
A Settat, au Maroc, un adolescent se donne la mort devant sa classe, sidérée. Mohamed Leftah était un des élèves. Il revient sur ce geste et livre une chronique acide d’un village marocain dans les années soixante, où se mêlent bigoterie et hypocrisie : des versets vengeurs condamnant à d’éternelles souffrances celui qui ose le suicide, les amours vénales ou homosexuelles comme seuls refuges à la pesanteur sociale, ou à celle qui prétend refaire sa vie, le mépris de tous.
Mais cette chronique lui permet aussi de célébrer la beauté du geste et du corps de cet adolescent qui, tel un athlète, s’est élancé d’une fenêtre avec ’une grâce indicible’ et dans une ’perfection mortelle’.