
Moh est un homme heureux. Son patron, puisatier réputé, le respecte. Sa femme, Yemma, l’attend avec tendresse derrière la porte en zinc de leur logis quand il rentre au soir venu. Son fils Lashen va à l’école - même s’il doit pour cela accomplir plusieurs kilomètres à pieds chaque jours. Et Yejja, sa petite dernière, est une enfant joyeuse. Enfin il y a le souk où, chaque lundi, Moh se rend rituellement pour les emplettes de son foyer, pour le dentiste ou le barbier, pour les amis, pour toutes ces petites choses qui font la vie.

Dans ce livre sombre et magnifique, Rabbaj plonge le lecteur au cœur des douars reculés du Maroc. Là, des instituteurs brûlent leur jeunesse comme leur avenir face à des élèves d’une pauvreté absolue, condamnés eux aussi sans rémission.