Société, Politique et Internet, sérieuses accointances !

- 00h34 - Maroc - Ecrit par : L.A

Internet se vulgarise de plus en plus. Le nombre d’abonnés n’a cessé de croître, boosté par la commodité de l’outil et par les offres d’opérateurs, et autres fournisseurs d’accès internet (FAI), rivalisant d’agressivité. Les populations, dans leur grande masse, ou les partis politiques, à la veille d’une importante campagne électorale, suivent-ils pour autant ?

Dans les foyers comme dans les entreprises, le web n’est plus un outil de prestige. Le temps où l’accès sur l’ordinateur personnel, branché sur le haut débit, était filtré parce que verrouillé, est lointain. L’accès à Internet est de plus en plus encouragé. Les dernières statistiques du Ministère, Chargé des Affaires Economiques et Générales font état d’un nombre d’internautes qui a dépassé le cap des 6 millions, en 2006. Reste à savoir s’il s’agit-il de ceux qui se connectent une fois par mois, deux fois par semaine, … ? Ce chiffre doit être légèrement revu à la hausse, depuis que Wana a fait une proposition grand public, dans le courant du mois de mars 2007. Rien que sur le portail Menara, la branche web de Maroc télécom, premier opérateur Télécoms, le nombre de visites au cours du mois de mars a atteint 6.275.908, soit plus de 200.000 visites par jour !

La tendance est aujourd’hui bien enclenchée. L’Etat, tout comme les opérateurs télécoms, avec à leur tête Maroc Télécom, Wana et Méditel multiplient les initiatives et proposent des offres qui donnent souvent l’embarras du choix. Toutefois, sur le terrain, un grand nombre de citoyens, encore réticents à s’abonner, affirment attendre l’offre grand public de ce dernier opérateur.

Avec le programme public E-gov, le secteur public a clairement inscrit son adhésion au numérique.

Marche irréversible

Au sein du grand public, Maroc Télécom, puis Wana ont fait respectivement des propositions avec Modem gratuit et abonnement sur deux ans (à partir de 149 Dh TTC, connexion illimitée), et avec modem wireless (à 999 Dh) sans formule d’abonnement. Sur le segment des entreprises, Méditel s’ajoute à ces derniers, et les solutions proposées donnent l’embarras du choix.

Actuellement, on constate au sein des populations que l’accès se personnalise de plus en plus au détriment de la connexion au Cybercafé, qui perd du terrain. Mais là encore, il y a lieu de nuancer le ralentissement suite aux fermetures, même s’il faut comptabiliser la fermeture de Giganet, ex-plus grand cyber d’Afrique, vu que dans certains quartiers, où le pouvoir d’achat est moins élevé, la tendance est inverse. L’adoption d’Internet est irréversible.

Audience plus large

En parcourant les sites Français, Américains et Canadiens durant les campagnes électorales nous constatons l’influence grandissante des internautes et des blogueurs qui font quelquefois la “NOUVELLE” loin des salles de rédaction, note ce professionnel FAI. Au Maroc, comme le souligne M. Abderrazak Mihamou, Directeur Général Eclisse. Com, les politiciens locaux se mettent au web (voir Trois Questions). Aujourd’hui la toile représente un moyen efficace pour avoir un taux de pénétration important. L’élan est tel que l’Etat vient de mettre au point un portail dédié aux Elections, à savoir www.elections2007.gov.ma. Les partis politiques s’y mettent et concoctent tant bien que mal leurs portails. La télévision n’étant pas à la disposition de tous les partis, alors ils s’engouffrent dans ce canal pour ne pas être dépassés. Néanmoins, il a été constaté que les mouvances islamistes aussi bien modérées qu’extrêmistes sont plus percutantes sur ce terrain.

Quant à vivre une campagne à l’Américaine ou à la Française, il semblerait que ce soit un peu trop prématuré. Un grand nombre de nos interlocuteurs, internautes, avouent aller sur le Net que pour chatter et faire des rencontres… tout un pan du web reste encore occulté !

Trois questions à Abderrazak Mihamou

Peut-on dire aujourd’hui qu’Internet est entré dans les mœurs ?

Abderrazak Mihamou : Aujourd’hui, Internet est désormais incontournable dans les différentes sphères de la vie moderne. Les foyers sont en train de l’adopter, comme ils l’ont déjà fait pour la petite lucarne à une certaine époque, encore fraîche dans les mémoires. Au plan professionnel, la toile a investi secteur par secteur. En un mot, il est entré dans les mœurs. Le monde politique, qui fait partie du paysage de la société, n’est pas en reste. Internet y est rentré par la grande porte.

Croyez-vous que les politiciens se mettent vraiment à la page ?

Les politiciens de la nouvelle génération sont impérativement entourés de Conseillers en Communication modernes L’orientation vers le web est un passage obligé pour se démarquer et vivre au rythme de son époque. Passer les messages, en synchrone et en direct, est devenu monnaie courante, sans bien sûr négliger le point de vue des internautes, que les politiciens s’arrachent sur le Net.

Au Maroc, la majorité des partis politiques commence à flirter avec la toile en mettant sur orbite de petits portails, mis à jour difficilement mais, représentant quand même une vitrine et occupant l’espace dans le paysage politico-médiatique. Les candidats instruits, conscients de l’obligation de s’ajuster, se préparent via le web à s’ouvrir vers les électeurs en organisant des débats virtuels. Les questions, qui reviennent souvent, tournent autour de : “ Comment certains parlementaires à peine alphabètes, parfois illettrés, feront t-ils pour s’adapter ? ”, ou encore, “ Quel saut de géant, leur faudrait-il pour suivre la vague, et surfer sur la Wave ? ”.

Qu’est ce qui vous conforte dans ces assertions ?

Avec l’appel de l’Etat à l’implication des jeunes dans la vie politique, l’influence de l’Internet sur la carte politique future s’avère indéniablement incontournable. Le nombre de Marocains branchés sur la toile s’accroît sans cesse et son influence va plus loin que le citoyen scolarisé. L’entourage direct même dans la strate des analphabètes commence à mettre la main à la souris et à profiter des merveilles du multimédia pour communiquer et émettre un avis ou une opinion.

La Nouvelle Tribune - Daouda MBaye

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