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Dopage : La filière marocaine se précise

2 février 2007 - 16h28 - Société

Le royaume exportateur de produits dopants ? Ce sont là des propos tenus par le président de la Fédération française d’athlétisme, M. Bernard Amsalem, lors d’un entretien récent avec le journal “L’Equipe”.

Le patron de la FFA “pense qu’il y a des filières d’alimentation de produits dopants qui viennent du Maroc et de plusieurs pays européens”. Et d’ajouter : “On voit bien que sur les lieux de stage, utilisés par certains athlètes, des individus tournent autour pour proposer des services”. Ces déclarations font suite à l’interpellation de Hind Dehiba, marocaine d’origine et recordwoman de France du 1.500 m à l’aéroport Charles De Gaulle à son retour d’un stage à Albuquerque, aux Etats-Unis. Les douaniers ont mis la main dans les bagages de Hind et de son mari sur des hormones de croissance. Le mari de l’athlète s’est défendu en clamant que ces produits étaient destinés à sa consommation personnelle.

En fait, Dehiba était sous l’œil des responsables de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) depuis plusieurs mois. En juin dernier, la Fédération française a été peu convaincue par le désistement de dernière minute de Hind Dehiba qui a déclaré forfait pour le 800m de la Coupe d’Europe à Malaga.Elle avait comme argument un certificat médical signé par un médecin du “centre national du football Maâmora”. Il y est écrit que “l’état de santé de Hind nécessite une interruption des activités physiques et sportives pour une période de sept jours”. La Commission de discipline de la Fédération française a estimé qu’elle n’avait pas d’éléments pouvant permettre d’établir que le certificat médical était un faux et donc que Hind avait des raisons justifiant sa non participation à la Coupe d’Europe.

Les déclarations de M. Amsalem peuvent être aussi motivés par la profusion des produits dopants au Maroc. Stéroïdes, diurétiques et autres hormones de croissance circulent librement dans le royaume. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs que l’on parle de piste marocaine. Après la suspension pour deux ans de Latifa Essarokh et Nordine Gezzar, deux autres coureurs de demi-fond contrôlés positifs, les journaux commençaient à mettre en cause la probité des athlètes français d’origine marocaine. A telle enseigne que l’on pouvait lire, l’été dernier, dans les colonnes du quotidien du parti communiste français, L’Huma : “Il semble que les pratiques de certains athlètes tricolores, transfuges du Maroc, soient en cause”. Le cas de Hind ne peut en tout cas qu’appuyer cette thèse.

Le Journal Hebdomadaire

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