qu’elles soient économiques ou sociales et s’accentuent par le manque de perspectives.
Le Maroc hérite d’un passé pesant qui incombe à tout un système : atteintes aux droits de l’homme, partis politiques dévitalisés et en panne d’idées, « traumatisme » du politique et du makhzen perçus comme institutions tentaculaires et arbitraires. S’ajoutent à cela des structures archaïques, non adaptées aux attentes d’un pays en évolution et impacté par les exigences et les standards de la mondialisation.
Les bases communes d’entente sont à rétablir et à conforter à tous les niveaux. Elles doivent s’entreprendre sur la base de la primauté des intérêts supérieurs du Maroc, au vu de sa pérennité et de sa stabilité. Une réhabilitation du politique qu’elle soit au niveau de l’Etat, de ses institutions et au niveau des partis est indispensable.
Il est même difficile sous le poids de cet héritage encombrant et « inhibiteur » d’initier quoi que soit, d’une manière spontanée et naturelle. Les initiatives, se raréfient, se taisent car « arrangées » à rester en l’état sans se muer en initiatives, sans devenir « entreprenantes » ou agissantes. Le silence et l’inaction sont des choix de facilité, de prudence et de maintien de l’ « ordre tel quel ». Mais, ceci n’empêche, aucunement, l’avancée du malaise ni ses ramifications de se conforter souterrainement.
Les rapports rendus publics de l’Instance Equité et Réconciliation ainsi que l’Etude sur le Développement Humain font le bilan de l’existant en tant qu’Histoire et Présent. Ils dressent de surcroît des perspectives. Une telle démarche est utile pour se désencombrer du passé en s’arrêtant sur des constats, en rappelant l’avenir avec ses attendus. A retenir un principe, s’il y en a un à retenir : nous sommes les artisans de notre avenir. Ceci une responsabilité nationale qui relève de la mobilisation collective, résolument détournée des intérêts personnels.
Il est avéré qu’on ne se débarrasse pas du poids de l’Histoire aussi simplement. Il y a une conduite du changement à opérer pour réhabiliter le politique et le re-crédibiliser. La communication à destination des jeunes, à destination des forces vives de la société civile et politique et leur participation au débat sur les grandes causes nationales est un préalable. En découlera une formalisation sincère et cohérente des contraintes et des objectifs afin d’oeuvrer à moderniser nos structures et à les rendre plus crédibles pour une implication nationale généralisée.