
Les hommes d’affaires des pays du printemps arabe préfèrent investir à Dubaï, en raison des avantages fiscaux proposés par l’Émirat. Le Maroc figurerait lui aussi parmi les destinations préférées des capitaux arabes.

La fuite de capitaux à l’étranger aurait atteint 25 milliards de dollars au Maroc, d’après le dernier rapport de Global Finance Integrity (GFI).

L’évasion fiscale aurait coûté au Maroc cinq milliards de dirhams durant les trois premiers mois de 2011, selon le rapport du ministère des Finances sur la conjoncture économique du Royaume.

D’importants capitaux marocains auraient été transférés illégalement vers la Suisse et l’Espagne depuis le début des révoltes dans le monde arabe.

Le Maroc détient la sixième position mondiale des pays exportateurs d’argent illégal, avec une perte de 13,3 milliards de dollars entre 2000 et 2008, soit une moyenne de 1,66 milliards par an.

L’arbre ne peut pas monter jusqu’au ciel. Les professionnels de l’immobilier, interrogés dans ce dossier, font la même analyse de la situation actuelle du marché. La hausse des prix de ces dernières années est allée trop loin et ne reflète plus la valeur économique des actifs. Que la croissance des prix du mètre carré soit 5,6, voire 7 fois celle du PIB, on sort de toute logique économique.

C’est un petit miracle que réussit le Trésor marocain, du moins si l’on en juge par la croissance extraordinaire des recettes fiscales d’un côté, et l’étroitesse de la population des contribuables qui participent à la couverture des charges de la collectivité, de l’autre. Les dépenses publiques marquent une augmentation sans précédent durant le premier trimestre : 20,7% comparé à l’exercice précédent.

Parmi les milliers de ressortissants français installés ces dernières années à Marrakech, Essaouira ou El Jadida, beaucoup ont été conquis par la douceur du climat et le charme de ces villes. Mais beaucoup ont été également séduits par une fiscalité marocaine moins « brûlante », voire à l’idée de profiter d’un « paradis » fiscal et d’échapper ainsi aux griffes de la redoutable administration des impôts à Bercy.

Presque 5 milliards de dollars ! C’est le niveau des transferts vers leur pays des Marocains résidents à l’étranger (MRE) en 2006. Un chiffre régulièrement mis en avant comme étant un apport non négligeable pour la balance des paiements. Mais sait-on qu’en même temps, plus du double de ce montant, appartenant à des personnes physiques et morales, est déposé dans des banques étrangères de pays où elles ne résident pas ? 12,4 milliards de dollars plus exactement, soit 99,2 milliards de DH !

Les contribuables marocains, personnes physiques et morales, paient-ils trop d’impôt ? Voilà une question qui, décidément, ne supporte pas de réponses tranchées. Si l’on utilise la mesure, universelle, de la pression fiscale, on constate alors que les recettes fiscales rapportées au PIB ne sont pas si élevées que cela : une moyenne de 22 % entre 2000 et 2006. Pour 2007, la pression fiscale devrait se situer à 22,8 %, selon les prévisions du ministère des finances. Dans les pays de l’OCDE (Organisation de la coopération et du développement économique), la pression fiscale était en moyenne de 36,2 % en 2005 (chiffre disponible).