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Sarkozy, la fin de règne

5 octobre 2011 - 18h20
Sarkozy, la fin de règne

Sale temps sur la Sarkozie... Pour un président français dans la tourmente, rien de mieux qu’un petit voyage, même pour une journée, au Maroc pour se réconforter. Quand Nicolas Sarkozy multiplie les déplacements à l’étranger, ce n’est pas seulement pour soigner sa stature internationale ou afficher, aux yeux des Français, l’image d’un Président au dessus des partis, notamment au lendemain d’une défaite au Sénat. C’est aussi pour changer d’air devant les affaires politico-financières et judiciaires qui secouent actuellement son clan et chercher, ailleurs, ce qui peut donner du baume au cœur.

C’est ainsi que Nicolas Sarkozy se fait « libérateur » à Benghazi pour une couronne de lauriers, « défenseur » à New York de la cause palestinienne pour un... strapontin au siège de l’Onu à la Palestine et, dernièrement, « VRP » à Tanger de l’industrie ferroviaire française pour le futur TGV marocain...

Des services à l’international de Nicolas Sarkozy, les Français n’en ont cure, face à la dette et le déficit, la crise économique et sociale... Le tout dans un climat délétère dominé par les « affaires » où trempent des proches du premier cercle présidentiel. Au delà de la politique gouvernementale conduite sous la houlette de l’hyperprésident, c’est le système Sarkozy qu’une majorité de Français rejette. Et que les grands électeurs ont sanctionné avec la perte historique du Sénat, détenu par la droite française depuis des lustres. Une perte tout aussi historique que la cote d’impopularité record, pour un Président de la République en exercice, de Nicolas Sarkozy.

Quand il rêvait de l’Élysée le matin en se rasant, Nicolas Sarkozy commençait déjà à tisser ses réseaux dans la justice, la police, le renseignement. Dès 2007, en quittant le ministère de l’Intérieur, le candidat à l’élection présidentielle avait verrouillé l’institution policière. Une fois à l’Élysée, le Président a mis en place un système fondé sur l’installation de ses hommes à lui, sûrs, à des postes clés. A la tête de la police ou des services secrets, dans la haute magistrature ou la préfectorale, il place des hommes de confiance, dont des amis d’enfance, issus pour certains des Hauts-de-Seine, le fief de la Sarkozie. Ces fidèles parmi les fidèles, placés à des postes stratégiques et investis de missions spécifiques -garantir la protection et l’avenir politique du Président-, sont entièrement dévoués à Nicolas Sarkozy.

C’est aujourd’hui cette garde rapprochée présidentielle au sein même de l’appareil d’État qui, à son tour, tombe sous le coup de la loi. Dans le cadre de l’enquête diligentée par une juge sur les violations du secret des sources des journalistes du Monde, en marge de l’affaire Bettencourt, le patron de la Direction générale de la police nationale (DGPN) et le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ainsi que le procureur de Nanterre, sont actuellement dans le collimateur de la justice. Et ce pour des motifs graves : « atteinte au secret des correspondances », « collecte de données à caractère personnel par moyen frauduleux, déloyal ou illicite » et « violation et recel du secret professionnel ». Le mépris caractérisé de l’Etat de droit au cœur même du pouvoir. On est loin de la « République exemplaire et de la démocratie irréprochable » dont a parlé un certain... Nicolas Sarkozy !

Avec des amis proches et des conseillers amis mis en examen, des amis d’enfance hauts fonctionnaires convoqués devant le juge d’instruction, des hommes d’affaires et autres intermédiaires de ventes d’armes poursuivis pour abus de biens sociaux- la liste est loin d’être close-, c’est le système Sarkozy qui est mis en cause. Il plane au dessus de l’Élysée comme une atmosphère de fin de règne. Une atmosphère nauséabonde....

Ali Darhlal



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