Marrakech, ville la plus chère du Maroc

14 novembre 2006 - 11h16 - Maroc - Ecrit par : L.A

Marrakech s’affirme non seulement comme première destination touristique du Maroc, mais aussi comme la ville du royaume qui bat tous les records. Les prix y ont pris une envolée qui a pulvérisé tous les records. Cela va du coût de la restauration –toutes catégories – au tarif de la course dans un petit taxi. Marrakech s’inscrit aujourd’hui au pinacle des « villes inabordables ». En tout cas, on mange moins cher à Madrid ou à Paris en comparaison avec Marrakech.

C’est la loi de la jungle où il n’est pas permis aux bourses moyennes de bénéficier des prestations habituelles. Les nationaux s’en rendent compte à l’atterrissage à l’aéroport de la ville ocre : les taxis les évitent comme une guigne. Pour la simple raison qu’on leur préfère des étrangers auxquels on fait payer trois fois le prix. En ville, les chauffeurs de ces véhicules jadis synonymes de convivialité et de proximité se montrent très désagréables en refusant de faire fonctionner le compteur pour ne se fier qu’à leur seul jugement au terme de la course.

Deux poissons à 850 Dhs

Dans la cité de Youssef Ben Tachfine une salade, deux poissons et un café sont facturés à 850 dirhams et un cappuccino est écoulé à 35 dirhams. Presque tous les restaurants pompeusement labellisés « marocains » tirent vers le haut en vendant le couvert entre 800 et 1200 dirhams. La contagion de cet accès de fièvre affecte tous les restaurants de la ville dont certains exigent le règlement en devises pour les plats commandés à l’avance.

Aucune attention n’est accordée aux nationaux. Ils ne sont pas tellement les bienvenus dans les hôtels classés de la ville. Lorsque les visiteurs étrangers paient 500 euros pour la semaine en demi-pension, les Marocains eux doivent débourser 5 fois ce montant pour la même période. Sans la moindre garantie d’une prestation de qualité.

C’est le tribut du succès de la ville, pensent les rares professionnels du tourisme qui s’émeuvent de cette situation. Si l’on continue sur cette voie, mettent-ils en garde, on ne tardera pas à ressentir l’effet du boomerang. La ruée massive des Européens vers la ville ne justifie aucunement ces abus et encore moins le rejet des nationaux ou l’exploitation honteuse de leur amour pour « la ville des sept hommes ». La concurrence est redoutable et l’appel du large est là pour rappeler aux Marocains que chez le voisin ibérique, l’offre est plus riche et compétitive par rapport à Marrakech à tous points de vue.

L’Observateur

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Marrakech - Classement

Ces articles devraient vous intéresser :