
Quand il prononce le nom de « Bellevarde », son visage s’illumine. « Franchement, j’ai envie de tout casser sur cette piste. Elle me fait peur, mais ce n’est pas grave. Quand je skie, j’y vais à fond, j’oublie tout. » Samir Azziman n’a pas grandi au bord des pistes. Son accent n’est pas celui de la montagne et son teint hâlé trahit une enfance passée plus près du sable africain que de la poudreuse des hauts sommets. A 30 ans, le jeune homme, qui vit avec sa mère à Colombes, représentera bien son pays d’origine, le Maroc, lors des qualifications du géant, jeudi. Une histoire qui a tout d’un remake de « Rasta Rocket », sourit l’intéressé.

La neige est un peu lourde et le dénivelé, d’une centaine de mètres, pas de nature à affoler les trompe-la-mort mais qu’importe, l’enthousiasme des centaines de touristes venus skier ou faire de la luge à Mischliffen, dans le Moyen-Atlas, est communicatif.

Un rassemblement en 2010 de plus de 2000 journalistes venus des quatre coins du monde sur le toit de l’Oukaïmeden. Voilà de quoi promouvoir le pays. L’initiative revient au Ski club international des journalistes (SCIJ). L’édition sera organisée conjointement par le Maroc et la Belgique. Les journalistes du plat pays, faute de montagne, ont pensé au site marocain. Aussi, un SCIJ Maroc a-t-il été créé.Coup de promo pour l’

Située à une altitude de près de 3.250 m, la région d’Oukaimden est en passe de devenir la première station de ski et de sports d’hiver en Afrique selon The Daily Telegraph.

A défaut d’un Mondial de football, le Maroc vient de décrocher pour 2010 l’organisation du championnat du monde… de ski pour journalistes.

Les régions montagneuses du Maroc connaissent une longue tradition de sports d’hiver, écrit le magazine "Victoire", supplément week-end du journal "le soir".

Grâce à l’intervention du roi Mohammed Vl, Samir Azzimani représentera le Maroc aux Jeux olympiques en ski alpin. Pour aller à Turin, ce fils d’une femme de ménage a sacrifié sa vie professionnelle afin de tout miser sur ce soutien royal : « Après avoir raté d’un rien ma qualification olympique pour Salt Lake pour laquelle j’avais emprunté beaucoup d’argent, j’étais au fond du trou, raconte Azzimani. À Noël 2003, j’étais à bout de souffle, prêt à renoncer à Turin. Comme personne ne semblait croire en moi, un copain me suggéra d’écrire au roi. »