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Scandale Tétouan : Enquêtes en cascade chez les magistrats

9 septembre 2003 - 19h09
Scandale Tétouan : Enquêtes en cascade chez les magistrats

L’enquête dans ce qui est désormais communément appelée l’affaire Erramach agite les milieux judiciaires casablancais devenus objet d’investigations. La rumeur parle de liste, mais en réalité, il s’agit de l’enquête pour déterminer d’éventuelles connexions avec les magistrats arrêtés à Tétouan. Les investigations concernent toutes les juridictions mais plus particulièrement, la capitale économique.

A Casablanca, il semble que les chambres de flagrant délit attirent spécialement l’attention des enquêteurs. Ce sont, en effet, ces chambres qui ont généralement à connaître des affaires de drogue.
“Des instructions dans ce sens sont parvenues au procureur général du Roi de la ville”, indique une source. Le parquet a refusé de confirmer l’information. De la même façon, une source au ministère de la Justice n’a pas désiré “commenter” l’affaire. En revanche, la police judiciaire (BNPJ) s’apprêtait, vendredi, à “lancer une grande enquête dans le milieu judiciaire”.
Selon cette dernière source, “c’est la chute du juge casablancais Zehouani qui a déclenché l’élargissement de l’enquête”. On se rappelle que d’importantes sommes d’argent avaient été saisies au domicile casablancais de ce magistrat. Quelque 10.000 euros et 1,08 million de DH issus d’une “transaction” avaient été retrouvés chez lui après l’arrestation de Mounir Erramach, le narcotrafiquant par qui le scandale a éclaté. Pour rappel, Zehouani était le juge qui avait condamné Ahmed Boukhari, l’ex-sociétaire du CAB 1, l’ancêtre de la DST, à un an de prison pour émission de chèques sans provision. Ce juge avait pris en charge le dossier de Boukhari au beau milieu d’une dénonciation forte de l’opinion publique. Malgré tout, Boukhari a été condamné. Zehouani a été classé depuis parmi les magistrats soumis. Apparemment, “servir” la mauvaise cause des autorités ne lui a été d’aucune aide.
Contrairement aux informations parues dans la presse, Zehouani n’a pas été interpellé à Casablanca mais à Tétouan où il passait ses vacances chez son complice, trafiquant de drogue. “Certes, il a livré des noms, mais le plus important dans ses déclarations est qu’il a décortiqué devant la police le fonctionnement du système de corruption”, nous précise une source à la Cour spéciale de Justice ayant eu accès au document d’audition du magistrat. Et d’ajouter : “Des magistrats siégeant aussi bien aux Tribunaux de première instance, qu’au niveau des Cours d’appel sont l’objet d’enquête”. En attendant d’être officiellement confirmée, l’information montre le degré d’organisation de la pègre et la volonté des pouvoirs publics d’y mettre fin. En infiltrant différents niveaux de juridiction, les narcotrafiquants tentent de se prémunir contre les “accidents”. Si une condamnation venait à être prononcée au niveau d’un TPI, habilité généralement à connaître ce type d’affaire, malgré une intervention, elle pouvait toujours être rattrapée au niveau des Cours d’appel.
Par ailleurs, les ramifications à Casablanca des réseaux de drogue ne se limitent pas à la seule affaire du transitaire Alaoui (www.leconomiste.com). Selon des sources policières, les parquets de la ville ont donné instruction d’exhumer tous les dossiers dans lesquels des personnes poursuivies pour trafic de drogue avaient été acquittées. Le 20 août dernier, Mohamed Bouzoubaâ avait donné le ton à cette mesure en promettant un large audit des affaires de la campagne dite d’assainissement de 1996.

Adil HMAITY pour http://www.leconomiste.com



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