
Quand il prononce le nom de « Bellevarde », son visage s’illumine. « Franchement, j’ai envie de tout casser sur cette piste. Elle me fait peur, mais ce n’est pas grave. Quand je skie, j’y vais à fond, j’oublie tout. » Samir Azziman n’a pas grandi au bord des pistes. Son accent n’est pas celui de la montagne et son teint hâlé trahit une enfance passée plus près du sable africain que de la poudreuse des hauts sommets. A 30 ans, le jeune homme, qui vit avec sa mère à Colombes, représentera bien son pays d’origine, le Maroc, lors des qualifications du géant, jeudi. Une histoire qui a tout d’un remake de « Rasta Rocket », sourit l’intéressé.

Né à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, Samir Azzimani démarre sa vie à six dans une chambre de bonne. À cinq ans, il est placé « dans un pensionnat pour bonnes sœurs à Neuilly-sur-Seine ».

Grâce à l’intervention du roi Mohammed Vl, Samir Azzimani représentera le Maroc aux Jeux olympiques en ski alpin. Pour aller à Turin, ce fils d’une femme de ménage a sacrifié sa vie professionnelle afin de tout miser sur ce soutien royal : « Après avoir raté d’un rien ma qualification olympique pour Salt Lake pour laquelle j’avais emprunté beaucoup d’argent, j’étais au fond du trou, raconte Azzimani. À Noël 2003, j’étais à bout de souffle, prêt à renoncer à Turin. Comme personne ne semblait croire en moi, un copain me suggéra d’écrire au roi. »