
Le Maroc a dégringolé de 9 places en passant de la 80 à la 89 ème sur 180 pays, au classement 2009 de Transparency International sur la corruption.

A l’occasion de sa treizième assemblée générale tenue la semaine dernière (1er février) à Rabat, Transparency Maroc a salué le travail mené par certaines instances publiques et par la société civile contre la corruption, tout en le qualifiant toutefois de très insuffisant. Selon l’organisation, la corruption reste profondément ancrée dans le pays, et le phénomène ne cesse de croître.

« Des signaux positifs, mais insuffisants ». C’est, en substance, ce qui ressort du rapport de Transparency Maroc pour l’année 2008 présenté, samedi dernier, lors de sa 13e assemblée générale. Ces signaux sont matérialisés par l’instauration de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) et par la publication des textes relatifs à la déclaration du patrimoine. Mais la tendance marquante demeure la confirmation d’une corruption endémique qui prospère à l’abri « d’une impunité entretenue par les pouvoirs publics », selon le rapport.

La corruption mine les services douaniers. Ces derniers sont appelés à réagir pour en limiter l’impact. C’est dans ce cadre que la commission de lutte contre la corruption de la CGEM a invité Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Administration des douanes et impôts indirects, qui a exposé une partie de l’arsenal anticorruption de la douane.

Corruption sans frontières. De nombreux hommes d’affaires recourent à ce moyen pour décrocher des marchés ou développer leurs entreprises dans d’autres pays. Un constat confirmé par les résultats d’une étude sur l’indice de corruption des pays exportateurs, réalisée durant l’été dernier par Transparency International. Un travail qui a été présenté par Transparency Maroc (TM), lors d’une rencontre avec la presse vendredi dernier à Rabat, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la corruption.

Selon le dernier classement sur la corruption de Transparency international, le Maroc a perdu 8 place en passant de la 72ème position en 2007 à la 80ème position sur 180 pays. Transparency Maroc a donné au Maroc une note de 3,5/10, ce qui classe le Royaume en 9ème position au classement des pays arabes.

Coup de pied dans la fourmilière. Dans la lutte contre la corruption, Yasmina Baddou met ses menaces à exécution. La ministre de la Santé vient de soumettre à la justice deux dossiers de médecins et de fonctionnaires accusés de corruption. Le premier (Dr S.A.) est gynécologue à l’hôpital régional de Béni Mellal. Ce médecin a fait l’objet de plusieurs plaintes adressées au ministère de la Santé qui l’accusent de corruption.

Les responsables politiques marocains et ceux de la société civile ont accueilli favorablement la création d’une nouvelle autorité chargée de la lutte contre la corruption au Maroc, mais se disent méfiants quant à son indépendance vis-à-vis du gouvernement.