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Le Maroc entre inondations et sécheresse

27 novembre 2002 - 12h10 - Maroc

Le royaume du Maroc, qui panse ses plaies après les pluies diluviennes qui ont tué au moins 35 personnes en début de semaine et causé d’importants dégâts, doit faire face simultanément aux inondations saisonnières et à une sécheresse "structurelle" qui menace son économie.

Dans la seule région de Settat, au centre du pays, où les pluies ont dépassé lundi les 76 mm en trois heures, trente personnes ont été tuées, emportées par la crue de l’oued Bengueribi. Huit autres sont portées disparues.

A Moulay Yacoub, près de la cité impériale de Fès (200 km à l’est de Rabat), les pluies ont provoqué un autre drame : un homme de 36 ans et quatre de ses cinq enfants ont trouvé la mort dans l’effondrement de leur maison.

Les trombes d’eaux ont causé de sévères dégâts dans plusieurs autres régions, notamment à Mohammdia, une ville industrielle située à 25 km au nord de Casablanca. Dans le port de cette ville, la principale raffinerie de pétrole du pays a été gravement endommagée par un incendie provoqué par la montée des eaux.

Dans les bidonvilles, souvent situés dans des quartiers périphériques des grandes villes et dépourvus d’infrastructures préventives, les habitants démunis ont payé un lourd tribut aux pluies torrentielles qui ont dévasté des centaines d’habitations précaires.

Le journal marocain L’Economiste a vigoureusement critiqué mardi l’imprévoyance des autorités publiques face aux pluies, estimant qu’elles n’ont réagi aux inondations du passé, qui avaient déjà fait des victimes, que par "de bonnes paroles".

Les fortes pluies qui se sont tombées sur le Maroc depuis le 13 novembre surviennent alors que le royaume connaît, depuis 4 ans, un inquiétant cycle de sécheresse à peine corrigé par une pluviométrie un peu meilleure enregistrée en 2001.

Et l’économie marocaine reste fortement tributaire de la pluviométrie, avec une agriculture qui représente un tiers des exportations du pays.

La construction d’une série de grands barrages, poursuivie tout au long du règne de l’ancien roi Hassan II dans les années 1960-1990, a certes permis de stabiliser l’approvisionnement en eau des principales régions agricoles.

Mais la récente série noire des années de sécheresse a fait craindre aux économistes l’arrivée d’un cycle de sécheresse "structurelle" qui pourrait impliquer la remise en cause de certaines choix de développement, trop axés sur les ressources hydrauliques.

Sur ce plan au moins les dernières précipitations ont apporté un bienvenu démenti, au moins provisoire, de nature à rassurer les responsables économiques du pays. Grâce aux récentes pluies, qui ont parfois dépassé les 100 mm en 24 heures, le taux moyen de remplissage des barrages a passé le cap des 50% le 21 novembre, alors qu’il n’était plus que de 42,6% il y a un an.

AFP

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