Le Maghreb fictif des chefs

- 22h33 - Monde - Ecrit par :

« Qu’est-ce que le nationalisme ? c’est un patriotisme qui a perdu sa noblesse et qui est au patriotisme noble et raisonnable, ce que l’idée fixe est à la conviction normale ».

L’échec retentissant du sommet de l’UMA, dont les dégâts sont à venir, met en exergue l’infantilisme des dirigeants du Maghreb qui ont toujours réussi à dévoyer le sentiment profond des citoyens d’appartenance à une région que tout doit rassembler, tant les complémentarités sont aveuglantes.

Manoeuvrant des opinions publiques sur la base de nationalismes désuets et étriqués, les responsables ont toujours trouvé des caisses de résonnance pour déclencher régulièrement des campagnes de presse, haineuses, mensongères, tout en évitant de dévoiler les vrais enjeux qui empêchent et qui empêcheront durablement une construction qui ne peut qu’être profitable aux peuples du Maghreb.

L’échec inscrit stratégiquement dans les démarches étatiques, incombe aux seuls dirigeants successifs, qui ne sont pas mus par la construction cohérente et planifiée d’une architecture commune qui transcenderait les rentes et la manipulation de sentiments nationaux, souvent dépassés par la marche de l’humanité développée. Voir les élites et les peuples s’impliquer pour bâtir ensemble l’avenir des générations futures est la hantise de tous les dirigeants maghrébins sans aucune exception. La transparence des économies sociales et ouvertes sur la mondialisation, une légitimité indiscutable des institutions, une démocratie en activité, la libération des sociétés face aux Etats, tous les mécanismes qui gèrent les grandes nations sont indésirables, répulsifs pour les chefs du Maghreb. A chaque échec, ils se rejettent les responsabilités qui sont équitablement partagées, par une obstination constante à ne pas vouloir faire évoluer les sociétés, la gouvernance, l’économie, la culture et à les démocratiser. Les faux alibis (frontières, Sahara, visa, l’intervention des puissances étrangères, etc...) ne sont que de la poudre aux yeux, de la vitamine pour des médiatisations aux ordres, pour mieux générer et gérer des rentes, spolier les richesses nationales et surtout pour toujours faire reculer des horizons porteurs.

On évoque, pêle-mêle, des réunions au sommet, des conférences ministérielles, des sièges et des budgets alloués pour mieux faire diversion, structurer des mises en scène très coûteuses sur le dos des contribuables terrassés par les maladies, le chômage, la malvie, le manque d’eau, de logements, d’électricité, de crèches, de loisirs, d’industries culturelles et de dignité. Les syndicats officiels dans les pays du Maghreb ne peuvent, eux aussi, faire plus longtemps illusion. Ils sont, depuis les indépendances, seulement théoriques, l’émanation directe des gouvernants et non des salariés et des sociétés civiles réprimés, manipulés. Ces derniers, selon le pays, se tournent vers des syndicats autonomes, l’islamisme, le trafic et la corruption, la grève sauvage, l’émeute sinon le laisser-aller dans les services, les entreprises, y compris dans des secteurs de souveraineté. Les syndicats des pouvoirs ne sont que des appareils, sans prise sur le réel, tenus à bout de bras par le Trésor public, des postes dans les institutions officielles. Vouloir bâtir l’UMA sur de telles fondations, c’est volontairement ne pas souhaiter une quelconque union.

La démarche structurelle de chaque Etat maghrébin s’habille de dépenses fabuleuses, de fastueuses et récurrentes fausses retrouvailles qui n’ont été que des farces jouées à ciel ouvert, devant des opinions désabusées, observées avec mépris et condescendance par les grandes puissances. Qu’un visa existe entre deux pays maghrébins, témoigne de régressions sidérales au moment même où les peuples d’Europe jouissent d’une seule monnaie, d’un Parlement unique et bientôt d’une Constitution applicable à une série de pays qui n’ont ni la même langue, ni la même religion. L’union des chefs fonctionne parfaitement sur des principes essentiels, partagés et strictement respectés.

Le verrouillage des sociétés, l’exil des élites, la non-démocratisation à grande échelle, la cooptation, des économies pillées par des nationaux et des groupes étrangers, les frontières érigées entre les créateurs, tout est orchestré pour aiguiser de fausses contradictions entre les peuples, pour à chaque fois, remettre à plus tard, l’émergence d’une UMA des économistes, de la recherche, de la co-production artistique, d’éditions communes de livres, d’une politique commune, de traduction, etc... A ce jour, il existe, bel et bien, une UMA des chefs qui se renvoient les échecs et les reculs. Quant aux peuples, ils attendront, occupés qu’ils sont par de véritables tragédies nationales.

Abdou B. - Le Quotidien d’Oran

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