Le nouveau code de la presse en cours d’adoption au Maroc constitue "une véritable menace contre la liberté de la presse", a estimé vendredi Reporters sans frontières (RSF), qui demande le retrait du texte adopté en première lecture par les députés marocains.
"Il est notamment inadmissible qu’un journaliste puisse être condamné à cinq ans de prison pour un simple délit de presse", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de cette association de défense des journalistes, dans un communiqué parvenu à l’AFP dans la capitale marocaine.
Cette organisation "demande au gouvernement marocain que le texte soit réexaminé dans un sens plus libéral afin que la liberté de la presse y soit garantie", ajoute le communiqué.
RSF "s’inquiète également du renvoi de fait du journaliste Younès Moujahid, du quotidien Al Ittihad Al Ichtiraki", et relève que "l’entourage d’Abderrahmane Youssoufi, directeur du journal et Premier ministre" lui a reproché "sa position critique à l’égard du projet de code de la presse.
Les députés marocains ont adopté, le 12 mars, un nouveau code de la presse qui a été vivement critiqué, notamment par le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). Le texte doit encore être ratifié par la deuxième assemblée parlementaire, la Chambre des conseillers, avant d’être promulgué.
Proposé par le gouvernement, le projet avait été qualifié de "régression inacceptable" par le SNPM, en raison notamment du maintien de peines de prison, malgré certaines garanties nouvelles et quelques réductions de peines prévues par ailleurs.
RSF assure par ailleurs "qu’en 2001, pas moins de neuf journaux dont sept étrangers ont été censurés pour avoir traité de sujets comme le Sahara, la corruption ou surtout la personne du roi".
S’agissant du nouveau code, Reporters sans frontières estime que "l’emprisonnement en tant que condamnation de l’expression pacifique d’une opinion constitue une violation grave des droits de l’Homme."
Source : AFP