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Tribune libre : Pour l’organisation de deux référendums au Maroc

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17 juin 2011 - 03h56 - Maroc

Dans la situation que connaît aujourd’hui le Maroc, l’organisation de deux référendums s’impose. Quitte à décaler les échéances prévues dans le calendrier politique, on doit avoir le courage d’affronter ce problème multidimensionnel qui touche tant à la diversité de notre culture et ses origines religieuses qu’à l’utilisation des ressources de notre pays et son devenir.

Pour des raisons liées aux dispositifs relatifs à l’organisation en général et aux niveaux d’instruction des citoyens marocains en particulier, le second référendum qui traiterait des caractéristiques identitaires serait décalé d’une semaine par rapport à celui qui concerne le statut de la monarchie, le gouvernement, les institutions et l’organisation de la vie politique.

Ce serait une pure redondance que de définir ici l’identité nationale marocaine et une vaine entreprise que d’essayer de convaincre les activistes de tout bord. Cependant, pourquoi ne pas demander au peuple marocain s’il veut écrire l’amazigh en tifinagh, en latin ou en lettres arabes ? Organisons un référendum sur l’amazigh que veut le peuple marocain. L’idée est tellement simple que les politiques évitent de soulever dans les médias publics. Craignent-ils un désaveu populaire ou sont-ils loin d’être aussi démocratiques qu’ils ne le laissent paraître.

Jusqu’à preuve du contraire, l’adoption du tifinagh pour l’écriture de l’amazigh, si elle comble les activistes, elle est problématique sur tous les plans et va à l’encontre des aspirations de l’ensemble du peuple marocain. Autant la courageuse décision politique de reconnaître l’amazigh comme langue nationale n’a jamais été sujet de controverse, même si elle n’avait pas fait l’objet d’un référendum, autant le tifinagh nous pose aujourd’hui un sérieux problème pour une constitutionnalisation rapide et sans heurts.

La constitutionnalisation de l’amazigh avec le tifinagh pour écriture hypothéquera pour longtemps l’avenir de notre pays comme elle serait une source potentielle de division sociopolitique au-delà d’une régionalisation avancée. Une réelle rupture « civilisationnelle » qui consacrera de facto l’idée tendancieuse véhiculée par certains sur la domination supposée de l’envahisseur arabe musulman convertissant de force les habitants d’origine de ce pays. Si les adeptes du tifinagh cherchent à faire de notre pays un laboratoire avancé, ils le conduiront inéluctablement vers un Babel des temps modernes avec plusieurs langues officielles à pied d’égalité et selon différentes configurations conçues dans l’adversité et érigées en remparts linguistiques infranchissables ?

N’ayons pas peur de la démocratie qu’on revendique à cor et à cri et rendons au peuple sa voix au chapitre. Consultons-le sur les caractéristiques et la nature de l’amazigh qu’on prétend lui offrir à l’abri des règles démocratiques.

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