
Fille d’immigrés marocains, nourrie au hip hop et au surréalisme, Samira El Ayachi évacue “la question de l’intégration” dans La Vie rêvée de Mademoiselle S., un premier roman remarqué. “Salima est une fille rêveuse…”, lâche machinalement Samira El Ayachi, un peu déphasée entre deux avions dans la cafétéria déserte de l’aéroport Mohammed V, à Casablanca.

"Salima, c’est pas Samira !" Tout de même un peu ? "Bon, un peu, oui..." Alors, d’accord, ce jour de décembre, voilà beaucoup Samira El Ayachi, auteur d’un premier roman. Et un peu Salima Aït-Bensalem, l’héroïne de La Vie rêvée de Mademoiselle S., publié chez Sarbacane, un éditeur jeunesse distribué par Actes Sud. Samira, l’avant-veille, a repoussé le rendez-vous. "J’avais oublié la fête de l’Aïd", a-t-elle écrit dans un mail d’excuses, promettant joyeusement des gâteaux. Samira écrit ses courriels comme Salima parle. Ses petites chroniques lycéennes fusent.

L’auteur offre un récit piquant et léger d’une adolescente partagée entre la France et le Maroc où elle effectue chaque été une sorte de pèlerinage.
Dans cette autofiction doublée d’un road-trip, des mines françaises au désert marocain, Salima est tiraillée entre son obligation de réussite et ses rêves à la Amélie Poulain.