>

Regain d’inquiétude pour la liberté de la presse au Maroc

7 avril 2003 - 09h23
Regain d'inquiétude pour la liberté de la presse au Maroc

Divers incidents mettant en cause la liberté de la presse ont suscité de sérieuses inquiétudes, notamment dans les principaux hebdomadaires marocains, quant à l’intention des autorités de s’en prendre à des journaux indépendants sous prétexte qu’ils porteraient atteinte aux "institutions sacrées" du royaume.

La convocation par la police judiciaire de Rabat d’Ali Lamrabet, directeur de deux hebdomadaires satiriques qui cultivent une grande liberté de ton, l’un francophone, Demain magazine, l’autre arabophone Doumane, est au centre de ce regain d’inquiétude, de même que des difficultés rencontrées à Rabat par la correspondante de la chaîne Al-Jazira.

Selon le compte rendu donné par M. Lamrabet, son interrogatoire du 1er avril a porté, cinq heures durant, sur une série d’articles parus au cours des derniers mois et qui seraient tous considérés comme ayant mis en cause, d’une manière ou d’une autre, les "institutions sacrées" du pays.

Les articles incriminés concernent le budget de la liste civile royale voté au Parlement, une bande dessinée sur "l’histoire de l’esclavage" au Maroc, un photomontage mettant en scène des personnalités politiques du royaume et enfin les extraits d’une interview d’un républicain notoire, Abdallah Zaâzaâ.

Un nouveau code de la presse très controversé, adopté au Maroc en mai 2002, maintient les sanctions, y compris des peines de prison, à l’encontre de journalistes coupables de divers "délits". Les publications restent menacées de saisie pour des motifs aussi nombreux que flous : atteintes à l’islam, à l’institution monarchique, à "l’intégrité territoriale" ou, tout simplement, à "l’ordre public".

"Nos hautes autorités ont finalement décidé de mettre le paquet pour liquider, d’une façon ou d’une autre, deux publications satiriques", a estimé Demain magazine dans sa dernière livraison, rappelant une série de procès en diffamation récemment lancés contre lui et une condamnation à 4 mois de prison ferme de son directeur - qui est en liberté provisoire dans l’attente du jugement en appel.

La condamnation de M. Lamrabet avait été prononcée le 21 novembre dernier après la publication d’un artice faisant état d’un projet de vente du palais royal de Skhirat. Cette simple évocation, pourtant faite au conditionnel, avait été considérée comme portant atteinte à la sacralité de l’institution royale.

"La censure fait son come-back", titre de son côté Le Journal Hebdomadaire, qui dénonce cette "actualité dont on aurait préféré se passer".

Ce journal, comme l’hebdomadaire Tel Quel, relatent un autre incident récent, concernant la correspondante de la chaîne quatariote Al-Jazira, empêchée de transmettre son reportage sur une manifestation de soutien à l’Irak qui s’est déroulée dans la capitale le 30 avril.

Iqbal Ilhami, la journaliste concernée, a assuré que l’ordre de bloquer la diffusion de son reportage est venu directement du ministre marocain de la Communication et qu’il constituait une "punition" pour la diffusion de sujets considérés comme de "fausses informations concernant le Maroc".

"Le ministre m’a demandé d’être plus coopérative en vue des événements que connaîtra le Maroc et que je garantisse qu’il n’y aura plus, dans l’avenir, des informations qui perturbent l’ordre public", a-t-elle dit.

Toujours à propos de la libéralisation de la presse dans le royaume, une autre source d’inquiétude concerne le journal français Le Monde qui se propose de lancer une édition imprimée au Maroc. Alors que le quotidien parisien a tout préparé pour un lancement officiel le 14 avril prochain, Le Journal Hebdomadaire relèvait Dimanche que "l’autorisation d’imprimer n’a pas encore été délivrée".

AFP

-


Ces articles peuvent vous intéresser
Les cellules dormantes de l'Etat islamique menacent le MarocLes cellules dormantes de l’Etat islamique menacent le Maroc
Un rapport publié par l’agence Middle East Newsline, cité par « Al Massae », met en garde contre les cellules dormantes au Maroc appartenant à l’Etat...
Pas de liberté provisoire pour Ali Dinia, 78 ans, et victime d'un accidentPas de liberté provisoire pour Ali Dinia, 78 ans, et victime d’un accident
Il n’y aura pas de liberté provisoire pour Ali Dinia, victime d’un accident de la route causé par un camion le mois dernier et qui a fait une...
Voilà ce que sont devenues les BMW de Mission Impossible VVoilà ce que sont devenues les BMW de Mission Impossible V
Toujours en tournage au Maroc, le cinquième volet de la saga Mission Impossible n’est pas très tendre avec les voitures BMW utilisées lors du...
Une Marocaine représentera la Belgique au concours Miss MondeUne Marocaine représentera la Belgique au concours Miss Monde
La Belgo-marocaine Anissa Blondin représentera la Belgique au prochain concours Miss Monde 2014 à la place de Laurence...
Casablanca : à peine installés, les conteneurs déjà vandalisésCasablanca : à peine installés, les conteneurs déjà vandalisés
La ville de Casablanca s’est dotée depuis début septembre de près de 8000 nouveaux conteneurs pour le ramassage des ordures. Problème : une vingtaine...
Le Maroc parmi les meilleures destinations pour le surfLe Maroc parmi les meilleures destinations pour le surf
Le Maroc, première destination touristique d’Afrique avec plus de 10 millions de touristes par an, vient d’être élu par GrindTV, l’une des références...


Les rubriques de Bladi.net

MarocSport Marocains du mondeMondeSociétéPhotos du MarocRecettes de cuisine marocaine

Bladi.net

Qui sommes-nous?
Notre équipe
Charte de confidentialité
ContactPublicité
› Bladi.net c'est aussi Bladna.nl pour les néerlandophones
› Bladi.net : 2002 - 2014