
De son vrai nom Mustapha Boukrouna, le chanteur de 26 ans, a passé son enfance à Hay Mohammadi, à Casablanca. Sa passion pour la musique est ancienne.

Il est énervé, Mobydick. Un peu comme la baleine dont il porte le nom : “Toc Toc, chouf chkoun veut enterrer le rap marocain, le rendre plus underground qu’il ne l’est déjà”, s’insurge en rimes le rappeur rbati, attablé dans un café avec les Slaouis Essofy et Z-One. Les trois rappeurs sont réunis, avec une vingtaine de leurs “confrères” (dont le “faux retraité” tangérois Muslim), dans un projet explosif aux relents insurrectionnels : Mamnou3 f’radio. Une compil’ 100% contestataire, originellement cogitée par Youssef Amerniss, créateur et webmaster du portail Internet Raptiviste.net, avec l’équipe du défunt hebdomadaire L’Espoir citoyen.

En retard d’une demi-heure, Steph Ragga Man s’excuse d’un large sourire et d’une poignée de main chaleureuse. La faute à la circulation infernale de Casablanca. Difficile de s’emporter face à son air jovial et sa bouille enfantine. Steph Ragga Man s’adresse à vous comme à un vieux pote. A peine les formules d’usage terminées qu’il se lance dans des confidences sur ses tracas quotidiens comme ses problèmes de cœur ou l’état de santé inquiétant de son père. Pas besoin de poser de questions. Le roi du Ragga marocain se livre sans détour.

"MAMA Africa"... Cette chanson du jeune marocain Steph Ragga Man vous transporte tout de suite dans l’univers musical du ragga. Un rythme entraînant, agréable et en même temps, des paroles énergiques et percutantes. Pour la première fois, un Marocain s’essaye à ce style musical provenant de la Jamaïque, avec des paroles en dialecte marocain. C’est original, mais réussi !