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Le calvaire de M. Hanafi au Consulat de France à Casablanca

24 septembre 2003 - 00h05
Le calvaire de M. Hanafi au Consulat de France à Casablanca

Victime d’un vol, une famille marocaine résidant en France a trouvé d’énormes difficultés pour décrocher son visa de retour.Ce qui est arrivé à M. Hanafi Mustafa, un Marocain résidant en France, est digne d’être qualifié de "parcours infernal". Cet homme de 41 ans, marié et père de deux enfants de 11 et 3 ans, est, comme à son habitude, venu, cet été, visiter son pays d’origine avec sa petite famille. Or, son voyage, cette fois-ci, s’est transformé en une mésaventure dont il se souviendra toujours.

Tout commence en juillet par une panne de voiture en Espagne. La famille Hanafi s’est arrêtée dans une aire de repos pour réparer le véhicule. Un arrêt qui lui coûtera tout ce qu’elle a. On lui a délesté tous les papiers (passeports y compris) et l’argent qu’elle avait sur elle, en plein jour (16h) et devant de nombreux témoins, s’il vous plaît.

La famille a dû rester quatre jours en Espagne pour déclarer le vol et réparer la voiture. Le Consulat marocain en Espagne lui a fourni un laisser-passer pour le passage des frontières vers le Maroc et c’est grâce à ce précieux papier qu’elle a pu effectuer le transit sans problème.

Dès leur arrivée au Maroc (Casablanca) le 29 juillet, M. Hanafi et sa femme ont immédiatement entamé les démarches nécessaires au renouvellement des cartes d’identités et des passeports. Deux jours plus tard, M. Hanafi s’est présenté au Consulat de France pour demander un visa de retour. Mais là, on n’a rien voulu entendre ! A en croire M. Hanafi, on a refusé de prendre en considération sa demande, malgré les nombreuses photocopies de sa carte de résident, des passeports, du laisser-passer, du permis de conduire et autres qu’il a présentées. Le Consulat ne voulait délivrer le visa qu’à la condition que M. Hanafi leur présente les passeports originaux. Or, M. Hanafi a expliqué et ré-expliqué qu’il a été victime d’un vol et qu’il ne peut donc pas se plier à cette exigence.

Rien à faire, on ne veut rien savoir au Consulat et M. Hanafi se voit même conduit par la force à la porte, comme il le raconte. Un traitement qui ne sied guère aux principes de respect des droits de l’Homme que prône et défend la France.

Unique solution, donc, pour M. Hanafi est de refaire de nouveaux passeports marocains. Un calvaire de 30 jours durant lequel la famille de Hanafi aura passé ses vacances dans les commissariats et les bureaux administratifs avant de camper carrément au ministère de l’Intérieur pour accélérer les choses avec l’appui de la Fondation Hassan II.

Le 26 août, les passeports sont prêts et il ne reste plus à M. Hanafi que de retourner au consulat de son pays d’accueil. Malheureusement, son deuxième passage sera aussi irritant que le premier et même plus. Il a été accueilli, selon son récit, par une personne fort désagréable qui n’a, d’abord, pas voulu croire au vol dont il a été victime devant de nombreux témoins et s’est même permise de lui lancer :"Pourquoi on n’a pas volé vos bijoux ?", en remarquant que sa femme qui l’accompagnait en portait. Et ces harcèlements ne se sont pas arrêtés là, la fameuse personne de l’accueil n’a pas hésité, en plus, à accuser M. Hanafi de s’être mêlé à un trafic de papiers pour apporter aussi vite les passeports. Après quoi, elle a soumis au couple Hanafi un formulaire à remplir et en demandant à Mme Hanafi de déposer une demande de visa de retour, car elle avait perdu sa carte de séjour dans le tragique événement.

Toutes les demandes étaient enfin remplies, on leur a demandé d’attendre un ou deux mois pour que le visa leur soit délivré. Une longue période qui fera rater la rentrée (1er septembre) aux enfants et aux parents, d’autant que Mme Hanafi venait tout juste d’accéder à un poste à la mairie de Saint-Denis. Alors le couple Hanafi a sollicité que soit raccourcie cette durée, mais cette personne peu accueillante de l’accueil a préféré faire la sourde oreille en lui lançant que ce ne sont pas ses problèmes. Le couple a demandé à voir un responsable à cet effet, mais a été purement et simplement contraint de quitter l’enceinte par les agents de la sécurité.

Le couple Hanafi n’a pas désespéré. Tous les deux ont attendu dehors, 4 heures d’affilée, avant de réussir à voir une deuxième personne qui ne leur sera d’aucun secours non plus et leur expliquera, en plus, que la manière grossière avec laquelle ils ont été accueillis est tout à fait normale !

"Est-ce ainsi que la France, pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, écrase la dignité d’une famille qui y vit et travaille depuis plus de 10 ans, s’acquitte de ses impôts comme tout bon citoyen et n’a jamais eu de démêlés avec la justice française et dont les enfants y sont scolarisés ? Pourquoi est-ce que leurs pays d’adoption les a pris en otage au Maroc sans aucune ressource, sans domicile fixe et sans dignité ?", s’indigne M. Hanafi.

Le manque de respect dont a fait l’objet cette famille marocaine lui a coûté beaucoup sur le plan moral, mais aussi, sur le plan physique. La femme de M. Hanafi qui était enceinte a perdu son bébé sans pouvoir consulter son gynécologue en France et les enfants qui devraient être à l’école ne le sont toujours pas et présentent des symptômes de malnutrition et d’intoxication alimentaire. Car, privés de leur environnement et leurs habitudes.

Comment ne pas se demander, comme M. Hanafi, où sont passés les droits de l’Homme pour un pays aussi démocratique que la France ?

Ce n’est que grâce à l’intervention de certaines personnes de la préfecture de Bobigny (Paris) jointes par la famille en détresse que le drame a pris fin. On a délivré, jeudi dernier, à Mme Hanafi le visa de retour.

La famille devrait retrouver son foyer en France, aujourd’hui même, après une longue galère dont l’unique responsable est le Consulat de France. Rien de surprenant que M. Hanafi tienne à ce que justice lui soit rendue, à lui, à sa femme et à ses deux enfants. Car, pour lui, le personnel du consulat a procédé d’un traitement irresponsable et discriminatoire envers eux.

Libération Maroc

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