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Washington : Le Maroc, un modèle de réforme dans le monde arabe

18 février 2007 - 00h00
Washington : Le Maroc, un modèle de réforme dans le monde arabe

Le Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales a publié une étude sur les réformes politiques et économiques au Maroc, et comment ce pays peut être considéré comme un exemple pour d’autres pays arabes.

Une étude intitulée "Réforme Arabe et Assistance Etrangère : Les Leçons du Maroc" a été conduite par le Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales de Washington, pour évaluer l’expérience du Maroc dans le domaine des réformes économiques et culturelles. Les auteurs de cette étude — Haim Malka et John Alterman — ont eu une série d’entretiens avec des centaines de Marocains de divers secteurs, y compris des membres du Gouvernement, des enseignants à l’université, des journalistes, et des membres d’organisations non gouvernementales et de la société civile.

Evaluation des réformes au Maroc

Cette étude montre que le roi Mohammed VI s’est attaché à promouvoir les changements dans les domaines politique, économique et social du pays ces dernières années. En conséquence, un débat en profondeur est actuellement en cours au Maroc concernant la démocratie et le pouvoir, et plusieurs signes montrent qu’une réforme neutre est en cours.

Cette étude montre également que la participation des citoyens à la vie politique a considérablement augmenté ces dernières années, dans la mesure où l’étendue des Droits de l’Homme, des libertés individuelles et des droits des femmes s’est élargie, et où les journalistes font actuellement l’expérience des limites autorisées par le Gouvernement dans le domaine de la liberté d’opinion et d’expression.

Il existe un consensus manifeste au sein des différents groupes de la société marocaine sur le fait que la priorité doit être donnée à la réforme politique et au changement social. Toutefois, ce rapport montre que l’image du Maroc n’est pas entièrement rose. Certaines préoccupations se font jour concernant l’avenir du pays, car le Maroc souffre de problèmes économiques et sociaux endémiques tels qu’un chômage croissant, le conflit permanent sur le Sahara et le risque du terrorisme.

Cette étude montre que les réformes qui furent adoptées par feu le roi Hassan II du Maroc durant les années 1990 furent toutes des évolutions positives et remarquables. Elles ont toutefois conduit à une plus forte concentration des pouvoirs entre les mains du Roi, au lieu de mieux intégrer les partis et les organisations de la société civile dans la marche des affaires du pays.

Les défis et les pierres d’achoppement auxquels est confronté le processus de réforme, et les changements intervenus dans de nombreux pays arabes durant les dernières décennies n’ont pas affecté le processus de réforme au Maroc. Aux yeux de nombre d’observateurs internationaux, le Maroc est devenu un modèle exemplaire et exceptionnel de réforme arabe. Cette étude attribue cela au fait que le Maroc a lui-même choisi d’adopter un calendrier de réforme et s’est donné pour objectif de profiter de l’aide étrangère, ainsi qu’au fait que ce calendrier de réforme n’a pas été imposé depuis l’étranger. Les efforts entrepris par les pays occidentaux n’ont pas concerné le lancement du processus de réformes au Maroc en tant que tel, mais plutôt à encourager le programme réformateur initié et mené par le Gouvernement marocain lui-même.

La nature des amendements et des réformes

Cette étude montre qu’il est possible de classer les derniers amendements adoptés au Maroc en deux catégories fondamentales. La première fait référence aux relations des individus avec la société et le Gouvernement. Les amendements adoptés dans ce cadre incluent les changements apportés au Code de la Famille, la mise en place de la Commission Justice et Réconciliation, l’Initiative pour le Développement Humain, et l’ouverture de la politique aux Islamistes et à d’autres groupes politiques.

La seconde catégorie de réforme inclut la composition et le fonctionnement du Gouvernement marocain. Les réformes économiques — privatisation, ouverture de secteurs économiques aux investissements étrangers, libéralisation des restrictions imposées à l’investissement, refonte de la Loi sur le Journalisme, et réforme parlementaire et judiciaire — ont toutes été mises en oeuvre.

Le Maroc se développe rapidement en matière de réforme, mais le rapport souligne que seul le temps dira si le pays avance suffisamment vite en la matière. Il est encore trop tôt pour qualifier les réformes adoptées par le Maroc de success story — les principaux indices de succès se manifesteront au cours des années à venir.

Des leçons à tirer

Selon les auteurs, le Maroc donne une leçon valable de réforme politique et économique, dont pourraient bénéficier d’autres pays du monde arabe. L’expérience marocaine dans le domaine des réformes montre l’importance qu’il y a à ce que le Gouvernement joue un rôle majeur dans la mise en place et la gestion du processus de réforme, étant donné que la monarchie au Maroc est la véritable force motrice en matière d’adoption de réformes, car elle en fait un choix stratégique pour son programme politique, et donne donc à ce processus de changement l’impulsion, la force et l’efficacité nécessaires.

Le modèle marocain confirme qu’il est possible d’adopter simultanément des réformes politiques et économiques et que les processus de réforme politique et économique se conjuguent et se renforcent mutuellement. Le Maroc a également montré qu’il est possible de traiter avec les mouvances islamistes et de les amener à participer avec succès au processus politique, comme le montre l’expérience très importante de la participation du Parti pour la Justice et le Développement à la vie politique du pays.

L’étude conclue qu’il existe néanmoins une leçon importante à tirer de l’expérience marocaine, à savoir que la réforme doit être accompagnée d’une véritable volonté de changement à l’intérieur du pays.

Magharebia - Adil Dekkaki



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