Le nouveau chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, est attendu samedi au Maroc où il effectue son premier voyage à l’étranger, marquant sa volonté de relancer les relations hispano-marocaines qui ont connu des années difficiles.
M. Zapatero, qui entend porter une "attention préférentielle" aux relations avec le Maroc, doit arriver en début d’après-midi à Casablanca (100 km au sud de Rabat), où il déjeunera avec le roi Mohammed VI dans la villa royale d’Anfa avant de s’entretenir avec le Premier ministre Driss Jettou.
Choyé par la presse marocaine, le président du gouvernement espagnol doit s’entretenir notamment de l’épineuse question du contrôle des flux migratoires ainsi que du terrorisme, a-t-on indiqué de source espagnole.
La volonté des deux pays de joindre leurs efforts dans la lutte antiterroriste sera illustrée par l’inauguration, par M. Zapatero en compagnie du souverain marocain, d’un monument à la mémoire des victimes des attentats perpétrés le 16 mai 2003 à Casablanca - qui ont fait 45 morts dont quatre espagnols -, a-t-on indiqué de même source.
Dans un entretien publié vendredi par le quotidien espagnol El Mundo, José Luis Zapatero a souligné le rôle des relations hispano-marocaines dans "des questions très importantes telles que l’immigration et le terrorisme, qui ont été mises encore davantage en relief après ce que nous avons appris à la suite du 11 mars".
Les attentats du 11 mars à Madrid, qui ont fait 191 morts, ont été attribués à des activistes du Groupe islamique des combattants marocains (GICM) liés à Al Qaïda. Le GICM avait également été mis en cause dans les attentats de Casablanca qui avaient notamment visé la "maison d’Espagne", située au centre ville.
José Luis Zapatero sera accompagné par ses ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Miguel Angel Moratinos et José Antonio Alonso. Il entend "tourner la page de la difficile ère Aznar" et établir avec le Maroc "une relation d’intérêt stratégique avec une vision à long terme", a indiqué vendredi soir une source espagnole.
M. Zapatero jouissait déjà d’une bonne presse au Maroc depuis sa visite, en décembre 2001, pendant la grave crise qui a opposé les deux pays à propos du statut de l’îlot Leila/Perejil, au large des côtes marocaines.
La première décision de politique étrangère annoncée par le gouvernement Zapatero, visant le retrait des troupes engagées au sein de la coalition en Irak, a été applaudie par une presse marocaine unanime.
AFP
